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Les infirmières canadiennes

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Les infirmières canadiennes

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RESOURCES PÉDAGOGIQUES

L’histoire du Canada en temps de guerre est remplie de récits de bravoure, et les infirmières canadiennes qui ont servi au sein de l’armée durant la Rébellion du Nord-Ouest, la guerre des Bœrs, les Première et Deuxième Guerres mondiales et la guerre de Corée étaient sans aucun doute parmi les plus courageuses. Pendant qu’elles pratiquaient leurs fonctions, des douzaines sont mortes à cause d’attaques de l’ennemi et de maladies.

Durant la Première Guerre mondiale (1914–1918), les infirmières canadiennes sont en service au Canada, en Angleterre, en France, en Belgique, en Russie et autour de la Méditerranée. Surnommées les « geais bleus » par des soldats heureux d’apercevoir leurs robes bleues et leurs voiles blancs, elles reçoivent plusieurs distinctions et se forgent une excellente réputation grâce à leur courage et leur compassion. Cinquante-trois infirmières décèdent en fonction, soit à la suite d’une attaque de l’ennemi ou à la suite d’une maladie contractée d’un patient.

Les infirmières canadiennes sont entraînées au sujet des lois militaires, de la lecture de cartes et de la sécurité, reçoivent des instructions en cas d’attaque au gaz, d’évacuation de victimes et sont formées pour les manœuvres militaires de grande envergure durant les Guerres mondiales. En guise d’hôpitaux, elles travaillent dans des conditions allant de tentes en toile avec des plancher de bois jusqu’à des bâtiments convertis.

Cette Minute du patrimoine raconte l’histoire d’Eden Pringle et Eleanor Thompson, deux des près de 3000 infirmières canadiennes ayant servi durant la Première Guerre mondiale. Pringle et Thompson sont en fonction à l’Hôpital stationnaire canadien numéro 3 (No. 3 CSH) à Doullens (près d’Amiens, en France), lorsque celui-ci est attaqué le 30 mai 1918 à 00 h 15. Un avion allemand laisse d’abord tomber une fusée afin d’illuminer sa cible, suivi de plusieurs bombes. L’une d’elles touche le bâtiment principal, juste au-dessus des appartements du sergent, au troisième étage. La structure centrale s’effondre et prend en feu, incinérant la salle des officiers au deuxième étage et le bloc opératoire, où Pringle est en service. Pringle, 24 ans, était une diplômée de l’Hôpital général de Vancouver, et s’était enrôlée le 12 mai 1917. Elle avait d’abord été assignée à l’Hôpital de la Croix-Rouge canadienne à Buxton, en Angleterre, en juin 1917, puis à Doullens en juillet de la même année. Le bloc opératoire est anéanti par ce bombardement, et on raconte que les gens travaillant dans le bloc ne sont ensuite « pas reconnaissables ». Pringle est la plus jeune infirmière canadienne à mourir durant la Première Guerre mondiale.

Eleanor Jean Thompson, 30 ans, de Valleyfield, Québec, est l’une des infirmières présentes dans la salle de réanimation attenante au bloc opératoire. Elle s’était enrôlée à Montréal le 1er février 1916 et était arrivée au No. 3 CSH a peine trois semaines avant le bombardement. Durant l’attaque, elle est renversée par une lourde poutre et frappée aux jambes, mais elle réussit éventuellement à se retirer des débris. Avec l’aide d’une autre infirmière, Meta Hodge, Thompson éteint des feux allumés par des radiateurs au mazout renversés et organise l’évacuation de patients dans la pièce, certains devant glisser sur la pile de débris, l’escalier ayant disparu. Thompson et Hodge restent dans l’aile jusqu’à ce que tous les patients aient été évacués.

Au total, 32 patients et membres du personnel sont tués, et 17 sont blessés.

Bien que Thompson n’ait pas de blessures visibles, elle se met à souffrir de migraines chroniques sévères et d’insomnie presque immédiatement. Elle demeure en service actif pendant plusieurs mois avant d’être finalement admise à l’hôpital en mars 1919, où elle est diagnostiquée d’un « handicap nerveux », nommé aujourd’hui « trouble de stress post-traumatique ». Suite à une recommandation du conseil médical de l’armée affirmant qu’elle devrait obtenir son congé de l’armée pour retourner à la vie civile en raison de sa condition fragile, Eleanor retourne au Canada en 1919. Elle meurt à Sainte-Anne-de-Bellevue, au Québec, en 1964, à l’âge de 75 ans.

Les responsables militaires canadiens, impressionnés par les actions courageuses des infirmières canadiennes face aux tirs ennemis, soumettent des recommandations pour décerner aux infirmières canadiennes la Croix militaire, un honneur normalement réservé aux officiers subalternes. L’idée est que les accomplissements des infirmières canadiennes sont égaux à ceux de leurs collègues masculins et le Canada insiste pour qu’elles soient reconnues en conséquence. Cependant, les autorités britanniques n’approuvent pas. Elles estiment qu’étant donné leur grade sur le champ de bataille, les infirmières canadiennes ne devraient être éligibles que pour la Médaille militaire, l’équivalent de la Croix rouge royale, décernée à une infirmière pour son service au sein de sa profession. Dans un refus obstiné d’évoluer au-delà des normes reliées au genre déjà établies, et ce malgré la présence grandissante des femmes aussi près du front, la décision des autorités britannique prévaut.

En 1919, Eleanor Thompson est l’une des huit infirmières canadiennes à recevoir la Médaille militaire pour sa « bravoure et son dévouement au cours d'un raid aérien de l'ennemi ». Bien qu’il ne s’agisse pas de l’honneur que les responsables canadiens auraient souhaité, ils s’agit tout de même d’un honneur exceptionnel qui souligne le rôle changeant des femmes sur le champ de bataille.

DISTRIBUTION
  • Eden Lyal Pringle – Siobhan Williams
  • Eleanor Jean Thompson – Myla Southward
  • Narration – Maxim Roy

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Hauteurs de Queenston

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Hauteurs de Queenston

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Le 13 octobre 1812 s'est révélé un jour important pour les Six Nations de la rivière Grand. Les forces britanniques, qui comptaient quelque 160 guerriers des Six Nations, se sont rassemblées au fort George, à l'embouchure de la rivière Niagara. Elles ont attendu l'invasion des Américains, qui ont fait leur arrivée en amont près du petit village de Queenston, dans le Haut‑Canada. Accompagnés d'autres chefs et de plusieurs guerriers, John Norton et John Brant se sont précipités vers les lieux, pour y apprendre que les Américains avaient tué le général Brock et s'étaient emparés des hauteurs qui surplombaient le village.

Tandis que les guerriers s'approchaient du champ de bataille, des soldats qui battaient en retraite leur ont annoncé qu'on y trouvait des milliers d'Américains. En guise de réaction, près de la moitié des guerriers ont quitté le groupe, puis sont retournés au fort George pour protéger leur famille (qui avaient quitté leur foyer de la rivière Grand pour les accompagner). Dans la Minute du patrimoine sur la bataille de Queenston Heights, Norton prononce un discours afin d'inspirer les 80 guerriers restants. Il a d'ailleurs consigné ce discours dans son journal.

Plutôt que de remonter la partie nord des hauteurs de Queenston, où Brock avait trouvé la mort et où des soldats américains les attendaient, Norton et Brant ont dirigé leurs hommes vers l'ouest et escaladé les sommets à la dérobée. Ensuite, ils se sont approchés par le versant, pour prendre les Américains par surprise.

En se dissimulant derrière la fumée des armes à feu pour traverser rapidement les bois, les 80 guerriers, qui étaient également tireurs d'élite, ont lancé des attaques‑éclairs contre plus d'un millier d'Américains, qui sont demeurés pris sous leur feu. L'armée britannique, qui incluait Richard Pierpoint et le Coloured Corps dans ses rangs, est finalement arrivée en renfort. Elle a donné l'assaut final contre les envahisseurs, forçant ainsi la capitulation des Américains. Les efforts des guerriers des Six Nations étaient essentiels à reprendre les hauteurs et prévenir l'invasion américaine.

DISTRIBUTION
  • John Norton – Billy Merasty
  • John Brandt – Meegwun Fairbrother
  • Narration – Alanis Obomsawin

Richard Pierpoint

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Richard Pierpoint

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Richard Pierpoint est né dans le Bondou (région actuelle du Sénégal) en 1744. Après sa capture en 1760, on l'a déporté en Amérique, avant de le vendre à un officier britannique. Après une vingtaine d'années passées aux États‑Unis, il a obtenu son émancipation en combattant au sein des Butler’s Rangers, pendant la Révolution américaine.

Grâce à son appui lors de ce conflit, les Britanniques lui ont concédé une terre dans la région du Niagara. Après 1783, Richard Pierpoint s'est établi à Niagara, où il a joué le rôle de griot (conteur) auprès de la communauté noire locale. Selon la tradition sénégalaise, le griot écoute des histoires et les associe à une pierre en particulier. Par la suite, il reconstitue chaque récit en sortant une pierre de son sac et en racontant l'histoire qui lui est associée. Avant et après la guerre de 1812, Pierpoint a parcouru le Haut‑Canada, afin d'écouter les récits de la communauté noire et de les retransmettre.

En 1794, Richard Pierpoint et plusieurs esclaves affranchis ont présenté une requête au gouvernement du Haut‑Canada, afin qu'il leur octroie des terres adjacentes plutôt que des lots dispersés parmi ceux des colons blancs. La pétition des Nègres libres, selon l'expression consacrée, visait à créer une communauté noire où l'entraide et le soutien mutuel seraient favorisés. On l'a rejetée pour des motifs inconnus.

Lors de la guerre de 1812, à l'âge de 68 ans, Richard Pierpoint a soumis une pétition à l'armée pour assurer la création d'une unité d'hommes de couleur. Cette pétition permettrait de produire une liste d'hommes noirs qui avaient juré de livrer bataille au sein de la région. À l'origine, la pétition a été rejetée, mais finalement, le capitaine Robert Runchey s'est vu confier le commandement de l'unité, nommée « compagnie des hommes de couleur du capitaine Runchey », ou Coloured Corps. La compagnie a combattu à Queenston Heights le 13 octobre 1812. (Elle comptait parmi les premiers renforts qui ont fait leur arrivée sur les hauteurs de Queenston afin de soutenir les guerriers de la rivière Grand et leur chef mohawk, John Norton.) Elle a grandement contribué à l'effort de guerre dans l'ensemble de la région du Niagara. En 1813, les membres de cette compagnie étaient réaffectés au Corps provincial des artificiers. Ils ont servi tout au long de la guerre, en construisant et reconstruisant des postes stratégiques importants.

Après la guerre, Richard  Pierpoint est demeuré à Niagara, mais il y trouvait la vie difficile. En 1821, il a présenté une nouvelle pétition au gouvernement, pour lui demander cette fois‑ci qu'on le renvoie au Sénégal, son pays natal, à bord d'un navire. Encore une fois, la pétition de Pierpoint a été rejetée, mais on lui a concédé une terre à Garafraxa, canton situé près de la ville actuelle de Fergus. Il a pris possession de sa terre et est devenu l'un des chefs de file de la communauté noire, en aidant des esclaves affranchis à parcourir le « chemin de fer clandestin ». En outre, des colons écossais, en particulier James Webster, ont fait appel à Pierpoint lors de leur arrivée dans la région de Fergus. Richard Pierpoint serait décédé en 1837, vers l'âge de 93 ans. Il compte parmi les milliers de Loyalistes noirs qui ont accédé au Canada après la Révolution américaine. Bien que plusieurs d'entre eux aient affronté de grandes épreuves, ils ont formé néanmoins une partie importante du nouveau Canada. Richard Pierpoint a mené une vie extraordinaire, et cette Minute commémore les efforts qu'il a consacrés sans relâche à la promotion de la santé et de la subsistance de la communauté noire du Haut‑Canada.

DISTRIBUTION
  • Officier Howard – Ray Kahnert
  • Deaf Moses – Roney Lewis
  • Richard Pierpoint, jeune – Oke Nnawuchi
  • Officier Charles – Jordan Van Dyck
  • Richard Pierpoint, 68 ans – Rudy Webb
  • Narration – Pierre-Yves Cardinal

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Marion Orr

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Marion Orr

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En raison de la réglementation discriminatoire de l'époque, la plupart des Canadiennes qui souhaitaient faire partie de l'Aviation royale du Canada au cours de la Seconde Guerre mondiale furent déçues. Grâce à sa détermination, une de ces femmes réussit néanmoins à piloter un avion militaire. Il s'agit de Marion Orr. Elle prit des leçons de pilotage en 1941, leçons qu'elle paya, puis quitta le Canada à destination de l'Angleterre, où elle décrocha un poste au sein du Service de transport aérien auxiliaire. Elle fut chargée de déplacer des avions de combat entre les terrains d'aviation, si bien qu'en octobre 1944, elle avait accumulé 700 heures de vol sur 67 types d'avions différents.

"C'était un défi sans cesse renouvelé que de piloter ces avions, dit-elle. Mais un avion est un avion : les vitesses et les manettes pouvaient varier, cela ne me dérangeait absolument pas."

Après la guerre, Marion Orr rentra au Canada pour fonder sa propre école de pilotage. Au fil des ans, elle devint la première Canadienne à piloter un hélicoptère, donna des leçons de pilotage et effectua à l'occasion des vols de patrouille pour la Police provinciale de l'Ontario. Décorée de l'Ordre du Canada en 1986, elle pilotait toujours à l'âge de 76 ans. La longue et pittoresque carrière de Marion Orr dans l'aviation prit fin en avril 1995, lorsqu'elle périt dans un accident de la route.

Les membres du Service féminin de l'Aviation royale canadienne ne participaient pas activement aux combats aériens. Marion Orr figurait parmi les rares femmes pilotes au sein du Service de transport aérien auxiliaire, lequel était chargé de déplacer les appareils d'une base militaire à l'autre, en Angleterre.

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Winnie

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Winnie

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Aucun ours noir du Canada n'a connu une destinée littéraire aussi heureuse que celle de Winnipeg, l'ourse apprivoisée du capitaine Harry Colebourn. Immortalisée grâce à la visite de Christopher Robin et de son père, A.A. Milne, au zoo de Londres, Winnipeg a conquis les enfants et les adultes du monde entier.

Charmé par Winnipeg, qui promenait les visiteurs sur son dos dans les allées du zoo et leur mangeait dans la main, Christopher Robin pressa son père de ramener l'ours à la maison. Ne pouvant céder au caprice de son fils, Milne fit plutôt de Winnipeg la héroïne d'une histoire pour enfants désormais classique : Winnie the Pooh, devenue en français Winnie l'ourson. Winnie est le surnom que lui donnaient les visiteurs du zoo et Pooh, le nom du cygne domestique de Christopher Robin. Dans les histoires de Winnie, l'auteur raconte les explorations d'un ours attachant et de ses amis, Porcinet, Tigrou et Coco lapin. Cet univers fantastique et candide de l'enfance célèbre l'amitié et... les pots de miel.

Winnipeg émigra en Grande-Bretagne avec son maître, le capitaine Harry Colebourn, vétérinaire de l'armée canadienne. En 1915, au plus fort de la Première Guerre mondiale, le capitaine fut envoyé au front, en France. Il fit don de Winnie au zoo de Londres, et elle devint une grande vedette du jour au lendemain.

Harry Colebourn acheta Winnipeg à White River, en Ontario, d'un trappeur qui avait tué la mère de l'ourson. Il lui donna le nom de sa ville natale, Winnipeg. En 1989, la municipalité de White River érigea une statue à la mémoire de Winnie.

A.A. Milne (1882-1956) était journaliste et collaborateur de la revue Punch. Ses livres Winnie-the-Pooh (1926) et The House at Pooh Corner (1928) sont parmi les plus connus. Il a aussi écrit des pièces de théâtre et des romans pour adultes. Sa pièce la plus célèbre s'intitule Mr. Pim Passes By. Les illustrations originales des livres de Milne sont l'oeuvre de Ernest Shepard, qui a aussi illustré une des premières éditions de l'ouvrage Le Vent dans les saules, de Kenneth Grahame.

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Pauline Vanier

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Pauline Vanier

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Par leur vie et leurs œuvres, Georges Vanier, son épouse Pauline et leur fils Jean ont prouvé que l'engagement individuel peut améliorer la vie de la collectivité.

La famille Vanier compte parmi les exemples les plus remarquables d'engagement et de contribution sociale qu'aura connus le XXe siècle.

Quand la Première Guerre mondiale éclate, en 1914, Georges Vanier est un jeune avocat montréalais. En lisant dans les journaux les comptes rendus des événements qui se déroulent en Europe, il ressent une profonde compassion et un vif désir de remédier, autant que faire se peut, aux atrocités commises. Délaissant la pratique du droit, il participe à la mise sur pied de la premiére unité de volontaires canadiens-français, le Royal 22e Régiment, connu alors sous le nom de 22e Bataillon. Il demeure au sein du célébre " 22e " à titre d'officier jusqu'à ce que, blessé au combat, il perde une jambe. En reconnaissance de ses services exceptionnels, on lui décerne la Croix militaire et l'Ordre du service distingué.

Peu aprés son retour au Canada, Georges rencontre une grande et belle jeune femme qu'il épousera peu aprés. Depuis son enfance, Pauline Archer réve de se vouer à de grandes causes. Elle renonce à devenir religieuse et décide plutôt de consacrer sa vie aux oeuvres humanitaires.

Aprés la guerre, Georges devient diplomate. Il représente le Canada au sein de la Société des Nations (devenue les Nations Unies), à Londres, ainsi qu'à diverses conférences internationales. En 1939, il est nommé ministre plénipotentiaire du Canada en France, à l'époque oé une nouvelle guerre se prépare en Europe. Quand les Allemands marchent sur Paris, les Vanier se rendent à Londres, où ils viennent en aide aux milliers de réfugiés européens. Pauline offre ses services à la Croix-Rouge et commence à visiter des hôpitaux. " Tous les jours, je sautais dans un véhicule de l'armée... je faisais le tour des hôpitaux qui accueillaient les blessés franéais. Je pouvais me rendre utile, particuliérement auprés de ceux qui ne parlaient pas l'anglais, car il était rare que le personnel des hôpitaux parle le français. "

En 1941, les Vanier reviennent au Canada, cherchant à convaincre leurs concitoyens de la gravité de la situation en Europe et à les persuader de participer à l'effort de guerre. Georges donne des conférences sur les souffrances des réfugiés et des autres victimes de l'horreur nazie. L'expérience se révéle frustrante pour les Vanier, qui se heurtent à un mur d'indifférence, parfois méme d'hostilité. Comme le confia plus tard Pauline : " Nous avions survécu à tant de choses pour constater, à notre retour, que le Canada était si loin de l'Europe que beaucoup de Canadiens ne pouvaient s'imaginer l'ampleur des événements qui se déroulaient là-bas - la cruauté et les souffrances engendrées par la guerre, les atrocités commises par les Allemands, les risques courus par les réfugiés, la destruction impitoyable de Londres. Tout cela semblait trop éloigné pour être vrai. "

À cette époque, de nombreux Canadiens, comme leurs voisins américains, ne voulaient pas que leur pays s'immisce dans le conflit européen. Ils n'estimaient pas qu'il était de leur devoir de racheter les erreurs d'autres pays en offrant un havre aux victimes de la guerre. Le Canada lui-méme se remettait péniblement de la grande crise de 1929 ; les Canadiens craignaient que la diminution des obstacles à l'immigration, qui avaient été imposés durant les années 1930, ne nuise au marché du travail, déjà très précaire. Derriére ces arguments à caractère économique se profilait le spectre de l'antisémitisme, qui sévissait aussi de notre côté de l'Atlantique. Des milliers de juifs européens qui avaient échappé aux nazis demandérent l'asile au Canada, mais celui-ci fit la sourde oreille.

En 1940, Georges Vanier écrivit au premier ministre canadien Mackenzie King, lui soulignant que le Canada avait " une merveilleuse occasion de se montrer généreux et de gagner au change ". Malgré les pressions qu'ils tentérent d'exercer sur le gouvernement et sur divers groupes au Canada, les Vanier furent incapables pendant les années de guerre d'infléchir la politique canadienne en matière d'immigration et d'accueil des réfugiés.

En avril 1945, Georges Vanier se joignit à un groupe d'élus américains pour visiter, une semaine après sa libération, le " camp de la mort " de Buchenwald. Saisi par l'horreur dont il avait été témoin, il fit un reportage radio émouvant sur les ondes de Radio-Canada, exprimant sa honte de n'avoir rien fait. " Nous avons été insensibles ", confessa-t-il, des larmes dans la voix, " à la cruauté et aux cris de douleur qui parvenaient à nos oreilles, sombres précurseurs de la torture et du génocide à venir. " La honte qu'avait ressentie Georges Vanier, tous les Canadiens l'auront dorénavant en partage. C'est là un triste chapitre de l'histoire de l'immigration canadienne.

De retour à Paris aprés la libération de la France, Georges Vanier continua d'intercéder auprès du gouvernement d'Ottawa pour qu'il ouvre ses frontières aux nombreux réfugiés nécessiteux qui se présentaient à l'ambassade canadienne. Pauline Vanier organisa des services d'accueil dans les gares. " Nous accueillions les réfugiés en leur offrant à boire et à manger, en leur donnant des vêtements et des trousses de survie ; nous tentions de joindre leurs familles, leurs amis ou quiconque pouvait les héberger. Nombreux étaient ceux, toutefois, qui n'avaient aucune idée si leurs proches avaient survécu. Pour ces gens, nous avons organisé des abris temporaires. Nous les avons pris en photo pour ensuite poser ces images le long des murs qui longeaient la gare, dans l'espoir qu'un ami ou qu'un parent reconnaisse quelqu'un dont ils avaient perdu la trace. "

Durant les années d'après-guerre, les souffrances de plus d'un million de personnes " déplacées " en Europe suscitérent la sympathie de nombreux Canadiens. Les Vanier ainsi que d'autres défenseurs de l'humanisation de la politique en matière d'immigration continuérent de faire campagne et, graduellement, le gouvernement canadien assouplit sa réglementation. Entre 1947 et 1953, plus de 186 000 réfugiés européens s'établirent au Canada.

Les Vanier quittérent leurs fonctions diplomatiques à Paris en 1953 pour rentrer à Montréal, mais la retraite ne convenait pas à ce couple dynamique. En 1959, Georges Vanier accepta l'offre que lui fit le premier ministre John Diefenbaker et devint le premier gouverneur général canadien-français.

Les années durant lesquelles Georges Vanier occupa ses fonctions furent mouvementées : des problèmes économiques sévissaient partout au pays, des gouvernements minoritaires se succédaient au pouvoir, et le mouvement séparatiste prenait de l'ampleur au Québec. L'intérêt sincère que vouaient Georges et Pauline Vanier aux Canadiens leur valut cependant la faveur populaire. Ils voyagérent aux quatre coins du pays, parlant au nom des pauvres, des jeunes et des familles. Quand Georges Vanier s'éteignit, en 1967, plus de 15 000 messages de sympathie, dont plusieurs rédigés par des enfants, affluèrent à la résidence du gouverneur général. C'est sans doute un jeune garçon qui exprima le mieux le sentiment de deuil des Canadiens lorsqu'au retour de l'école il dit à sa mère : " On a baissé les drapeaux aujourd'hui parce qu'un homme bon est mort. "

Le fils de Georges et de Pauline Vanier, Jean, a poursuivi la tradition spirituelle et humanitaire de la famille en créant " L'Arche ", systéme d'entraide qui vise à intégrer les handicapés mentaux et à les aider à mener une vie riche et productive. Après la mort de son mari, Pauline Vanier a rejoint son fils en France, où elle est devenue grand-mére résidante de L'Arche. Elle s'est éteinte là-bas, en 1991, à l'âge de 93 ans. Aujourd'hui, le mouvement de L'Arche lancé par Jean Vanier s'est répandu en maints endroits du monde, dont le Canada, où ses communautés montrent qu'un idéal d'engagement, d'amour et de compréhension peut changer la qualité de notre vie et des sociétés dans lesquelles nous vivons.

DISTRIBUTION
  • Vanier – Marie-Christine Perreault
  • Distribution additionnelle – Joanne Boivin
  • Distribution additionnelle – Jean Chevalier
  • Distribution additionnelle – Rebecca Evans
  • Distribution additionnelle – Marie-Noelle Guedon
  • Distribution additionnelle – Thomas Hellman
  • Distribution additionnelle – Francine Laurendeau
  • Distribution additionnelle – Denis Lavalou
  • Distribution additionnelle – Sophie Longpre
  • Distribution additionnelle – Monique Mercure
  • Distribution additionnelle – Helene Paquette
  • Distribution additionnelle – Gabriel Sabourin
  • Distribution additionnelle – Yvon Thiboutot
  • Distribution additionnelle – Veronique Verhoeven

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Laura Secord

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Laura Secord

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Le nom de Laura Secord est bien connu au Canada, même si souvent on ne sait pas bien comment, pendant la Guerre de 1812, elle sauva les forces britanniques et canadiennes en les prévenant que les Américains se préparaient à attaquer Beaver Dams.

Laura Ingersoll Secord était la jeune épouse de James Secord, un colon établi à Queenston, dans le Haut-Canada. La Guerre de 1812 préoccupait beaucoup Laura. Comme son époux et bien d'autres habitants du Haut-Canada, elle était née aux États-Unis et avait des parents au delà de la frontière. Elle demeurait toutefois farouchement fidèle à la couronne britannique et bien déterminée à défendre la colonie.

L'exploit patriotique de Laura Secord débute le soir du 21 juin 1813. Plusieurs officiers américains s'étaient introduits dans la maison des Secord et avaient ordonné à Laura de leur servir à manger. La nourriture était abondante, le vin coulait à flots et, à mesure que la soirée avançait, les esprits s'échauffant, les officiers devinrent moins vigilants. Ils se mirent à se vanter des plans qui allaient leur permettre de venir à bout du noyau de résistance britannique dans la région. En lavant tranquillement la vaisselle, Laura écoutait les propos des officiers à travers la mince cloison qui la séparait d'eux.

« Nous attaquerons FitzGibbon par surprise à Beaver Dams » disait le colonel Boerstter. « Nous détruirons le quartier général et capturerons tout le détachement. » Laura resta figée, un plat tiède dans les mains&nsbp;: si personne ne prévenait le lieutenant FitzGibbon, toute la péninsule du Niagara serait perdue. Elle jeta un coup d'œil à son mari qui, blessé six mois plus tôt au cours de la bataille de Queenston, éprouvait toujours de la difficulté à marcher. Calme et décidée, Laura informa alors son mari qu'elle irait elle-même avertir FitzGibbon.

Le lendemain, à l'aurore, Laura entreprit son parcours vêtue comme à l'ordinaire. Selon certaines versions de l'histoire, elle portait un seau à lait et menait sa vache le long du chemin pour ne pas éveiller les soupçons des sentinelles américaines, mais cette interprétation n'est appuyée d'aucune preuve. Quoi qu'il en soit, Laura devait être très prudente pour ne pas attirer l'attention. En ce temps-là, la peine réservée aux espions était le peloton d'exécution.

Évitant les routes principales, Laura entreprit de parcourir les 30 kilomètres de sentiers sinueux qui la séparaient de la maison de pierre où se trouvait FitzGibbon. Elle se rendit d'abord à la ferme de son beau-frère. Sa nièce Elizabeth se joignit à elle un temps, mais la jeune fille abandonna trois heures plus tard, épuisée. Elles étaient arrivées près du marais Black.

De nouveau seule, Laura amorça la partie la plus difficile du trajet. La chaleur de juin l'accablait, et les ronces lacéraient ses vêtements. Qu'elle ait été pieds nus ou pas, comme certaines versions le suggèrent, l'humidité du marais traversa rapidement ses vêtements. Malgré cela, déterminée plus que jamais à accomplir sa dangereuse mission, Laura poursuivit sa route, tendant toujours l'oreille de crainte de rencontrer des loups.

À la tombée de la nuit, Laura atteignit les limites du marais. Hantée par l'idée qu'on la surveillait, elle escalada la falaise abrupte et franchit un sous-bois épais. Quand elle arriva finalement dans une clairière, elle se retrouva encerclée par une bande d'Iroquois. Surmontant la peur qui la paralysait, elle parvint à faire comprendre au chef l'importance de sa mission. Impressionné par son courage et sympathique à sa cause, celui-ci ordonna à l'un de ses hommes d'escorter Laura jusqu'au quartier général de FitzGibbon.

Laura Secord arriva à la garnison britannique une heure plus tard et informa aussitôt FitzGibbon de l'attaque imminente des Américains. Puis elle s'écroula, épuisée. C'est ici que prend fin l'histoire de cette femme héroïque et que commence la controverse.

FitzGibbon s'était-il déjà préparé pour l'attaque, comme certains le prétendent ? Pourquoi n'a-t-il pas fait mention de l'effort de Laura dans ses rapports officiels ? Ce ne fut qu'en 1827 qu'il parla de Laura dans une lettre :

« Le 22 juin 1813, il faisait très chaud et madame Secord, qui était une personne frêle et délicate, semblait tout à fait épuisée par l'effort qu'elle avait dû déployer pour venir jusqu'à moi. Depuis lors, je me sens profondément reconnaissant à son endroit pour sa conduite à cette occasion... » Laura ne rendit pas compte de son histoire avant de nombreuses années. Ce n'est qu'en 1860, alors âgée de 85 ans, qu'elle a reçu une reconnaissance officielle. Le Prince de Galles, au cours d'une visite au Canada, lut le récit des aventures de Laura et lui fit don de 100 livres pour la remercier. Depuis ce temps, la bravoure de Laura Secord fait partie de notre folklore national.

DISTRIBUTION
  • Secord – Louisa Martin
  • FitzGibbon – Stephen McHattie
  • Mohawk – Eric Schweig
  • Mohawk – Denis Lacroix
  • Mohawk – Jonathon Fisher
  • Mohawk – Jack Burning
  • Distribution additionnelle – J Winston Carroll
  • Distribution additionnelle – Richard Hardacre
  • Distribution additionnelle – Katherine Trowell

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Dextraze au Congo

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Dextraze au Congo

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Le Canada a une longue tradition de maintien de la paix à l’échelle internationale et a fait partie de toutes les grandes missions. Même si les NU participent à ces missions depuis 1948, le premier ministre canadien Lester B. Pearson a popularisé le terme « maintien de la paix » vers la fin des années 1950. Ses efforts lui ont mérité un Prix Nobel de la paix en 1957.

En 1956, alors qu’Israël, la France et le Royaume-Uni tentaient d’empêcher l’Égypte de prendre le contrôle du canal de Suez, Lester B. Pearson proposa le déploiement d’une force de maintien de la paix dans la région. Il s’agissait de la première grande initiative des NU, dont le but était de stabiliser la situation et de permettre le retrait des attaquants. Après Suez, les Canadiens en sont venus à considérer le maintien de la paix comme leur métier.

En juillet 1960, de nouveaux conflits embrasent le Congo, nouvellement indépendant, et le pays tombe rapidement dans l’anarchie. Le brigadier-général Jacques Dextraze arriva en 1963 en tant que commandant adjoint de la mission. Connu sous le surnom de « Jadex » ou de « Mad Jimmy », le brigadier-général Dextraze était un leader qui n’avait pas froid aux yeux. Il entreprit de nombreuses missions de sauvetage dangereuses. À une occasion, il fit atterrir son hélicoptère au beau milieu de tirs ennemis pour sauver quatre missionnaires et dût tenir les rebelles à distance avec son fusil mitrailleur jusqu’à ce que tous puissent se sauver. Le général Dextraze devint ensuite le chef d’état-major de la Défense au Canada.

Le Canada poursuit son engagement en matière de maintien de la paix. Depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1988, et les conflits ethniques qui ont suivi, il y a eu au moins 36 opérations des NU visant à maintenir la paix, ainsi qu’à fournir une aide humanitaire dans des régions éprouvées. Les « Casques bleus » canadiens composent environ 10 % de l’ensemble de la force. Au cours de la dernière décennie, ils ont servi en Afghanistan, au Pakistan, en Angola, dans les Balkans, au Cambodge, au Salvador, en Irak, au Koweit, dans le Sahara occidental, au Mozambique, en Somalie, en Afrique du Sud, en Georgie, au Liberia, aux Pays-Bas, au Rwanda, en Ouganda, au Tchad, au Guatemala, au Tadjikistan, au Zaïre, en Croatie, en Bosnie, à Haïti, en Éthiopie et en Érythrée.

DISTRIBUTION
  • Jacques Dextraze – Graham Harley
  • Révérend Carmine – Bernard Browne
  • Kalanata – Arnold Pinnock

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John McCrae

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John McCrae

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Le 8 décembre 1915, la revue Punch publiait un poème écrit à la mémoire des soldats morts dans les tranchées des Flandres durant la Première Guerre mondiale et intitulé In Flanders Fields. L'auteur, John McCrae de Guelph, en Ontario, y décrivait son expérience des batailles d'Ypres, en Belgique.

John McCrae se porta volontaire pour le premier contingent canadien peu après le début de la Première Guerre mondiale, en 1914. En avril 1915, il fut affecté à l'une des batteries d'artillerie d'Ypres en tant qu'officier médical. En service dans le secteur des pièces d'artillerie, écrivit-il dans ses lettres à la maison, il se rendait sur place pour soigner les blessés qui ne pouvaient être transportés au poste de secours avant la tombée de la nuit. Le 1er juin 1915, John McCrae fut muté à l'Hôpital général no 3 de Boulogne à titre de médecin-chef. Il resta à ce poste jusqu'à ce que la pneumonie l'emporte, le 28 janvier 1918.

Avant la guerre, il publia d'autres poèmes dans la revue de McGill, la University Magazine. In Flanders Fields fait partie d'une collection de poèmes publiée à titre posthume en 1919, dans le recueil intitulé In Fland Fields and Other Poems.

Formé à l'Université de Toronto, il a été nommé professeur titulaire en pathologie à l'Université McGill de Montréal en 1900. Il devint plus tard médecin à l'Hôpital Alexandra et médecin adjoint à l'Hôpital Royal Victoria de Montréal.

John McCrae n'en était pas à sa première guerre. Il avait été soldat d'artillerie (1899-1900) du contingent canadien détaché en Afrique du Sud durant la Guerre des Boers. Les Boers s'insurgèrent contre les Britanniques qui tentaient d'intégrer l'Afrique du Sud à leur empire. C'est un coup d'État raté, fomenté par Cecil Rhodes, le premier ministre de la colonie du Cap, qui déclencha ce conflit. Bien que les volontaires canadiens se rendirent en Afrique du Sud à la demande du gouvernement britannique, les dissensions au sein du Canada sur la question des Canadiens livrant une guerre coloniale britannique empêchèrent le premier ministre de l'époque, Wilfrid Laurier, d'envoyer des troupes régulières.

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Le chemin de la bravoure

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Le chemin de la bravoure

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La Première Guerre mondiale a déjà été connue sous le nom de Grande Guerre en raison de ses répercussions à l'échelle internationale, de la mobilisation massive de troupes, de munitions et de matériel qu'elle a exigés, et de son prix terrible en vies humaines. Selon certains, le jeune pays qu'était alors le Canada a atteint sa maturité au cours de ce conflit mondial. Des Canadiens ont connu la gloire au sein du Corps royal d'aviation : Billy Bishop et Raymond Collishaw ont survécu assez longtemps pour devenir des as de l'aviation, et Roy Brown a acquis la célébrité en abattant le Baron rouge. C'est aussi au cours de cette horrible guerre des tranchées que nombre de Canadiens ont fait preuve d'endurance et de courage.

Des Canadiens se sont battus et sont morts lors d'affrontements à Ypres, au mont Sorrel, à Beaumont Hamel, à Courcelette, sur le Crête de Vimy, à Passchendaele et à Amiens. Soixante-neuf soldats canadiens ont reçu la Croix de Victoria pendant la Première Guerre mondiale. Trois d'entre eux demeuraient rue Pine, à Winnipeg. Plus tard, en leur honneur, cette rue a été rebaptisée Valour Road, c'est-à-dire " chemin de la bravoure ".

Le caporal Leo Clarke a obtenu sa Croix de Victoria pour sa bravoure dans les tranchées au cours de la bataille de la Somme. Clarke se retrouva seul face à 20 soldats ennemis. Au lieu de se rendre, il riposta en vidant son révolver deux fois, puis en se servant d'un fusil allemand qu'il avait ramassé par terre. Au cours de la bataille qui s'ensuivit, un officier allemand plongea sa baïonnette dans le genou de Clarke avant que celui-ci puisse tirer sur son adversaire. Blessé et ensanglanté, Clarke continua de se battre et poursuivit les soldats ennemis en fuite : il en tua quatre et en fit un prisonnier. En dépit de l'ordre de se rendre à l'hôpital, il retourna au champ de bataille le lendemain. Leo Clarke mourut au combat un mois plus tard.

La Croix de Victoria a été décernée au sergent-major Frederick William Hall pour avoir donné sa vie pour un camarade pendant la bataille d'Ypres. Sa compagnie immobilisée dans les tranchées sous le feu ennemi intense, Hall sortit deux fois à la faveur de la nuit pour ramener des soldats blessés. Le 21 février 1915 au matin, on entendait depuis les tranchées les gémissements d'un soldat blessé sur le champ de bataille. Hall et deux autres se portèrent volontaires pour aller le chercher, mais dès qu'ils émergèrent de la tranchée, ils furent la cible d'un feu nourri. Les deux autres hommes furent blessés ; tous durent reculer. Quelques minutes plus tard, Hall sortit seul en plein jour pour affronter les fusils ennemis. Sous une pluie de balles, il rampa le long du terrain. Arrivé auprès du soldat atteint, Hall réussit à se glisser sous lui en se contorsionnant. Il commença à le déplacer sur son dos vers ses propres lignes. Toutefois, lorsque Hall leva la tête pour s'orienter, il reçut une balle qui le tua instantanément.

Durant la bataille de Passchendaele, le lieutenant Robert Shankland conduisit ses troupes vers une position avancée qu'elles maintinrent au cours d'une contre-attaque violente. Sachant qu'une description exacte de la position de sa compagnie était cruciale pour le plan d'attaque des Alliés, Shankland traversa seul le champ de bataille, livra les renseignements nécessaires au poste de commandement et s'en retourna par le même chemin. Après avoir rejoint ses troupes, Shankland continua de se battre jusqu'à la fin de l'engagement. La citation de sa Croix de Victoria fait l'éloge de son courage, de son empressement et de ses compétences, et souligne l'exemple qu'il a donné aux troupes qui étaient sous ses ordres. Des trois récipiendaires de la Croix de Victoria qui avaient habité Valour Road, seul Shankland a survécu à la guerre.

L'héroïsme d'hommes tel que Clarke, Hall et Shankland ne pourra jamais effacer la misère, l'horreur et les dommages qu'engendre la guerre. Les Canadiens ont rarement glorifié leur participation à des conflits. Ils ont plutôt tendance à considérer les états de service de nos soldats au cours de la Grande Guerre comme l'expression du devoir inévitable qu'ont accepté des hommes courageux face à une tragédie mondiale. Plus de 50 000 jeunes Canadiens sont morts pendant la Première Guerre mondiale. Celle-ci terminée, les survivants sont rentrés au pays, vieillis et affligés, nourrissant l'espoir qu'il n'y aurait jamais plus de guerre semblable.

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