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Sir George-Étienne Cartier

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Sir George-Étienne Cartier

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RESOURCES PÉDAGOGIQUES

Né le 6 septembre 1814 à Saint-Antoine, au Bas-Canada; mort le 20 mai 1873 à Londres, en Angleterre. Sir George-Étienne Cartier était une partie intégrale de la Confédération au Canada, rassurant les Canadiens français par rapport à leur peur de l’assimilation et convaincant à la fois le Manitoba et la Colombie-Britannique de se joindre au Dominion balbutiant. Son alliance avec Sir John A. Macdonald a débuté comme une  manœuvre politique servant à forcer une coalition politique, mais leur relation improbable s’est rapidement transformée en ce type d’amitié qui dure toute une vie, sans laquelle la Confédération n’aurait peut-être pas eu lieu.

Cartier était né à Saint-Antoine-sur-Richelieu le 6 septembre 1814 au sein d’une riche famille d’exportateurs de céréales canadienne-française. Il n’avait pas de liens de parenté avec Jacques Cartier, le célèbre explorateur de Saint Malo, bien que les légendes familiales de George-Étienne affirment le contraire. Cartier a gradué du Collège de Montréal (collège sulpicien) et a été appelé au barreau en 1835. Il a travaillé dans le domaine légal auprès de plusieurs institutions importantes du Bas-Canada, incluant l’Ordre du Saint-Sulpice, les seigneurs originaux de Montréal et le chemin de fer Saint-Laurent et Atlantique.

Il est rapidement devenu impliqué dans des groupes politiques radicaux au Bas-Canada, tout d’abord comme membre des Fils de la Liberté, qui opposaient résistance à la Clique du Château. Il a ensuite été se battre avec les rebelles (connus sous le nom des Patriotes) lors de la révolte de 1837. Après l’étouffement de la révolte, Cartier s’est échappé et a vécu en exil au Vermont pendant une année avant de demander la permission de revenir à Montréal pour travailler comme avocat.

Cartier n’est pas resté retiré de la politique très longtemps. En 1841, il était le directeur de campagne de Louis-Hippolyte LaFontaine ainsi que son bras droit. Ils ont réformé le code civil et rétabli l’Assemblée du Bas-Canada (qui avait été abolie suite à l’Acte d’union de 1840) avec un gouvernement responsable accordé par la Grande-Bretagne en 1848. En 1861, après une coalition avec le Parti conservateur du Canada-Ouest (mené par Sir John A. Macdonald), Cartier et Macdonald ont été au pouvoir conjointement comme premiers ministres de la Province du Canada de 1857 à 1862. C’est durant ce temps qu’ils ont élaboré les bases de la Confédération.

En 1857, c’est Cartier qui a poussé pour qu’Ottawa soit la capitale de la Province du Canada (et plus tard du Dominion du Canada). Il a argumenté que la ville était plus facile à défendre que les autres options (Toronto, Montréal et Kingston) et qu’elle était située sur la frontière entre le Canada-Ouest et le Canada-Est. Il a aussi écrit la chanson patriotique Ô Canada! Mon pays, mes amours, qui a aidé à créer un point commun entre le Canada français et le Canada anglais. L’habileté de Cartier à défendre les deux côtés de la médaille tout en trouvant un compromis juste et équitable s’est avérée une force essentielle plus tard dans sa carrière politique, et a aidé a créer le Dominion, d’un océan à l’autre.

Le but de Cartier était la fédération des provinces plutôt qu’une union législative unique, suivant le modèle britannique, qui forcerait l’assimilation. Il voyait plutôt l’opportunité de créer une nouvelle identité politique nationale qui tenait compte des différences de langue, de religion et de pratiques culturelles en mettant en place un système de gouvernance fédéral-provincial.

C’est cette semi-autonomie provinciale qui a aidé à convaincre le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse de s’unir avec la Province du Canada, avec la promesse de construire un chemin de fer intercontinental. Cartier, tout comme Macdonald, a souligné l’importance d’une force militaire unie dans l’éventualité d’une attaque par le géant du sud, les États-Unis.

L’habileté de Cartier a trouver un compromis a été essentielle dans l’acquisition de la Terre de Rupert (1869) et dans la signature de la Loi sur le Manitoba (1870) et de la Loi sur la Colombie-Britannique (1871). Il a négocié avec la Compagnie de la Baie d’Hudson, à Londres, le transfert de la Terre de Rupert au Dominion, et a obtenu son succès en grande partie grâce à ses bonnes relations avec les constructeurs ferroviaires britanniques, les bailleurs de fonds et les officiers militaires. Au Manitoba, il a supporté la cause des Métis et a travaillé de près avec leur émissaire, l’abbé Ritchot, afin de solidifier l’entrée de la province du Manitoba dans la Confédération.  Les délégués de la Colombie-Britannique sont allés à Ottawa en juin 1870 afin de discuter d’une éventuelle entrée dans la Confédération, et la promesse de Cartier de voir à la construction d’un chemin de fer intercontinental s’est avérée un point assez solide pour conclure l’affaire. Le chemin de fer national, souvent perçu comme le rêve de Macdonald, était aussi celui de Cartier, et il s’est acharné sur ce projet pour le reste de sa carrière.

Macdonald était dévasté par la perte de son défenseur et allié lors de la mort de ce dernier en 1873. Chacun des deux hommes respectait l’autre profondément, et leur longue relation politique s’était transformée en une amitié loyale. Peu de temps après la mort de Cartier, Macdonald a dévoilé une statue sur la Colline du Parlement afin de commémorer le dévouement de son meilleur ami et collaborateur et afin d’honorer la foi inébranlable de Cartier envers un Dominion du Canada uni.

DISTRIBUTION
  • Sir John A. Macdonald – Steve Cumyn
  • Sir George-Étienne Cartier – Jean L’Italien
  • John Sebastian Helmcken – Steve Coombes
  • Abbé Noel Joseph Ritchot – Christian Laurin
  • Antoine-Aimé Dorion – Jean Pearson

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Sir John A. Macdonald

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Sir John A. Macdonald

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Macdonald n’était pas seulement le fondateur d’une nation qui n’aurait autrement presque certainement pas survécu. Il a donné forme à une nation qui a continué à se développer à un degré rarement dépassé ou même atteint parmi les près de 200 pays à travers la planète. Si l’on disait cela à Macdonald aujourd'hui, sa réponse la plus probable serait de hausser les épaules et puis de dévouer toute son attention à ses plans pour la prochaine campagne électorale
- Richard J. Gwyn



Né le 11 janvier 1815 à Glasgow, en Écosse; mort le 6 juin 1891 à Ottawa, au Canada Sir John A. Macdonald était une force majeure derrière la mise sur pied de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique et derrière l’union des provinces qui sont devenues le Canada. En tant que premier ministre du Canada, il s’est affairé à l’expansion du Dominion d’un océan à l’autre. Son gouvernement a dominé la politique canadienne pendant un demi-siècle, fixant les objectifs de la politique et du leadership pour des générations de futurs politiciens.

John Alexander Macdonald est né à Glasgow, en Écosse, en 1815, le 10 ou le 11 janvier (sa date de naissance exacte demeure un mystère), et a déménagé à Kingston, en Ontario (alors le Haut-Canada) avec ses parents alors qu’il était âgé de cinq ans. Macdonald était voué à un avenir exceptionnel dès un très jeune âge, devenant stagiaire auprès d’un important avocat de Kingston alors qu’il n’avait encore que quinze ans. À l’âge de 29 ans, il a été élu à l’Assemblée législative de ce qui était alors la Province unie du Canada afin de représenter Kingston (la Province du Canada était constituée du Canada-Ouest et du Canada-Est, anciennement connus sous le nom de Haut-Canada et Bas-Canada).

En 1856, Macdonald, chef du Parti conservateur, est devenu le premier ministre de la Province du Canada conjointement avec Étienne-Paschal Taché, le chef du Parti bleu. Le successeur de Taché, l’avocat montréalais George-Étienne Cartier, a gouverné avec Macdonald de 1857 à 1862, fondant une relation politique qui allait avoir une influence profonde sur la politique canadienne et qui allait donner forme au futur du pays.

Entre 1856 et 1864, le Clear Grits Party (le précurseur du Parti libéral) exprimait ses préoccupations comme quoi les aspirations du Canada-Ouest étaient étouffées par la domination de l’influence francophone du Canada-Est au sein du gouvernement de Macdonald et Cartier. Conséquemment, le gouvernement s’est retrouvé dans une impasse. Le dirigeant des Clear Grits, George Brown, fondateur et éditeur du journal le plus puissant et le plus influent du pays, le Toronto Globe, a mis de l’avant une proposition pour la formation d’une nouvelle coalition. Dans un effort de restaurer la communication entre les forces politiques et sectionnelles de la province, Macdonald a accepté à contrecœur la proposition de Brown pour une nouvelle coalition de Conservateurs, de Clear Grits et de Bleus, qui allaient travailler ensemble vers un changement constitutionnel. La Grande coalition de 1864 s’est avérée un moment décisif de l’histoire canadienne, ouvrant la voie menant à la Conférence de Charlottetown, où Macdonald, Brown et Cartier ont été des figures clés durant les procédures qui ont mené à la Confédération. Les trois dirigeants des partis se sont embarqués à bord du navire à vapeur Queen Victoria, dans la ville de Québec, arrivant à Charlottetown pour la conférence du 1er au 7 septembre 1864.

La Conférence de Charlottetown avait été organisée à l’origine par les trois colonies des Maritimes (le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard) afin de discuter la possibilité d’une union de leurs trois provinces. Ceci était en réaction à des essais ratés de convaincre la Province du Canada de contribuer à la construction d’un chemin de fer entre Halifax et Québec. Les membres du Cabinet de la Province du Canada - qui n’étaient pas originalement invités - ont vu en cette conférence une opportunité de discuter de l’union de toutes les colonies de l’Amérique du Nord britannique. L’insistance de la Province du Canada à participer au débat était motivée par la peur d’une annexion par les États-Unis, qui étaient encore en pleine guerre de Sécession. La création d’une gigantesque armée américaine, combinée avec le désir de la Grande-Bretagne de réduire ses obligations financières et militaires envers ses colonies de l’Amérique du Nord ont fourni une raison claire pour construire une nation plus solide grâce à une nouvelle structure politique. La Confédération avec la Province du Canada avait déjà été largement débattue depuis plusieurs années dans les Maritimes, et les hôtes se réjouissaient donc d’accueillir 8 des 12 membres du Cabinet de la Grande Coalition de la Province du Canada, dont Macdonald, Brown et Cartier. Cartier était l’un des deux seuls francophones présents lors de la conférence, l’autre était l’orateur catholique irlandais Thomas D'Arcy McGee, du Canada-Est.

Lors de leur arrivée à Charlottetown, les délégués ne trouvèrent pas de chambres libres dans les hôtels, en raison de la présence en ville d’un cirque itinérant. Ils sont donc restés à bord du Queen Victoria, et ont reçu les délégués en mer à la suite des discussions dans la chambre du conseil législatif de la Province House de Charlottetown. Durant ces discussions, Macdonald a souligné l’importance d’un gouvernement fort et très centralisé, tout en reconnaissant le besoin d’une certaine latitude de la part du gouvernement fédéral pour accommoder les grandes différences raciales, religieuses et régionales. Cartier était déterminé à ce que la Confédération garantisse une autonomie canadienne-française dans le Canada-Est, et Brown insistait que le Canada-Ouest désirait diriger ses propres affaires.

Le 3 septembre, les Canadiens ont organisé un goûter arrosé au champagne à bord du Queen Victoria, durant lequel quelqu’un a cité ces mots tirés des cérémonies de mariage anglicanes: « Si quiconque connait une raison pour laquelle les provinces ne devraient pas unir leurs destinées dans le lien sacré du mariage, qu’il parle immédiatement ou demeure à jamais silencieux ». L’éclat de rire général venait de confirmer que pour certains, les bans du mariage avaient été publiés et que l’union aurait bel et bien lieu. Bien que la délégation des Maritimes n’ait alors pas encore accepté la Confédération, ce moment joyeux avait été interprétée par Brown comme une preuve qu’ils accepteraient éventuellement la nouvelle vision plus large du pays.

Après une conversation privée le 7 septembre, les délégués des Maritimes donnèrent leur réponse aux Canadiens: ils soutenaient unanimement la fédération de toutes les provinces, à condition que les termes soient satisfaisants. À cause de sa grande expertise constitutionnelle, Macdonald a pris le premier rôle dans l’élaboration d’un système fédéral dans lequel le gouvernement central détient un pouvoir plus grand par rapport aux gouvernements provinciaux. Quatre nouvelles provinces formaient alors le Dominion du Canada: l’Ontario, le Québec, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse.

Dans la biographie Brown of the Globe, l’historien J.M.S. Careless écrit: « Là, dans la cabine principale du Queen Victoria, parmi les verres de vin et la fumée des cigares, 23 hommes avaient chaudement approuvé la création d’une nouvelle nation. D’autre états ont surement connu une naissance plus dramatique - mais peu en ont connu une aussi agréable ».

La Conférence de Charlottetown avait été créée pour discuter de la création d’une union des Maritimes, mais ses participants ont tous accepté de travailler ensemble vers le but plus grand de la Confédération. Elle a été la première d’une série de conférences et de négociations qui ont abouti avec l’élaboration des termes de la Confédération, le 1er juillet 1867, le jour où le gouvernement impérial a nommé Macdonald premier ministre du Canada.

DISTRIBUTION
  • Sir John A. Macdonald – Steve Cumyn
  • Sir George-Étienne Cartier – Jean L’Italien
  • George Brown – Clyde Whitman
  • Thomas D'Arcy McGee – Matt Yantha

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Hauteurs de Queenston

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Hauteurs de Queenston

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RESOURCES PÉDAGOGIQUES

Le 13 octobre 1812 s'est révélé un jour important pour les Six Nations de la rivière Grand. Les forces britanniques, qui comptaient quelque 160 guerriers des Six Nations, se sont rassemblées au fort George, à l'embouchure de la rivière Niagara. Elles ont attendu l'invasion des Américains, qui ont fait leur arrivée en amont près du petit village de Queenston, dans le Haut‑Canada. Accompagnés d'autres chefs et de plusieurs guerriers, John Norton et John Brant se sont précipités vers les lieux, pour y apprendre que les Américains avaient tué le général Brock et s'étaient emparés des hauteurs qui surplombaient le village.

Tandis que les guerriers s'approchaient du champ de bataille, des soldats qui battaient en retraite leur ont annoncé qu'on y trouvait des milliers d'Américains. En guise de réaction, près de la moitié des guerriers ont quitté le groupe, puis sont retournés au fort George pour protéger leur famille (qui avaient quitté leur foyer de la rivière Grand pour les accompagner). Dans la Minute du patrimoine sur la bataille de Queenston Heights, Norton prononce un discours afin d'inspirer les 80 guerriers restants. Il a d'ailleurs consigné ce discours dans son journal.

Plutôt que de remonter la partie nord des hauteurs de Queenston, où Brock avait trouvé la mort et où des soldats américains les attendaient, Norton et Brant ont dirigé leurs hommes vers l'ouest et escaladé les sommets à la dérobée. Ensuite, ils se sont approchés par le versant, pour prendre les Américains par surprise.

En se dissimulant derrière la fumée des armes à feu pour traverser rapidement les bois, les 80 guerriers, qui étaient également tireurs d'élite, ont lancé des attaques‑éclairs contre plus d'un millier d'Américains, qui sont demeurés pris sous leur feu. L'armée britannique, qui incluait Richard Pierpoint et le Coloured Corps dans ses rangs, est finalement arrivée en renfort. Elle a donné l'assaut final contre les envahisseurs, forçant ainsi la capitulation des Américains. Les efforts des guerriers des Six Nations étaient essentiels à reprendre les hauteurs et prévenir l'invasion américaine.

DISTRIBUTION
  • John Norton – Billy Merasty
  • John Brandt – Meegwun Fairbrother
  • Narration – Alanis Obomsawin

Richard Pierpoint

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Richard Pierpoint

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RESOURCES PÉDAGOGIQUES

Richard Pierpoint est né dans le Bondou (région actuelle du Sénégal) en 1744. Après sa capture en 1760, on l'a déporté en Amérique, avant de le vendre à un officier britannique. Après une vingtaine d'années passées aux États‑Unis, il a obtenu son émancipation en combattant au sein des Butler’s Rangers, pendant la Révolution américaine.

Grâce à son appui lors de ce conflit, les Britanniques lui ont concédé une terre dans la région du Niagara. Après 1783, Richard Pierpoint s'est établi à Niagara, où il a joué le rôle de griot (conteur) auprès de la communauté noire locale. Selon la tradition sénégalaise, le griot écoute des histoires et les associe à une pierre en particulier. Par la suite, il reconstitue chaque récit en sortant une pierre de son sac et en racontant l'histoire qui lui est associée. Avant et après la guerre de 1812, Pierpoint a parcouru le Haut‑Canada, afin d'écouter les récits de la communauté noire et de les retransmettre.

En 1794, Richard Pierpoint et plusieurs esclaves affranchis ont présenté une requête au gouvernement du Haut‑Canada, afin qu'il leur octroie des terres adjacentes plutôt que des lots dispersés parmi ceux des colons blancs. La pétition des Nègres libres, selon l'expression consacrée, visait à créer une communauté noire où l'entraide et le soutien mutuel seraient favorisés. On l'a rejetée pour des motifs inconnus.

Lors de la guerre de 1812, à l'âge de 68 ans, Richard Pierpoint a soumis une pétition à l'armée pour assurer la création d'une unité d'hommes de couleur. Cette pétition permettrait de produire une liste d'hommes noirs qui avaient juré de livrer bataille au sein de la région. À l'origine, la pétition a été rejetée, mais finalement, le capitaine Robert Runchey s'est vu confier le commandement de l'unité, nommée « compagnie des hommes de couleur du capitaine Runchey », ou Coloured Corps. La compagnie a combattu à Queenston Heights le 13 octobre 1812. (Elle comptait parmi les premiers renforts qui ont fait leur arrivée sur les hauteurs de Queenston afin de soutenir les guerriers de la rivière Grand et leur chef mohawk, John Norton.) Elle a grandement contribué à l'effort de guerre dans l'ensemble de la région du Niagara. En 1813, les membres de cette compagnie étaient réaffectés au Corps provincial des artificiers. Ils ont servi tout au long de la guerre, en construisant et reconstruisant des postes stratégiques importants.

Après la guerre, Richard  Pierpoint est demeuré à Niagara, mais il y trouvait la vie difficile. En 1821, il a présenté une nouvelle pétition au gouvernement, pour lui demander cette fois‑ci qu'on le renvoie au Sénégal, son pays natal, à bord d'un navire. Encore une fois, la pétition de Pierpoint a été rejetée, mais on lui a concédé une terre à Garafraxa, canton situé près de la ville actuelle de Fergus. Il a pris possession de sa terre et est devenu l'un des chefs de file de la communauté noire, en aidant des esclaves affranchis à parcourir le « chemin de fer clandestin ». En outre, des colons écossais, en particulier James Webster, ont fait appel à Pierpoint lors de leur arrivée dans la région de Fergus. Richard Pierpoint serait décédé en 1837, vers l'âge de 93 ans. Il compte parmi les milliers de Loyalistes noirs qui ont accédé au Canada après la Révolution américaine. Bien que plusieurs d'entre eux aient affronté de grandes épreuves, ils ont formé néanmoins une partie importante du nouveau Canada. Richard Pierpoint a mené une vie extraordinaire, et cette Minute commémore les efforts qu'il a consacrés sans relâche à la promotion de la santé et de la subsistance de la communauté noire du Haut‑Canada.

DISTRIBUTION
  • Officier Howard – Ray Kahnert
  • Deaf Moses – Roney Lewis
  • Richard Pierpoint, jeune – Oke Nnawuchi
  • Officier Charles – Jordan Van Dyck
  • Richard Pierpoint, 68 ans – Rudy Webb
  • Narration – Pierre-Yves Cardinal

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Le chemin de fer clandestin

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Le chemin de fer clandestin

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Entre 1840 et 1860, plus de 30 000 esclaves afro-américain trouvent la liberté au Canada

" Lorsque j'ai posé le pied pour la première fois sur le rivage canadien, je me suis lancé à terre pour me rouler dans le sable, j'en ai pris des poignées et les ai embrassées. " Tels étaient les mots de Josiah Henson pour évoquer ses premiers moments de liberté. Henson avait fui au Canada grâce au " chemin de fer clandestin ", un réseau de sentiers secrets, de cachettes et de maisons d'accueil qui reliait les États du Sud et les frontières du Canada. Comme une foule d'autres immigrants, Henson était venu au Canada à titre de réfugié voulant échapper à la brutalité et à l'oppression.

Les esclaves fuyaient les traitements inhumains qu'ils subissaient dans les États du Sud où ils étaient, selon la loi, la propriété de leurs maîtres. Battus, fouettés et forcés d'obéir, nombre d'entre eux travaillaient 12 heures par jour dans les champs pour s'en retourner, le soir venu, dans des cabanes sordides pour manger de maigres rations de semoule de maïs et de restes de bacon.

Parmi les nombreuses tragédies de l'esclavage, on trouve des récits de maris séparés de leur femme et d'enfants arrachés des bras de leur mère pour être vendus comme des animaux. S'ils étaient capturés, les esclaves fugitifs étaient souvent torturés. Les chasseurs professionnels d'esclaves, d'une cruauté notoire, traquaient ces fugitifs des confins du Sud jusqu'à la frontière canadienne. Ces derniers devaient faire preuve d'un immense courage pour s'échapper.

Grâce aux " préposés " du " chemin de fer clandestin ", c'est-à-dire aux hommes et aux femmes, qu'ils soient des Blancs ou des Noirs, des Canadiens et des Américains, qui opéraient ce réseau d'évasion, beaucoup d'esclaves ont trouvé la liberté au Canada. Quelques-uns de ces " préposés " sont devenus légendaires. La grande Harriet Tubman, ancienne évadée, est retournée maintes fois dans le Sud pour diriger d'autres esclaves vers le Nord. Le Canadien Alexander Ross voyageait dans les plantations du Sud en se faisant passer pour un observateur d'oiseaux. En réalité, il orientait les esclaves vers les voies d'évasion.

Selon Martin Luther King, l'histoire de l'Amérique noire relate que le Canada était considéré comme l'" Étoile du Nord ". Le negro-spiritual Follow the Drinking Gourd conseillait aux esclaves de fixer leur regard sur la Gourde, c'est-à-dire la Grande Ourse, qui indiquait la route du Nord vers le " paradis ", le Canada.

DISTRIBUTION
  • Eliza : sœur – Barbara Harris
  • Josh : frère – Donny Lucas
  • Narrateur – Vlasta Vrana
  • Jeune fille – Macha Grenon
  • Père – Yarro Tagoumthe
  • Gentilhomme – Christopher Maccabe

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Les orphelins d'Irlande

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Les orphelins d'Irlande

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Vers 1850, de nombreuses familles québécoises adoptent des orphelins irlandais ayant perdu leurs parents lors de la traversée de l'Atlantique

C'est au cours du XIXe siècle que le Canada accueille le plus grand nombre d'arrivants européens qui, pour la plupart, débarquent au Québec. En 1847, lors de cette vague d'immigration, l'histoire lie les peuples irlandais et canadien-français.

En Irlande, cette année-là, misère, surpopulation et famine atteignent leur point culminant et déclenchent un exode vers l'Amérique du Nord britannique. En avril, plus de 28 000 familles s'entassent dans des cargos insalubres affectés au transport de bois d'oeuvre, profitant de leur retour à vide vers Québec, le principal port du fleuve Saint-Laurent.

Au cours d'une longue traversée, malnutrition et promiscuité favorisent la propagation du typhus dont certains passagers sont porteurs. Sur 240 émigrants à bord du Syria, 9 meurent en mer, 40 à leur arrivée à Grosse-Île, une station de quarantaine au large de Montmagny.

L'été torride aggrave la catastrophe. Les navires bondés se succèdent: 12 000 émigrés arrivent le 1er juin, 14 000 autres, une semaine plus tard. On compte alors 1 100 typhiques sur l'île, dans des installations conçues pour 200 lits. Le personnel médical et des membres du clergé anglican et catholique assistent les mourants, le plus souvent au prix de leur vie. On enterre les morts à la hâte dans des fosses communes pendant que les survivants se dirigent vers Québec et Montréal.

Les enfants abandonnés sont, eux aussi, victimes de l'épidémie. Selon un témoin, ils sont quelques milliers d'orphelins disséminés dans Québec, Montréal, Grosse-Île, Kingston et Toronto. Parmi les ecclésiastiques qui s'occupent d'eux, l'abbé Cazeau, surnommé affectueusement "le curé des Irlandais," s'emploie à confier les enfants aux curés du diocèse de Québec, qui les installent dans des foyers charitables. Il sollicite en outre des octrois gouvernementaux pour leur soutien. A Montréal, Mgr Ignace Bourget lance un appel vibrant à la population francophone rurale qui accourt de tous les villages avoisinants.

Dans les dossiers des orphelinats, on prend soin d'indiquer la nationalité irlandaise des enfants par solidarité envers ce peuple humilié. Figurent, entre autres, les noms des parents naturels, la paroisse et le comté d'origine ainsi que le bateau sur lequel l'enfant a voyagé. On consigne enfin le nom et le lieu de résidence des familles adoptives, en majorité canadiennes-françaises.

En dépit de ce funeste début, les Québécois francophones aux patronymes irlandais n'ont cessé d'enrichir notre patrimoine culturel.

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Le gouvernment responsible

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Le gouvernment responsible

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" Notre gouverneur général contrôlé, non par nous, mais par une assemblée élue... C'est une idée canadienne. "

Toute personne, femme ou homme, peut accomplir de grandes choses lorsqu'elle rompt avec la tradition. L'histoire montre que les pays doivent, eux aussi, élargir leurs horizons.

La lutte pour l'autonomie politique au Canada est riche de récits passionnants mettant en vedette Louis-Joseph Papineau, William Lyon Mackenzie et plusieurs patriotes et martyrs de l'insurrection de 1837. Elle témoigne également des efforts moins spectaculaires d'autres acteurs qui, désirant un changement politique pacifique, ont contribué à l'avènement d'un gouvernement responsable au Canada.

Reportons-nous à l'aube du XIXe siècle, à l'époque où les colonies britanniques de l'Amérique du Nord sont dominées par des groupes étroitement liés d'hommes d'affaires puissants et de riches propriétaires terriens. Appelés Pacte de famille dans le Haut-Canada (maintenant l'Ontario), clique du Château dans le Bas-Canada (devenu le Québec) et Conseil des douze en Nouvelle-Écosse, ces groupes influents ont la faveur des gouverneurs coloniaux, c'est-à-dire des représentants de la Couronne. Ces derniers nomment ces citoyens puissants à leurs conseils exécutifs, les cabinets qui gouvernent chaque colonie.

S'opposant à ces élites dirigeantes et au système qui les maintient au pouvoir, un nombre croissant de citoyens mécontents prône une représentation élue et efficace au sein des gouvernements. La colère couve dans le Bas et le Haut-Canada et donne lieu aux soulèvements de 1837.

Une fois ces rébellions totalement réprimées, le gouvernement britannique envoie au Canada lord Durham pour qu'il enquête sur leurs causes. Les Réformistes lui soumettent le concept d'un " gouvernement responsable " qui accorderait le pouvoir législatif à des assemblées élues. Craignant un autre soulèvement populaire et les visées expansionnistes de la république située au sud, Durham juge qu'il serait prudent de donner suite à certaines des revendications afin que les colonies demeurent britanniques. Il recommande donc, dans son rapport, une forme de gouvernement responsable. Cette idée est toutefois rejetée par le gouvernement britannique qui n'est pas prêt à laisser ses colonies se diriger vers la démocratie.

Les Réformistes n'abandonnent pas. Joseph Howe et d'autres font campagne en faveur d'un gouvernement responsable en Nouvelle-Écosse, tandis que Louis-Hippolyte LaFontaine et Robert Baldwin mènent les Réformistes dans la province du Canada nouvellement formée (le Haut et le Bas-Canada réunis). En 1849, leur assemblée réformiste adopte une loi recommandant l'indemnisation des personnes ayant subi des dommages durant les troubles de 1837. Le Conseil exécutif s'oppose avec acharnement à cette loi, et le gouverneur général, lord Elgin, doit décider s'il va se prononcer en faveur de l'establishment puissant ou accéder aux voeux des représentants élus.

En signant le Bill des pertes de la rébellion, lord Elgin entérine la notion de gouvernement responsable. Enfin, la législation gouvernementale relève de la majorité d'une assemblée élue. Bien que le suffrage soit encore loin d'être universel, cet événement marque une étape majeure dans le cheminement du Canada vers la démocratie.

DISTRIBUTION
  • Victoria – Bronwen Mantel
  • Melbourne – Harry Hill

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Baldwin et LaFontaine

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Baldwin et LaFontaine

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Le gouvernement responsable :
une question d'amitié et de coopération

PROVINCE DU CANADA, 1841 - La coopération de deux réformistes modérés Louis-Hippolyte LaFontaine et Robert Baldwin, a contribué, en bonne partie, à la naissance du Canada.

Avocat de formation, LaFontaine entreprit sa carrière politique en se faisant élire à l'Assemblée du Bas-Canada à l'âge de 23 ans. De stature imposante, on le respectait pour l'homme d'idéal qu'il était et pour son attachement au Canada français.

Robert Baldwin, avocat comme LaFontaine, se lança en politique assez jeune. Mais contrairement à son collègue, il était timide et dépressif, et se sentait peu attiré par la vie politique. Animé de nobles principes et d'un sens aigu du devoir, il consacra l'essentiel de sa vie à transformer le système politique canadien.

Au début du XIXe siècle, le système politique canadien était en mal de réforme. Des élites étroitement liées dominaient les colonies anglaises du Haut et du Bas-Canada. Heureuses de leur position privilégiée et de l'appui des gouverneurs anglais, elles se préoccupaient peu des assemblées élues des colonies.

En 1837, l'animosité envers ces élites culmina et la rébellion éclata dans le Haut et le Bas-Canada. Elle fut matée rapidement dans le Haut-Canada, mais, dans le Bas-Canada, elle dégénéra en affrontements sanglants. Au terme des hostilités, le gouvernement anglais détacha lord Durham pour enquêter sur les récriminations coloniales.

Dans son rapport, Durham recommandait de donner plus de pouvoir aux assemblées coloniales, exactement ce que réclamaient les chefs de la rébellion du Bas-Canada. Cependant, il recommandait également l'union du Haut et du Bas-Canada, proposition qui a soulevé une opposition véhémente parmi les habitants du Bas-Canada.

Néanmoins, en février 1841, on proclamait l'Union et on lançait des élections. LaFontaine se présenta dans le comté de Terrebonne. Mais le jour de l'élection, quelque 200 voyous armés bloquèrent le lieu du scrutin, empêchant les partisans de LaFontaine de voter pour leur candidat. LaFontaine intervint et réussit à éviter une bataille rangée, mais au prix de sa victoire.

Quelques mois plus tard, LaFontaine recevait une lettre de Robert Baldwin. Ce dernier avait été élu dans deux circonscriptions. Il avait convaincu les électeurs de York de voter pour LaFontaine. Acceptait-il de se présenter dans une élection partielle à Toronto ?

Il accepta. Il axa sa campagne sur la coopération entre Français et Anglais et remporta le siège avec une bonne majorité.

Le geste de Baldwin valut aux Réformistes la bienveillance du Bas-Canada. Voici ce qu'écrivit Étienne Parent, journaliste respecté : " Si tous les habitants du Haut-Canada sont comme Baldwin, je prédis que l'union des Canadas sera promise à un brillant avenir. " À la fin des années 1840, les démarches de Baldwin et de LaFontaine portèrent fruit et le gouvernement britannique reconnut enfin que le pouvoir législatif devait appartenir à l'assemblée élue de la colonie. Ce compromis historique révéla que les Canadiens, français et anglais, pouvaient travailler ensemble pour résoudre leurs problèmes politiques.

DISTRIBUTION
  • Lafontaine – Guy Richer
  • Baldwin – Guy Bannerman
  • Distribution additionnelle – Pierre Alcide
  • Distribution additionnelle – Patrice Bissonnette
  • Distribution additionnelle – Jean Marc Duguay
  • Distribution additionnelle – Francois Klanfer
  • Distribution additionnelle – Laurier Lapierre
  • Distribution additionnelle – Andrew Lewarne
  • Distribution additionnelle – Colm Magner
  • Distribution additionnelle – Tim O'Halloran
  • Distribution additionnelle – Colin O'Meara
  • Distribution additionnelle – Nicholas Rice

Étienne Parent

LECTURE EN COURS

Étienne Parent

DE LA COLLECTION

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Un moment de notre histoire...

RESOURCES PÉDAGOGIQUES

La Conquête de 1760 soulève des problèmes de coexistence entre Canadiens et Britanniques, deux peuples qui se distinguent par la langue, la religion, les codes civil et juridique ou, tout simplement, par la mentalité et les coutumes. L'Acte constitutionnel de 1791 tente d'y remédier en partageant la colonie en deux, le Haut-Canada des Loyalistes (devenu l'Ontario) et le Bas-Canada (devenu le Québec), ce qui permet aux deux peuples de se développer au moyen d'institutions représentatives. En outre, par l'instauration du régime parlementaire, politiciens et intellectuels sont appelés à défendre leurs idées. L'éloquence et le journalisme politiques prennent alors un grand essor. Au début du XIXe siècle, Étienne Parent devient le premier journaliste à réfléchir sur la survie du peuple canadien et à éclairer ses grands tribuns, Louis-Joseph Papineau et Louis-Hippolyte LaFontaine.

Étienne Parent est né en 1802 sur la ferme paternelle à Beauport, non loin de Québec. Ses parents l'envoient étudier, à 12 ans, au collège de Nicolet, puis au Séminaire de Québec. Sa carrière journalistique commence à la fin de ses études. On sollicite très tôt sa collaboration au journal Le Canadien, porte-parole du Parti canadien ; il en devient le rédacteur en chef en 1822, à l'âge de 20 ans.

Les temps sont menaçants pour les francophones du Bas-Canada : un projet d'union des deux Canadas met en danger les droits acquis en 1791 ainsi que l'usage législatif du français. Admirateur de la Constitution, Parent, par écrit, en exige le respect et dénonce un système politique " truqué ". En effet, le nouveau régime parlementaire du Bas-Canada permet aux Canadiens majoritaires de voter des lois à l'Assemblée, mais le gouverneur, en tant que chef de l'exécutif, a le pouvoir d'y opposer son veto. Faute d'une législature responsable devant la Chambre, les Canadiens du Bas-Canada héritent donc d'un pouvoir réduit, et les finances de la colonie leur échappent.

À partir de 1830, le Parti canadien se radicalise et devient le Parti patriote dirigé haut et fort par Louis-Joseph Papineau. Éclipsé pendant quelques années par La Gazette de Québec, Le Canadien est relancé par Étienne Parent qui le dote de la devise " Notre langue, nos institutions, nos lois ", objectifs nationaux qu'il poursuivra toute sa carrière. Dans un premier article, il livre son credo : " C'est le sort du peuple canadien d'avoir non seulement à conserver la liberté civile, mais aussi à lutter pour son existence comme peuple... " Au jour le jour, il commente l'actualité politique dans un style dialectique, cultive la conscience nationale, demande justice au nom de l'ordre et dans l'esprit de la Constitution. Il est alors l'éminence grise du Parti patriote, le conseiller de Papineau, membre de l'Assemblée non responsable. À sa suggestion, Ludger Duvernay fonde l'Association patriotique de la Saint-Jean-Baptiste, encore active de nos jours.

La crise économique de 1833 à 1836 exacerbe les positions des Patriotes qui s'affrontent bientôt entre radicaux et modérés. Pour éviter le pire, Parent publie dans son journal une longue liste de résolutions résumant les griefs de l'Assemblée et les réformes proposées. La plupart d'entre elles sont présentées par les députés patriotes à la session de 1834 pour dénoncer, entre autres, les abus de pouvoir du Conseil législatif, les subsides et la justice favorisant la minorité britannique du Bas-Canada. En 1835, l'Angleterre réplique en procédant à une commission d'enquête sur la situation du Bas-Canada qui donne lieu aux recommandations inflexibles de lord Russell. Sous les appels enflammés de Papineau, des mouvements de protestation populaires se multiplient et mènent aux insurrections de 1837 et de 1838.

Au cours de ces années de tourmente, débordé sur la gauche, Parent continue de prôner la résistance, mais sans violence : " Nous ne sommes pas prêts pour l'indépendance; prenons patience, faisons nos preuves, la législation reprendra son cours... " Comme il refuse de souscrire aux excès, tant chez les Patriotes indépendantistes que du côté gouvernemental, il est honni de tous. Dans Le Canadien, il plaide néanmoins en faveur de ses compatriotes rebelles et exhorte le gouvernement à adopter un exécutif " responsable ". La répression impitoyable de Colborne lors des insurrections de 1838 et les condamnations qui s'ensuivent le révoltent cependant, et ses écrits virulents traduisent toute son amertume. On l'incarcère plusieurs mois pour " menées séditieuses ". Dans la prison de Québec, il continue de rédiger ses articles qu'il dissimule astucieusement dans des tartes que lui apporte un complice.

Le rapport Durham, qu'attendaient avec espoir les Canadiens, et l'Acte d'union des Canadas, proclamé en 1841, marquent la fin du rêve d'autonomie politique des Canadiens français. Durant quelques mois, ébranlé, Étienne Parent adopte un ton fataliste tout en refusant catégoriquement l'assimilation de son peuple. Au sujet de la langue française, il écrit dans Le Canadien : " Nous demandons que la majorité qui va se trouver dans la législature unie traite la langue française, comme la majorité française qui se trouvait dans la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada, sous l'ancienne constitution, traita la langue anglaise. " Peu à peu, il retrouve une confiance relative et invite ses compatriotes à tirer le meilleur parti possible de ce " mariage politique ". Il appelle au dynamisme social et économique de la classe moyenne canadienne-française et au progrès intellectuel des nouvelles générations : ils seront la clé de la participation effective des Canadiens français dans le nouveau cadre constitutionnel.

Sur l'invitation de Louis-Hippolyte LaFontaine, Parent quitte Le Canadien en 1842, à l'âge de 40 ans, pour entamer une carrière de haut fonctionnaire au sein du gouvernement canadien. En qualité de conférencier-écrivain, il poursuit sa vision nationaliste. Les titres de ses rencontres à l'Institut canadien de Montréal rendent bien ses visées : " L'industrie comme moyen de conserver notre nationalité " ; " Importance de l'étude de l'économie politique " ; " Considérations sur notre système d'éducation populaire (...) " ; " De l'importance du commerce " ; " Le sort des classes ouvrières ".

Étienne Parent étonne par le souffle et l'ardeur de sa pensée. Son personnage est quasi inconnu de nos jours, mais ses écrits trouvent encore un écho pertinent et demeurent la référence sûre d'une étape cruciale de l'histoire du Québec.

DISTRIBUTION
  • Parent – Daniel Gadouas
  • Patriot – Marc André Piché
  • Soldier – Bruce Dinsmore
  • Distribution additionnelle – Patrick Labbe

Ressources pédagogiques

Hart et Papineau

LECTURE EN COURS

Hart et Papineau

DE LA COLLECTION

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Un moment de notre histoire...

RESOURCES PÉDAGOGIQUES

Au Canada, comme dans de nombreuses démocraties, la reconnaissance des droits des minorités a été intimement liée à la mise en place du processus démocratique. Le cas d'Ezekiel Hart, présenté dans une des plus récentes Minutes Historica, est un exemple éloquent du rapport entre les droits des juifs et l'évolution de la démocratie au Bas-Canada. Cet épisode de l'histoire canadienne montre également - paradoxalement - qu'à une époque où les droits des juifs n'étaient pas pleinement reconnus par les lois de l'Empire, de solides liens commençaient à se tisser, au sein des communautés québécoises, entre juifs et catholiques.

En 1807, à la mort du député de Trois-Rivières, John Lees, il a fallu combler son siège à l'Assemblée législative du Bas-Canada, tenir en tenant une élection partielle. Quatre candidats se présentèrent : Matthew Bell et Thomas Coffin, qui représentaient la communauté anglophone - minoritaire mais puissante - Pierre Vézina, officier francophone bien en vue, et Ezekiel Hart, membre d'une des familles les plus respectées de Trois-Rivières.

Pendant la campagne électorale, le juge Louis Foucher, l'autre député de la région, avait conseillé aux électeurs d'appuyer Coffin. Foucher estimait que Hart n'était pas digne de représenter ses concitoyens parce que celui-ci manquait d'expérience, mais surtout parce qu'il était juif. Le seul appui public que reçut Hart fut celui de son frère Benjamin.

La population locale ne se laissa toutefois pas berner par les propos de Foucher, et, le 11 avril 1807, Ezekiel Hart fut élu sans équivoque, remportant plus de la moitié des 119 voix dans une élection à main levée. Il devint ainsi le premier juif pratiquant élu à une des deux assemblées législatives du Canada. Un dénommé Samuel Hart avait été élu à l'Assemblée législative de la Nouvelle-Écosse à la fin du XVIIIe siècle, mais il s'était converti à la religion anglicane.

La victoire d'Ezekiel Hart était d'autant plus remarquable que quelques décennies plus tôt, les juifs n'avaient même pas le droit de vivre au Canada, à moins d'abjurer le judaïsme. D'ailleurs, à l'époque où les citoyens de Trois-Rivières élurent Hart, les juifs n'avaient toujours pas le droit de siéger au Parlement britannique. La victoire de Hart ne put cependant être contestée immédiatement parce que l'Assemblée de 1807 siégea un seul jour avant d'être dissoute.

La controverse éclate

Lorsque l'Assemblée reprit ses activités en janvier 1808, un député demanda si Hart avait prêté serment en bonne et due forme, c'est-à-dire sur la Bible et sans couvre-chef. Or, conformément à la tradition juive, Hart avait prêté serment sur l'Ancien Testament sans se découvrir la tête. Il fut décidé de l'exclure de l'Assemblée.

On tint une nouvelle élection partielle à Trois-Rivières au printemps 1808, et Hart l'emporta de nouveau. Pour éviter la controverse, il accepta de prêter serment tête nue, sur la Bible chrétienne. Cette fois, l'Assemblée l'accusa de bafouer la religion chrétienne et l'exclut de nouveau en 1809 : elle alla jusqu'à adopter une résolution excluant tous les juifs de l'Assemblée législative. Louis-Joseph Papineau et son père Joseph votèrent tous deux pour l'expulsion de Hart.

" L'affaire Hart "

Plusieurs historiens ont souligné le caractère paradoxal de ce qu'il convient maintenant d'appeler " l'affaire Hart ". Selon toute vraisemblance, le Trifluvien Hart avait su gagner la confiance et l'estime de ses concitoyens. Après tout, ces derniers avaient reconnu, deux fois plutôt qu'une, l'aptitude de Hart à défendre leurs intérêts à Québec. Pourquoi donc l'Assemblée législative, dominée par les " Canadiens " (francophones), s'obstinait-elle à empêcher Hart d'exécuter son mandat ?

Si la démocratie n'allait pas encore de soi au Bas-Canada, c'est en partie parce qu'elle était un phénomène récent : avant l'Acte constitutionnel de 1791, les Canadiens n'avaient jamais eu de représentants élus. Au début du XIXe siècle, la politique demeurait donc plutôt une question de personnalités que de partis. Les membres francophones de l'Assemblée se méfiaient de Hart parce qu'il semblait favorable au parti du gouverneur. Selon un contemporain de Hart, les députés canadiens-français voulaient " conserver la majorité en leur faveur " et " si possible, faire entrer un francophone plutôt qu'un anglophone à l'Assemblée ". Même le juge Foucher, farouche détracteur de Hart, n'avait pas l'appui de tous les députés francophones parce que ces derniers craignaient que les fonctions de juge et celles de député ne fussent incompatibles. Contrairement à Hart, Foucher réussit cependant à conserver son siège.

Les mentalités évoluent

Au cours des 15 à 20 années suivantes, plusieurs événements contribuèrent à changer les mentalités au Canada. Premièrement, les juifs, déjà reconnus pour leur contribution à la vie sociale et économique de la colonie, firent preuve d'une grande loyauté envers l'Empire britannique lors de la guerre anglo-américaine de 1812. En outre, Benjamin Hart, frère cadet d'Ezekiel, avait amorcé une lutte de longue haleine pour faire reconnaître les droits civils et religieux des juifs. Et l'Assemblée législative, toujours dominée par les francophones catholiques, était désormais disposée à appuyer toute institution susceptible, selon elle, d'ébranler le pouvoir de l'Église anglicane. C'est dans cet esprit, sans doute, que l'Assemblée reconnut officiellement l'Église presbytérienne en 1826.

Grâce aux efforts assidus de Benjamin Hart, l'Assemblée législative accorda donc aux juifs le droit d'ériger une nouvelle synagogue et de tenir des registres des naissances, des mariages et des décès au sein de leur communauté.

Papineau rétablit l'équité

La politique et la fonction publique demeuraient toutefois interdites aux juifs. Samuel B. Hart, fils aîné d'Ezekiel, l'apprit à ses propres dépens. En 1830, lord Matthew Aylmer, nouveau gouverneur du Bas-Canada, lui offrit un poste de magistrat et de juge de paix. Malheureusement, après avoir consulté ses conseillers, Aylmer dut retirer l'offre faite à Hart. Aylmer se chargea lui-même d'acheminer au roi Guillaume une lettre de protestation écrite par Hart.

À la même époque, d'autres " sujets juifs " du roi soumirent à l'Assemblée législative du Bas-Canada la demande de permettre aux juifs d'occuper des charges publiques. John Neilson présenta leur pétition à l'Assemblée législative; Denis Viger la soumit, de même que la lettre de Hart, au Conseil législatif.

Louis-Joseph Papineau, devenu président de l'Assemblée en 1815, n'était plus le même homme qui s'était prononcé en faveur de l'exclusion de Hart en 1809. En homme intelligent et éclairé, il n'acceptait pas que les querelles partisanes et les préjugés fassent obstacle à la vie démocratique. Et c'est ainsi que sous la présidence de Louis-Joseph Papineau, l'Assemblée législative du Bas-Canada adopta, en 1832, le projet de loi qui allait garantir les pleins droits des personnes pratiquant la religion juive. L'Angleterre et ses autres colonies n'accorderont ces droits aux juifs que 25 ans plus tard.

DISTRIBUTION
  • Hart – Joel Miller
  • Papineau – Marcel Sabourin
  • Distribution additionnelle – Jean Marchand

Ressources pédagogiques

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