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Les Grads d'Edmonton

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Les Grads d'Edmonton

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Un moment de notre histoire...

RESOURCES PÉDAGOGIQUES

Elles allaient devenir l’équipe obtenant le plus de succès de toute l’histoire sportive du Canada avec un score total de 502 victoires et 20 défaites.

Les photos d’archives sont la courtoisie de l’Archives provinciales de l’Alberta.

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Les Falcons de Winnipeg

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Les Falcons de Winnipeg

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RESOURCES PÉDAGOGIQUES

Les Falcons de Winnipeg, une équipe de joueurs de hockey islandais canadiens rejetés dans le passé par leur ville d’origine, a été la première à remporter une médaille d’or en hockey, aux Olympiques de 1920. Le triomphe des Falcons de Winnipeg est un récit de persévérance devant l’adversité et une preuve qu’il ne faut jamais sous-estimer personne.

Les Falcons de Winnipeg ont débuté leur histoire sous le nom The Falcon Hockey Club, créé en 1909 lorsque deux équipes rivales de la Ligue athlétique islandaise se sont fusionnées. Le Icelandic Athletic Club (IAC) et les Vikings étaient les deux seules équipes de la ligue, formée vers la fin du 18e siècle en réponse à la discrimination à laquelle faisaient face les Manitobains d’origine islandaise qui désiraient jouer au hockey compétitif. Bien que pratiquement tous les joueurs étaient nés à Winnipeg ou dans les environs, le fait que leurs parents soient venus d’Islande signifiait qu’ils étaient considérés comme des étrangers de la part de la communauté majoritairement anglo-saxonne. Ils étaient stigmatisés au point de ne pas être acceptés dans les ligues principales de la région. Le succès fut lent à venir, mais en 1911, les Falcons se sont joints à quatre autres équipes de la Ligue indépendante du Manitoba, de niveau intermédiaire.

Lorsque la Première Guerre mondiale a éclaté en 1914, plusieurs joueurs des équipes locales de hockey de Winnipeg se sont enrôlés pour le service militaire. Au printemps de 1916, sept Falcons s’étaient inscrits dans le 223e Bataillon scandinave canadien du Régiment de l’Armée canadienne. Après avoir été entraînés pendant un an à Winnipeg et à Camp Hughes (près de Carberry, Manitoba), ils ont quitté Halifax par bateau en direction de l’Angleterre en avril 1917 afin de participer à l’effort de guerre.

Frank Fredrickson, le capitaine de l’équipe et joueur centre, a formé des pilotes en Écosse jusqu’à ce qu’il soit blessé dans un écrasement d’avion en 1918. Le défenseur droit, Konnie Johannesson, a servi comme pilote en Égypte, et le gardien de but Wally Byron s’est battu dans la bataille d’Amiens. Le défenseur gauche Bobby Benson a participé à un nombre de batailles en France du moment où il est entré au combat jusqu’à ce que la guerre se termine. Le président du club, Hebbie Axford, a obtenu le rang de capitaine dans l’Aviation royale et a reçu la Croix du Service distingué dans l’Aviation pour sa bravoure.

Deux des premiers Falcons se trouvaient parmi les près de 61 000 Canadiens tués durant le conflit: Frank « Buster » Thorsteinson et George Cumbers, meilleurs amis et joueurs durant la saison 1914-15, ont été séparément tués en service en mars 1918.

Lorsque la guerre s’est terminée, les membres en service des Falcons de Winnipeg sont retournés à la maison et l’équipe s’est formée de nouveau.

Des joueurs des Falcons enrôlés dans l’armée, quatre ont remporté la médaille d’or aux Olympiques de 1920. Cette Minute du patrimoine explore l’expérience du temps de guerre des Falcons grâce à des retours en arrière durant un discours imaginé dans les vestiaires, juste avant la partie leur ayant valu la médaille d’or.

Lors de la saison 1919–20, l’équipe a été acceptée dans la ligue de hockey senior de Winnipeg, d’où ils sont sortis les grands vainqueurs. Cela a mené à une victoire lors du Western Hockey Championship et une autre victoire lors de la coupe Allan. Cette dernière victoire a permis à l’équipe de se qualifier pour représenter le Canada aux Olympiques d’Antwerp, où le hockey sur glace allait faire ses débuts comme discipline olympique. Techniquement, les jeux Olympiques de 1920 à Antwerp étaient des jeux d’été, mais ils incluaient aussi une semaine de sports d’hiver avant les événements de l’été. Les parties étaient disputées entre le 23 et le 29 avril 1920, et ont aussi fait office de Championnats mondiaux de hockey. Toutes les parties ont eu lieu au Palais de glace d'Anvers.

Les journaux de l’époque rapportaient que les Canadiens ont été accueillis chaleureusement par les Belges. Les Falcons étaient les favoris des supporteurs européens et ils n’ont pas déçu, patinant la voie vers l’or, accumulant un total de 29 points contre 1. Cela comprenait une victoire de 15–0 contre la Tchécoslovaquie, une bataille durement gagnée de 2–0 contre les États-Unis et une autre de 12–1 contre la Suède, qui a complété cet unique tournoi coup-de-grâce. Dans un élan de démonstration d’esprit sportif, les Falcons ont donné leurs bâtons à l’équipe suédoise comme souvenir.

Les journaux parlaient d’eux comme des « champions du monde » et leur victoire et médaille d’or furent à la une de tous les médias du Canada. Un journaliste du Toronto Globe a même fait le lien entre leur performance olympique et la « galanterie des troupes canadiennes en sol belge à la défense de Ypres durant la Grande Guerre ». Lorsque la victoire a été annoncée à la Chambre des Communes, le Toronto Globe rapporte que toute la Chambre s’est lancée dans une vague « d’applaudissements enthousiastes ».

Lors de leur retour au bercail à Winnipeg en mai 1920, les Falcons ont été traités en héros. Il y a eu une parade de près de deux kilomètres de plus de 200 voitures, camions et chars tirés par des chevaux, et la ville a annoncé un demi-jour férié afin de célébrer le retour des champions.  Le 22 mai 1920, un banquet civique rempli a été tenu en leur honneur à l’hôtel Fort Garry, où la ville a offert aux membres de l’équipe des montres en or. Les habitants de Winnipeg d’origine islandaise étaient particulièrement fiers des accomplissements de l’équipe, et les Falcons ont dit  à leurs fans que ce dont ils étaient le plus fiers après la médaille d’or était l’accueil que leur avaient réservé les Winnipégois.

Un journal local a aussi rapporté que l'ascension rapide des Falcons à la maison comme sur la scène internationale a causé un retournement complet de la part des fiduciaires haut placés du monde du hockey, qui se sont excusés de leur discrimination initiale envers l’équipe, reconnaissant auprès de la Manitoba Free Press que cette « merveilleuse équipe avait projeté Winnipeg au sommet des villes canadiennes et avait aidé à faire connaître le Canada auprès des autres nations ». Après l’année de rêve qu’avait été pour eux l’année 1920, les membres des Falcons étaient très en demande auprès des équipes professionnelles à travers le pays. Cependant, au fil du temps, la victoire et les récits se sont tranquillement fanés de la mémoire collective alors que les joueurs ont passé à autre chose et sont éventuellement décédés.

En 2006, les Falcons de Winnipeg ont été intronisés dans le Temple de la renommée olympique du Canada. Les visiteurs du Temple de la renommée du hockey peuvent voir le chandail olympique de Konnie Johannesson, sa médaille d’or et une de ses paires de patins, tous donnés par sa famille, dans le cadre d’une section spéciale sur les Falcons.

DISTRIBUTION
  • Hebbie Axford – Jared Keeso
  • Wally Byron – Jesse Collin
  • Frank 'Buster' Thorsteinson – Ryan Irving
  • George Cumbers – Dustin MacDougall
  • Konnie Johannesson – Craig McCue
  • Frank Frederickson – Jonathan Purvis
  • Narration – Pierre Houde

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Maurice "Rocket" Richard

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Maurice "Rocket" Richard

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Le 28 décembre 1944, Maurice Richard, jeune homme âgé de 23 ans, connut de grands transports. Après avoir déménagé toute la journée - piano compris -, il se présenta au Forum pour affronter les Red Wings de Détroit. Il établit un record dans la LNH ce soir-là : cinq buts et trois passes qui donnèrent aux Canadiens de Montréal une victoire de 9 contre 1. Au septième match de la finale de la coupe Stanley contre Boston en 1952, la vue gênée par le sang d'une blessure encore fraîche, le Rocket compta le but de la victoire. La foule l'ovationna pendant quatre minutes, du jamais vu dans l'histoire du Forum.

Maurice Richard avait l'étoffe d'un héros. Le Rocket, le joueur le plus explosif de sa génération, le héros national des Québécois, électrisa les foules pendant 18 ans. Farouchement compétitif et véritable dieu de la glace, Maurice Richard avait le génie du hockey. Au cours de la saison 1944-1945, il marqua 50 buts en autant de matchs, l'exploit le plus célébré pendant de nombreuses années. Il fut premier compteur de la LNH à cinq reprises et remporta le trophée Hart en 1947. Par-dessus tout, Maurice Richard excellait dans les situations critiques. Il marqua 18 buts gagnants dans les éliminatoires, un record encore inégalé aujourd'hui.

La passion du Rocket, conjuguée à son tempérament soupe au lait, tournait parfois au conflit et alla jusqu'à causer une émeute. En mars 1955, au plus fort d'une bataille, Maurice Richard frappa un juge de ligne. Lorsque Clarence Campbell, président de la Ligue, le suspendit pour le reste de la saison, les partisans furent outragés.

Le soir suivant, Campbell osa se montrer au match et les partisans ne purent se contenir. Ils se ruèrent sur lui, et la violence se répandit jusque dans les rues. Ce fut la pire émeute de l'histoire du sport au Canada.

La carrière de Maurice Richard prit fin en 1960, après une grave blessure au tendon d'Achille. Au cours de sa carrière, malgré des absences répétées attribuables aux blessures, il a compté 544 buts en saison régulière et 82 dans les éliminatoires de la coupe Stanley. Nommé athlète masculin de l'année à deux reprises, Maurice Richard demeure l'" homme du siècle " pour de nombreux Québécois.

class="pull-left cast-list">DISTRIBUTION
  • Rocket – Roy Dupuis
  • Lucille – Fanny Otis

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Le Bluenose

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Le Bluenose

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Les couloirs du Halifax Herald retentissaient d'éclats de rire. Le sénateur William H. Dennis, éditeur du journal, feuilletait les pages sportives d'un journal de New York. " Le New York Yatch Club, lisait-on dans l'article, a reporté la course prévue pour aujourd'hui en raison de vents de vingt-trois milles à l'heure. " Ainsi, l'America Cup, la favorite des mordus de la voile, était retardée à cause de vents qui auraient à peine chatouillé les voiles d'une goélette de pêche. Un capitaine de Lunenburg bâillerait d'ennui à la perspective de prendre la mer par une brise si douce.

Cet entrefilet paru en 1919 donna au sénateur et à des hommes d'affaires d'Halifax l'idée de créer la " Halifax Herald North Atlantic Fisherman's International Competition ", course où s'affronteraient de véritables goélettes. Dans les décennies qui suivirent, les courses du Fisherman's Trophy électrisèrent les foules du monde entier et firent d'une embarcation de la Nouvelle-Écosse, le Bluenose, un symbole durable de l'esprit des Maritimes.

Les candidats au titre, des pêcheurs des Grands Bancs, partaient en mer pendant plusieurs semaines, jusqu'à deux mois parfois, pour pêcher la morue qu'ils entreposaient dans les cales remplies de sel. Lunenburg, en Nouvelle-Écosse, abritait une des meilleures flottes de bateaux de pêche en haute mer du monde et n'était pas peu fière des constructeurs de bateaux et des pêcheurs à l'origine de son riche patrimoine. En fait, bon nombre des capitaines de Gloucester étaient natifs de Terre-Neuve et de la Nouvelle-Écosse. Depuis des générations, les Américains et les Canadiens se livraient déjà bataille jusqu'aux bancs de poissons. La perspective d'officialiser ces courses réjouissait les deux villes.

Vers 1919, cependant, l'âge d'or des goélettes de mer tirait à sa fin. Pendant la Première Guerre mondiale, les sous-marins allemands avaient coulé le tiers des bateaux de bois de la Nouvelle-Écosse. La moitié des navires qui quittaient le port d'Halifax étaient à vapeur et, avec la chute du prix de la morue salée, tout laissait croire que les jours de la voile étaient comptés. Mais la tradition a la vie dure dans les Maritimes, et les Grands Bancs grouillaient toujours de poissons. Malgré le travail éreintant, le gel, la menace quotidienne de naufrage et de noyade et le salaire insuffisant (calculé comme une part de la prise), les garçons rêvaient encore de barrer une goélette à huit voiles et d'affronter une tempête après avoir rempli la cale de poissons. La Fisherman's Cup était la dernière occasion de montrer au monde la gloire des flottes de goélettes et le courage des marins.

Pour la première édition de la compétition, les courses pour la sélection du représentant canadien se déroulèrent au large d'Halifax, le 11 octobre 1920. Une foule enthousiaste regarda le Delawana, commandé par le capitaine Tommy Himmelman, disputer la victoire au Gilbert B. Walters, commandé par le capitaine Angus Walters. Dans la dernière course, le mât de hune du Gilbert B. Walters se brisa. C'est donc au Delawana, qui remporta la course avec une avance de cinq minutes, que revint l'honneur de représenter le Canada, mais à Halifax, on discutait plutôt des brillantes manoeuvres du capitaine Walters.

Une semaine plus tard, le Delawana affrontait l'Esperanto pour le titre. L'élégante goélette américaine, sous les commandes de Marty Welch, originaire de la Nouvelle-Écosse, remporta deux courses sur trois et rentra à Gloucester avec le trophée et les 4 000 $ CAN en poche.

Les Néo-Écossais, blessés dans leur fierté, ne tardèrent pas à mijoter leur revanche. Le sénateur Dennis et ses riches amis d'Halifax décidèrent de construire une goélette qui allait non seulement battre les Américains, mais devenir aussi le symbole de la suprématie navale néo-écossaise. Ils la baptiseraient Bluenose, surnom donné aux Néo-Écossais, et payeraient le prix qu'il fallait pour en faire " une reine des mers ".

Avant même de songer aux plans, ils avaient choisi le meilleur capitaine, à leur connaissance -Angus Walters de Lunenburg. Contrairement à la plupart des capitaines de goélettes, Walters était un petit homme nerveux, mais il avait un don pour sentir le vent et pousser les voiles à fond. C'était un dur de dur. Une engueulade du capitaine Walters pouvait faire ramper jusqu'au plus costaud des marins. Walters n'a donc pas fait de cadeau à ses associés. Comme il voulait avoir le dernier mot pour la construction et la gestion du Bluenose, il lui fallait en détenir la part la plus importante.

Ses associés se rangèrent à ses demandes. Le concepteur de yacht William Roué dessina les plans et la construction commença au chantier Smith & Rhuland de Lunenburg. Lancée le 26 mars 1921, la goélette bleue et noire était, de l'avis de tous ceux à bord, une véritable merveille. Pour l'oeil averti, le Bluenose présentait quelques caractéristiques distinctives, mais on ne sut jamais vraiment d'où lui venait sa rapidité. Certains l'expliquaient par la ligne de flottaison légèrement plus longue que celle de la plupart des goélettes. D'autres croyaient que le bois, durci par un gel particulièrement mordant, y était pour quelque chose. Mais qui sait si ce n'était pas plutôt un effet de magie entre l'embarcation et son capitaine !

Avant de s'inscrire à la course, le Bluenose devait faire ses preuves dans les Grands Bancs. Selon les règles de la compétition, tous les candidats devaient avoir complété une saison de pêche au moins. D'autre part, le Bluenose devait faire ses frais; après tout, c'était un bateau de pêche, pas un yacht de course. Aujourd'hui, avec la pêche à la morue de l'Atlantique menacé, il est difficile d'imaginer qu'on prenait chaque année plus de deux millions de tonnes de morue dans les Grands Bancs. Le Bluenose connut une bonne saison de pêche et, dans les années qui suivirent, eut maintes occasions de démontrer sa valeur : en 1923, il rapporta une prise record de 646 000 livres de poissons.

À la fin de la première saison, en octobre 1921, le Bluenose se mesura aux meilleures goélettes canadiennes dans le port d'Halifax. Le gagnant allait affronter le champion américain pour la deuxième édition du Fisherman's Trophy. Le Bluenose, aussi rapide que beau, remporta facilement les deux courses.

Pour le trophée, il affrontait l'Elsie, commandé par Marty Welch, le capitaine qui avait remporté la première compétition. Les deux voiliers filèrent par temps venteux sur le parcours de 40 milles. Le premier jour, l'Elsie perdit son mât de hune. Galamment, Angus Walters abaissa son spi, mais termina tout de même la course avec une avance de 13 minutes. Puis, dans la course décisive, la goélette traversa la ligne d'arrivée avec une avance de trois milles. La nouvelle se répandit dans tout le pays à la vitesse de l'éclair. Le Bluenose avait ramené le trophée au Canada ! On avait battu les États-Unis ! Du jour au lendemain, la goélette se transforma en symbole national.

L'année suivante, la goélette conserva le trophée contre le Henry Ford. Un quatrième défi, en 1923, fut gâché par une collision, suivie de protestations et de controverse. Angus Walters refusa de terminer la compétition et ramena le Bluenose à Lunenburg plutôt que de se soumettre au verdict des juges. Son adversaire, le capitaine Ben Pine du Columbia, n'accepta pas le trophée qu'on lui offrit : il n'avait pas vraiment vaincu le Bluenose.

Les années passèrent. La dernière course avait terni la compétition. De plus, la Crise de 1929 avait touché les Maritimes très durement. Les pêcheurs s'en tenaient à leur travail et s'efforçaient de joindre les deux bouts. Il restait peu d'énergie pour la course. Mais en 1930, Ben Pine débarqua à Lunenburg, une proposition en poche. La Thomas Lipton Tea Company voulait organiser une course entre le Bluenose et le Gertrude L. Thebaud, la nouvelle coqueluche américaine, et fournissait l'argent du prix. Walters bougonnait, mais se présenta à Gloucester pour la course. Le Bluenose était en mauvais état, ses voiles étaient vieilles et lâches. Il essuya sa première défaite. Les Américains pavoisaient, mais les Canadiens se consolaient de n'avoir tout de même pas perdu le trophée si cher à leurs yeux.

Une année plus tard, les deux goélettes se rencontraient de nouveau. Cette fois-ci, cependant, le trophée était en jeu. Le Bluenose se montra à la hauteur du défi, remportant facilement les deux courses. " On n'a pas encore planté l'arbre qui battra un jour le Bluenose ", se plaisait à dire Angus Walters.

En 1935, le Bluenose fit une traversée jusqu'en Angleterre pour représenter le Canada au vingt-cinquième anniversaire du règne de George V. Le roi fut impressionné par la beauté de la goélette canadienne. Sur le chemin du retour toutefois, le Bluenose rencontra la pire tempête de son existence. Il se coucha sur le côté pendant cinq bonnes minutes, puis se redressa d'une forte secousse. Walters nie avoir jamais douté de sa goélette. Le Bluenose, déjà légendaire, pouvait ajouter la résurrection à la liste de ses exploits.

En 1937, le Bluenose fut reproduit sur la pièce de dix cents canadien et s'y trouve encore aujourd'hui. Sa dernière heure de gloire sonna en 1938. Il se mesurait au Gertrude L. Thebaud dans une compétition de cinq courses, mais pour le trophée cette fois-ci. Après quatre courses serrées, c'était 2 à 2. Le Bluenose avait subi des dommages, et paraissait maintenant son âge. Rendu au dernier jalon de la course décisive, Angus Walters implora sa vieille compagne : " Une dernière fois, ma vieille, ensuite tu te reposeras ! " Le Bluenose exauça sa prière, et remporta la dernière course du Fisherman's Trophy avec une avance de trois minutes. Sa vitesse moyenne au cours de la course, 14,15 noeuds, la plus rapide jamais enregistrée sur parcours balisé par une goélette dans l'histoire de la voile !

Le Bluenose a terminé sa vie sur une note triste. Les vaisseaux motorisés, les coques d'acier et la fin de la pêche à la goélette l'ont transformé en relique. Angus Walters tenta de faire déclarer la goélette trésor national et s'endetta pour la garder, mais, au bout du compte, il fut obligé de la vendre. Durant la Deuxième Guerre mondiale, elle transportait des marchandises dans les Caraïbes. Puis, le 28 janvier 1946, on apprenait en Nouvelle-Écosse que le Bluenose avait frappé un récif au large d'Haïti. Angus Walters voulait s'y rendre pour diriger les opérations de sauvetage, mais les nouvelles n'étaient pas claires. Paralysé par les renseignements contradictoires, il ne put empêcher la perte du Bluenose. Personne n'a encore trouvé un seul éclat de l'épave.

L'histoire du Bluenose comporte toutefois un épilogue. Au début des années 1960, la brasserie d'Halifax qui embouteille la " Schooner Beer " avança l'argent pour reproduire le Bluenose à titre d'attraction touristique et de symbole provincial. Le chantier naval Smith & Rhuland, pour une deuxième fois, moula la quille et, en juillet 1963, on lançait le Bluenose II. Angus Walters était à bord pour son voyage inaugural dans les Antilles. Quatre-vingts années bien sonnées, il prit la barre. Silencieusement, il sentit le Bluenose fendre l'eau et écouta le vent dans les voiles, y cherchant peut-être l'écho du passé. Finalement, il rassura le groupe impatient d'entendre son verdict : c'était une excellente goélette. Le capitaine Angus Walters mourut en 1968, mais le Bluenose II est toujours à flot, dans le port de Lunenburg, en Nouvelle-Écosse. Il rappelle au monde les heures de gloire de la plus célèbre goélette du Canada.

DISTRIBUTION
  • Capitaine Angus Walters – Wayne Robson
  • Frank Willis – Christopher Marren
  • Marin no1 – James Doherty
  • Marin no2 – John Connolly
  • Marin no3 – Andrew Zohren
  • Marin no4 – Richard Carmichael
  • Journaliste – Kimberly Carroll
  • Distribution additionnelle – Chris Benson
  • Distribution additionnelle – Jack Duffy
  • Distribution additionnelle – Kay Hawtrey

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Maple Leaf Gardens

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Maple Leaf Gardens

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Au coin des rues Carleton et Church se trouve un des trésors nationaux du Canada, le Maple Leaf Gardens. Pendant près de 68 ans, divers événements se sont tenus au Gardens, comme on l'appelait, qui servait en plus de domicile à l'une des six équipes de hockey originales, les Maple Leafs de Toronto. C'est également dans ce lieu mythique que les tous les partisans canadiens connurent certains de leurs plus grands moments.

Ce fut la vision de Conn Smythe, le directeur des Maple Leafs, qui donna vie au Gardens. M. Smythe était très satisfait de la popularité croissante du hockey professionnel, mais inquiet des limites physiques de l'aréna de l'équipe, alors sur Mutual Street, et du coût croissant des salaires des joueurs. Un plus grand établissement permettrait d'accueillir davantage de partisans. Cependant, comme monsieur Smythe ne pouvait financer le projet, il dut contracter des prêts et vendre des actions du Gardens. Il fut toutefois en mesure d'acheter le terrain de la compagnie Eaton et la première pelletée de terre fut creusée le 1er mai 1931.

Le Gardens ouvrit ses portes le 12 novembre 1931 et fut inauguré par une partie entre les Maple Leafs de Toronto et les Blackhawks de Chicago. Les meilleurs billets se vendaient 2,75 $. Même si les Maple Leafs perdirent la partie d'inauguration du Gardens, ils y gagnèrent par la suite 11 Coupes Stanley et leurs exploits furent commentés partout au pays par Foster Hewitt, du haut de sa tribune.

Mais la vocation du Gardens ne se limitait pas qu'au hockey. Winston Churchill y prononça un discours le 3 mars 1932 et les premiers ministres William Lyon Mackenzie King et Pierre Trudeau y tirent tous deux de grands rassemblements politiques. Les artistes Duke Ellington, Frank Sinatra et Bob Hope s'y produirent devant un public enthousiaste. Aux débuts du rock 'n roll, dans les années 1950 et 1960, le Gardens accueillit Elvis et les Beatles.

D'autres sports tinrent également l'affiche au Gardens. Le promoteur Frank Tunney y tint des combats de lutte et des lutteurs comme « Whipper » Billy Watson connurent la gloire dans le ring du Gardens. Le 19 février 1936, la plus grande foule pour l'époque, de l'histoire de la boxe, assista au tournoi d'élimination Jack Dempsey auquel participait Red Munroe. Le combat de boxe sans doute le plus réputé s'y tint le 29 mars 1966 entre Muhammed Ali et George Chuvalo, l'adversaire le plus coriace auquel Ali a dû se mesurer.

Le Gardens a continué d'accueillir des événements nationaux et deux équipes professionnelles durant les années 1990, les Maple Leafs et l'équipe de lacrosse Toronto Rock. Mais, l'édifice commence à présenter des signes de vieillissement. Même si le Gardens était à l'avant-garde dans les années 1930, la nouvelle ligue de hockey professionnel et les nouvelles technologies le rendent désuet à partir des années 1990. Il faut construire un nouvel aréna : le Centre Air Canada.

Ironiquement, les Leafs perdirent leur dernière partie au Gardens, le 13 février 1999, contre les Blackhawks de Chicago, comme le jour de l'inauguration, mais la partie attira une assistance record. Certains partisans souhaitaient conserver le Gardens comme site patrimonial, mais leur tentative échoua. Récemment, l'immeuble a été acheté par Loblaws et les projets du géant de l'alimentation ne prévoient aucune patinoire. Cependant, ce lieu restera toujours gravé dans la mémoire des Canadiens.

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Basket-ball

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De nos jours, on s'attend à l'impossible des géants puissants et agiles qui règnent sur les terrains de basket-ball, jeu couramment appelé ballon-panier. Nul doute que les exploits phénoménaux de Michael Jordan et de Magic Johnson auraient ébahi James Naismith, ce Canadien modeste qui inventa le jeu il y a 100 ans lorsqu'il accrocha un panier à fruits au mur d'un gymnase.

Un nouveau timbre-poste, qui a été émis le 25 octobre 1991, souligne le centenaire de l'invention du basket-ball. En outre, une Minute Historica montre les tentatives maladroites des élèves de Naismith lorsqu'ils s'initièrent au basket-ball, sans trop d'enthousiasme d'ailleurs.

Quand Naismith mit au point le jeu, il réalisa quelque chose d'unique, car très peu de sports ont réellement été inventés ; le jeu de crosse des Autochtones est à l'origine du hockey, le rounders britannique a donné le base-ball et le rugby est l'ancêtre du football. Comment et pourquoi a-t-il créé ce jeu totalement nouveau?

Les raisons qui poussent James Naismith à inventer le basket-ball découlent à la fois de ses principes religieux et de la difficile tâche qu'on lui confie. Né à Almonte, au Canada-Ouest (devenu l'Ontario), Naismith étudie à l'Université McGill et au Collège presbytérien de théologie. En 1891, il enseigne la psychologie, l'étude de la Bible et la culture physique à l'école de formation de l'International Young Men's Christian Association (YMCA) à Springfield au Massachusetts. Fervent partisan du vieil adage "un esprit sain dans un corps sain," Naismith ne voit aucune contradiction entre ses croyances religieuses et son amour du sport. Toutefois, la classe de culture physique la plus incorrigible, la plus démotivée et la plus rebelle qui fût met ses convictions à rude épreuve. Au début de l'hiver, lorsque les intempéries empêchent la pratique de sports à l'extérieur, on lui demande de créer une activité susceptible de secouer l'indolence des élèves.

Après avoir tenté en vain d'adapter le soccer, le football américain et le jeu de crosse aux dimensions du gymnase, James Naismith décide d'analyser les qualités qu'il attend d'un sport en salle. Il lui faut un ballon suffisamment gros que l'on puisse lancer et attraper facilement. Voulant éviter le plaquage sur le sol dur, il décrète qu'on ne peut courir avec le ballon. La position surélevée des buts constitue une difficulté supplémentaire favorisant l'adresse plutôt que la force brute. Ne laissant rien au hasard, il étudie minutieusement chacun des éléments de cette nouvelle activité sportive.

Le 21 décembre 1891, James Naismith placarde les 13 règles du jeu sur le tableau d'affichage et cloue deux paniers à fruits sur les balcons du gymnase. Le premier match se termine 1 à 0, marque bien différente de celles des matchs de la NBA. Au fur et à mesure que les classes se mettent à la pratiquer, le jeu gagne en popularité, sauf auprès du concierge qui doit grimper à une échelle pour récupérer le ballon après chaque but. Bientôt, d'autres écoles et collèges se mettent à jouer. Mais comment allait-on appeler ce jeu ? Avec la modestie qui le caractérise, l'inventeur décline le nom "Naismith Ball" et préfère l'appeler simplement basket-ball.

Naismith a atteint son objectif : créer un sport pour tous où l'adresse l'emporte sur la force, la rapidité sur la puissance. De nos jours, partout dans le monde, hommes, femmes et enfants pratiquent le basket-ball. Qu'on y joue en fauteuil roulant ou en portant des chaussures de sport dernier cri, le jeu qu'a inventé James Naismith est un sport des plus appréciés.

DISTRIBUTION
  • James Naismith – Brian McKay
  • Concierge – Larry Reynolds
  • Distribution additionnelle – Kirk Austensen
  • Distribution additionnelle – Ted Dykstra
  • Distribution additionnelle – John Paul Graham
  • Distribution additionnelle – Jeff Knight
  • Distribution additionnelle – Andrew Simms
  • Distribution additionnelle – Scott Spidell
  • Distribution additionnelle – Steve Yorke

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L'équipe de Paris

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L'équipe de Paris

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En 1867, quelques semaines après la Confédération, un gardien de phare et trois pêcheurs de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, prirent le monde sportif d'assaut. C'était à l'Exposition internationale de Paris, à l'occasion du Championnat amateur mondial de l'aviron.

La presse européenne, qui favorisait les concurrents traditionnels de France et d'Angleterre, accueillit les " provinciaux " avec indifférence, sinon mépris. Taxés de " pittoresques " et de " curieux personnages ", les Canadiens partaient perdants. Affublés de maillots couleur chair, de pantalons sombres, de bretelles de cuir et de bonnets roses, ils contrastaient violemment avec leurs rivaux bien nippés de la haute. L'embarcation des Néo-Brunswickois, décrite dans la presse anglaise comme un " curieux outrigger démodé ", faisait au moins cinquante kilos de plus que les embarcations européennes aérodynamiques. Même les techniques des Canadiens constituaient une entorse à la tradition. Et, pour comble, cette équipe sans barreur pour crier les instructions et diriger le bateau préférait utiliser un gouvernail commandé par les pieds !

Or, imaginez l'étonnement de la foule lorsqu'elle vit les quatre rameurs de Saint-Jean remporter la première course le plus facilement du monde. Un membre de l'équipage se permit même de lâcher les avirons pour saluer pendant que l'embarcation traversait la ligne d'arrivée. On examina donc ces nouveaux venus avec plus d'intérêt au deuxième événement, mais là encore, nos Canadiens bouleversèrent les attentes en distançant leurs fameux concurrents par trois pleines longueurs. L'équipe de Paris, nom qu'on leur donna à partir de ce jour, se révéla la championne mondiale incontestée.

Robert Fulton, George Price, Samuel Hutton et Elijah Ross furent accueillis en héros par un jeune Canada. À Saint-Jean, 7 000 personnes vinrent les acclamer en chariots et en embarcations de toutes sortes pendant que l'orchestre jouait Hail the Conquering Heroes Come.

Au cours des deux années suivantes, l'équipe de Paris domina les pages sportives, et des milliers d'admirateurs canadiens se déplaçaient pour les voir défaire les équipes américaines. Le 15 septembre 1870, les rameurs affrontaient une équipe anglaise primée de Newcastle-Upon-Tyne. Les Canadiens perdirent la course, car l'eau agitée passait par-dessus les bords peu élevés de leur embarcation. Opposée de nouveau aux mêmes rameurs anglais le 23 août 1871, l'équipe de Paris remporta la course, mais sa victoire fut ternie par le décès d'un des rameurs anglais pendant la course.

Après ce triste événement, le sport perdit de sa popularité, et l'équipe de Paris ne participa plus aux compétitions internationales. Cependant, son triomphe parisien et les quelques années qu'elle passa sous les projecteurs attira l'attention du monde et donna aux citoyens du jeune Canada un sentiment de fierté et d'identité nouvelles. Comme le souligna à l'époque le Toronto Globe, les victoires de l'équipe de Paris révélèrent « à l'ensemble de notre peuple que nos braves amis des Maritimes sont désormais nos concitoyens à part entière. »

DISTRIBUTION
  • Fulton – Dean McDermott
  • Price – Kevin Jubinville
  • Ross – Simon Reynolds
  • Hutton – Hugh Thompson
  • Rogers – Neil Dainard
  • Young – Gordon Michael Woolvett
  • Leger – Robert Godin
  • Plummy – Adrian Hough
  • Percy – Steve Cumyn
  • Claire – Torri Higginson
  • Garde – Christian Laurin
  • Gentilhomme – Rodger Barton
  • Journaliste – Jim Bearden
  • Homme d'Indiantown – Jeff Clarke
  • Randall – Christopher Marren
  • Bert – David Harvey
  • Jeune femme – Fiona Loewi
  • Bookmaker – Michael Copeman
  • Distribution additionnelle – Trudy Anne Artman
  • Distribution additionnelle – Rob Greenway
  • Distribution additionnelle – Deborah Jarvis
  • Distribution additionnelle – François Klanfer
  • Distribution additionnelle – Sam Malkin
  • Distribution additionnelle – Paul Saunders

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