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Viola Desmond

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Viola Desmond

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Le soir du 8 novembre 1946, la femme d’affaire de Halifax Viola Irene Desmond (née Davis), fait un arrêt impromptu dans la petite communauté de New Glasgow après que sa voiture soit tombée en panne en route vers une réunion d’affaires à Sydney, en Nouvelle-Écosse. Ayant été avertie qu’elle devrait attendre quelques heures avant de récupérer sa voiture, elle décide d’aller voir le film La double énigme, mettant en vedette Olivia de Havilland, au Roseland Theatre. Desmond demande un billet pour le parterre (« parterre s’il vous plaît »). Sans en informer Desmond, le caissier lui remet un billet pour le balcon, la section réservée normalement aux clients n’étant pas blancs.

Après avoir été interpelée par le vérificateur des billets lui disant que le sien n’est valide que pour le deuxième étage, Desmond retourne voir le caissier et demande que son billet soit échangé pour un billet au parterre. Le caissier refuse, affirmant « Je suis désolé, mais je n’ai pas le droit de vendre des billets pour le parterre aux gens comme vous ». Réalisant que le caissier fait référence à la couleur de sa peau, Desmond décide de s’asseoir au parterre tout de même.

Henry MacNeil, gérant du Roseland Theatre, confronte Desmond. Il affirme que le cinéma a le droit de « refuser l’entrée à toute personne indésirable ». Desmond fait remarquer qu’elle a été admise, et qu’elle a essayé d’échanger son billet pour un billet du parterre. Elle a même offert de payer la différence, mais on le lui a refusé.  « Lorsqu’elle a refusé de quitter son siège, un policier a été appelé. Il a traîné Desmond hors du cinéma, la blessant à la hanche et au genou en chemin, et l’a amenée dans le cachot de la ville. Sous le choc et effrayée, elle est restée calme, se tenant assise et droite toute la nuit dans sa cellule, attendant son procès du lendemain. »

Dans la salle du procès, le magistrat Roderick MacKay, seul représentant légal officiel présent, accuse Desmond de tentative de fraude envers le gouvernement provincial en se basant sur son supposé refus à payer la taxe d’amusement d’un sou (la différence de taxe entre le prix du billet du parterre et celui du balcon). Malgré son insistance sur le fait que l’on ait refusé qu’elle paie la différence, il lui impose une amende de 26 $. À aucun moment Desmond reçoit-elle de l’aide juridique ou est-elle informée qu’elle y a droit. Plus particulièrement, à aucun moment la question de la race est-elle soulevée, alors qu’il est clair que le vrai « crime » commis par Desmond est d’avoir enfreint la règle de ségrégation raciale implicite du Roseland Theatre.

Suivant les conseils de Mme Pearleen Oliver, une cliente régulière du salon de beauté de Desmond et la femme du révérend William Pearly Oliver, Viola cherche le soutien de l’Association pour l’avancement des personnes de couleur de la Nouvelle-Écosse (NSAACP). Même avec la certitude du soutien de la NSAACP si elle décide de contester sa condamnation, le mari de Desmond, Jack, un homme d’affaire important de la communauté noire de Halifax, s’oppose à ce qu’elle aille en appel. Sa suggestion est: « Parles-en au bon Dieu en prière ».

D’autres personnes de la communauté sont plus encourageantes. Carrie Best, fondatrice du journal The Clarion et ardent défenseur de l’égalité raciale, s’intéresse personnellement à ce cas. Son journal suit de près l’histoire de Desmond, lui cédant souvent la couverture et attirant l’attention sur l’injustice de sa condamnation. La Minute du patrimoine à propos de Viola Desmond se termine avec Best qui demande à Desmond si elle planifie aller en appel. Avec une détermination courageuse, Viola Desmond affirme que oui.

Par la suite, l’avocat de Desmond effectue sans succès deux demandes d’appel auprès de la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse, avant de cesser toutes autres procédures judiciaires pour ce cas. À aucun moment durant les procédures impliquant la Cour suprême, la question de la discrimination raciale est-elle abordée par la défense. Au moment de rejeter le cas, le juge William Lorimer Hall affirme: « On peut se demander si le directeur du théâtre qui a déposé la plainte était si zélé à cause d'une réelle croyance qu'il y avait eu une tentative de frauder la province de la Nouvelle-Écosse de la somme d’un sou, ou s’il s’agissait plutôt d’un effort pour appliquer clandestinement une des lois Jim Crow par une utilisation abusive d'un état publique. »

Le 15 avril 2010, Viola Desmond reçoit un pardon posthume de la part de la llieutenant-gouverneure de la Nouvelle-Écosse Mayann Francis. Le pardon, accompagné d’une déclaration publique et d’excuses de la province, reconnaît que la condamnation de Desmond était une erreur judiciaire et que les accusations n’auraient jamais dû être portées.

Distribution

Viola Desmond    Kandyse McClure
Carrie Best   Melannee Murray
Vendeuse de billets    Stacie Harrison
Henry MacNeil, gérant   Kevin Rothery
Révérend Oliver   Dwight Lane
Jack Desmond   Kudjo Fiakpui
Policier   Jodi Stecyk

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Les infirmières canadiennes

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Les infirmières canadiennes

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L’histoire du Canada en temps de guerre est remplie de récits de bravoure, et les infirmières canadiennes qui ont servi au sein de l’armée durant la Rébellion du Nord-Ouest, la guerre des Bœrs, les Première et Deuxième Guerres mondiales et la guerre de Corée étaient sans aucun doute parmi les plus courageuses. Pendant qu’elles pratiquaient leurs fonctions, des douzaines sont mortes à cause d’attaques de l’ennemi et de maladies.

Durant la Première Guerre mondiale (1914–1918), les infirmières canadiennes sont en service au Canada, en Angleterre, en France, en Belgique, en Russie et autour de la Méditerranée. Surnommées les « geais bleus » par des soldats heureux d’apercevoir leurs robes bleues et leurs voiles blancs, elles reçoivent plusieurs distinctions et se forgent une excellente réputation grâce à leur courage et leur compassion. Cinquante-trois infirmières décèdent en fonction, soit à la suite d’une attaque de l’ennemi ou à la suite d’une maladie contractée d’un patient.

Les infirmières canadiennes sont entraînées au sujet des lois militaires, de la lecture de cartes et de la sécurité, reçoivent des instructions en cas d’attaque au gaz, d’évacuation de victimes et sont formées pour les manœuvres militaires de grande envergure durant les Guerres mondiales. En guise d’hôpitaux, elles travaillent dans des conditions allant de tentes en toile avec des plancher de bois jusqu’à des bâtiments convertis.

Cette Minute du patrimoine raconte l’histoire d’Eden Pringle et Eleanor Thompson, deux des près de 3000 infirmières canadiennes ayant servi durant la Première Guerre mondiale. Pringle et Thompson sont en fonction à l’Hôpital stationnaire canadien numéro 3 (No. 3 CSH) à Doullens (près d’Amiens, en France), lorsque celui-ci est attaqué le 30 mai 1918 à 00 h 15. Un avion allemand laisse d’abord tomber une fusée afin d’illuminer sa cible, suivi de plusieurs bombes. L’une d’elles touche le bâtiment principal, juste au-dessus des appartements du sergent, au troisième étage. La structure centrale s’effondre et prend en feu, incinérant la salle des officiers au deuxième étage et le bloc opératoire, où Pringle est en service. Pringle, 24 ans, était une diplômée de l’Hôpital général de Vancouver, et s’était enrôlée le 12 mai 1917. Elle avait d’abord été assignée à l’Hôpital de la Croix-Rouge canadienne à Buxton, en Angleterre, en juin 1917, puis à Doullens en juillet de la même année. Le bloc opératoire est anéanti par ce bombardement, et on raconte que les gens travaillant dans le bloc ne sont ensuite « pas reconnaissables ». Pringle est la plus jeune infirmière canadienne à mourir durant la Première Guerre mondiale.

Eleanor Jean Thompson, 30 ans, de Valleyfield, Québec, est l’une des infirmières présentes dans la salle de réanimation attenante au bloc opératoire. Elle s’était enrôlée à Montréal le 1er février 1916 et était arrivée au No. 3 CSH a peine trois semaines avant le bombardement. Durant l’attaque, elle est renversée par une lourde poutre et frappée aux jambes, mais elle réussit éventuellement à se retirer des débris. Avec l’aide d’une autre infirmière, Meta Hodge, Thompson éteint des feux allumés par des radiateurs au mazout renversés et organise l’évacuation de patients dans la pièce, certains devant glisser sur la pile de débris, l’escalier ayant disparu. Thompson et Hodge restent dans l’aile jusqu’à ce que tous les patients aient été évacués.

Au total, 32 patients et membres du personnel sont tués, et 17 sont blessés.

Bien que Thompson n’ait pas de blessures visibles, elle se met à souffrir de migraines chroniques sévères et d’insomnie presque immédiatement. Elle demeure en service actif pendant plusieurs mois avant d’être finalement admise à l’hôpital en mars 1919, où elle est diagnostiquée d’un « handicap nerveux », nommé aujourd’hui « trouble de stress post-traumatique ». Suite à une recommandation du conseil médical de l’armée affirmant qu’elle devrait obtenir son congé de l’armée pour retourner à la vie civile en raison de sa condition fragile, Eleanor retourne au Canada en 1919. Elle meurt à Sainte-Anne-de-Bellevue, au Québec, en 1964, à l’âge de 75 ans.

Les responsables militaires canadiens, impressionnés par les actions courageuses des infirmières canadiennes face aux tirs ennemis, soumettent des recommandations pour décerner aux infirmières canadiennes la Croix militaire, un honneur normalement réservé aux officiers subalternes. L’idée est que les accomplissements des infirmières canadiennes sont égaux à ceux de leurs collègues masculins et le Canada insiste pour qu’elles soient reconnues en conséquence. Cependant, les autorités britanniques n’approuvent pas. Elles estiment qu’étant donné leur grade sur le champ de bataille, les infirmières canadiennes ne devraient être éligibles que pour la Médaille militaire, l’équivalent de la Croix rouge royale, décernée à une infirmière pour son service au sein de sa profession. Dans un refus obstiné d’évoluer au-delà des normes reliées au genre déjà établies, et ce malgré la présence grandissante des femmes aussi près du front, la décision des autorités britannique prévaut.

En 1919, Eleanor Thompson est l’une des huit infirmières canadiennes à recevoir la Médaille militaire pour sa « bravoure et son dévouement au cours d'un raid aérien de l'ennemi ». Bien qu’il ne s’agisse pas de l’honneur que les responsables canadiens auraient souhaité, ils s’agit tout de même d’un honneur exceptionnel qui souligne le rôle changeant des femmes sur le champ de bataille.

DISTRIBUTION
  • Eden Lyal Pringle – Siobhan Williams
  • Eleanor Jean Thompson – Myla Southward
  • Narration – Maxim Roy

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Le chemin de la bravoure

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La Première Guerre mondiale a déjà été connue sous le nom de Grande Guerre en raison de ses répercussions à l'échelle internationale, de la mobilisation massive de troupes, de munitions et de matériel qu'elle a exigés, et de son prix terrible en vies humaines. Selon certains, le jeune pays qu'était alors le Canada a atteint sa maturité au cours de ce conflit mondial. Des Canadiens ont connu la gloire au sein du Corps royal d'aviation : Billy Bishop et Raymond Collishaw ont survécu assez longtemps pour devenir des as de l'aviation, et Roy Brown a acquis la célébrité en abattant le Baron rouge. C'est aussi au cours de cette horrible guerre des tranchées que nombre de Canadiens ont fait preuve d'endurance et de courage.

Des Canadiens se sont battus et sont morts lors d'affrontements à Ypres, au mont Sorrel, à Beaumont Hamel, à Courcelette, sur le Crête de Vimy, à Passchendaele et à Amiens. Soixante-neuf soldats canadiens ont reçu la Croix de Victoria pendant la Première Guerre mondiale. Trois d'entre eux demeuraient rue Pine, à Winnipeg. Plus tard, en leur honneur, cette rue a été rebaptisée Valour Road, c'est-à-dire " chemin de la bravoure ".

Le caporal Leo Clarke a obtenu sa Croix de Victoria pour sa bravoure dans les tranchées au cours de la bataille de la Somme. Clarke se retrouva seul face à 20 soldats ennemis. Au lieu de se rendre, il riposta en vidant son révolver deux fois, puis en se servant d'un fusil allemand qu'il avait ramassé par terre. Au cours de la bataille qui s'ensuivit, un officier allemand plongea sa baïonnette dans le genou de Clarke avant que celui-ci puisse tirer sur son adversaire. Blessé et ensanglanté, Clarke continua de se battre et poursuivit les soldats ennemis en fuite : il en tua quatre et en fit un prisonnier. En dépit de l'ordre de se rendre à l'hôpital, il retourna au champ de bataille le lendemain. Leo Clarke mourut au combat un mois plus tard.

La Croix de Victoria a été décernée au sergent-major Frederick William Hall pour avoir donné sa vie pour un camarade pendant la bataille d'Ypres. Sa compagnie immobilisée dans les tranchées sous le feu ennemi intense, Hall sortit deux fois à la faveur de la nuit pour ramener des soldats blessés. Le 21 février 1915 au matin, on entendait depuis les tranchées les gémissements d'un soldat blessé sur le champ de bataille. Hall et deux autres se portèrent volontaires pour aller le chercher, mais dès qu'ils émergèrent de la tranchée, ils furent la cible d'un feu nourri. Les deux autres hommes furent blessés ; tous durent reculer. Quelques minutes plus tard, Hall sortit seul en plein jour pour affronter les fusils ennemis. Sous une pluie de balles, il rampa le long du terrain. Arrivé auprès du soldat atteint, Hall réussit à se glisser sous lui en se contorsionnant. Il commença à le déplacer sur son dos vers ses propres lignes. Toutefois, lorsque Hall leva la tête pour s'orienter, il reçut une balle qui le tua instantanément.

Durant la bataille de Passchendaele, le lieutenant Robert Shankland conduisit ses troupes vers une position avancée qu'elles maintinrent au cours d'une contre-attaque violente. Sachant qu'une description exacte de la position de sa compagnie était cruciale pour le plan d'attaque des Alliés, Shankland traversa seul le champ de bataille, livra les renseignements nécessaires au poste de commandement et s'en retourna par le même chemin. Après avoir rejoint ses troupes, Shankland continua de se battre jusqu'à la fin de l'engagement. La citation de sa Croix de Victoria fait l'éloge de son courage, de son empressement et de ses compétences, et souligne l'exemple qu'il a donné aux troupes qui étaient sous ses ordres. Des trois récipiendaires de la Croix de Victoria qui avaient habité Valour Road, seul Shankland a survécu à la guerre.

L'héroïsme d'hommes tel que Clarke, Hall et Shankland ne pourra jamais effacer la misère, l'horreur et les dommages qu'engendre la guerre. Les Canadiens ont rarement glorifié leur participation à des conflits. Ils ont plutôt tendance à considérer les états de service de nos soldats au cours de la Grande Guerre comme l'expression du devoir inévitable qu'ont accepté des hommes courageux face à une tragédie mondiale. Plus de 50 000 jeunes Canadiens sont morts pendant la Première Guerre mondiale. Celle-ci terminée, les survivants sont rentrés au pays, vieillis et affligés, nourrissant l'espoir qu'il n'y aurait jamais plus de guerre semblable.

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La crête de Vimy

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La crête de Vimy

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L’une des plus grandes batailles de l’histoire du Canada est sans doute celle de la crête de Vimy, qui débuta le 9 avril 1917. La bravoure et la vaillance des Canadiens menèrent à la victoire des Forces alliées. Cette bataille est considérée comme le point tournant de la Première Guerre mondiale.

La crête de Vimy était un bastion très difficile à percer. C’est là que la ligne fortifiée allemande d’Hindenburg croisait leurs principales tranchées menant vers le nord à partir de la côte 70, près d’Arras, en France. Les fortifications allemandes comportaient trois rangs de tranchées, du fil barbelé et de profonds tunnels. La pente naturelle de la colline offrait peu de protection aux troupes alliées. Les tentatives des Français pour prendre la ligne tout au long de l’année 1915 échouèrent, causant la mort de près de 150 000 soldats français. Lorsque l’armée britannique releva les Français en mars 1916, elle fut repoussée avant de pouvoir planifier une grande attaque. Le but principal de la bataille de la crête de Vimy était de percer les lignes allemandes, qualifiées d’impénétrables.

Pour la première fois au cours de la Première Guerre mondiale, les quatre divisions canadiennes combattirent sur le même terrain. Elles étaient dirigées par Sir Arthur William Currie, qui fut le premier commandant canadien du Corps d’armée canadien. Le commandant Currie tint à garder les divisions canadiennes ensemble, plutôt que de les combiner aux unités britanniques. C’était la première fois que les Canadiens combattaient ensemble, et ils remportèrent une superbe victoire en obligeant les Allemands à battre en retraite.

Tôt le matin du 9 avril 1917, 20 000 soldats attaquèrent dans une première vague de combats. Au cours de l’après-midi, les deux lignes de front furent prises par le Corps d’armée canadien. Le 12 avril, toute la crête était sous le contrôle des alliés. Lorsque la côte 145, le sommet le plus élevé de la crête, tomba, l’opération fut considérée comme un succès retentissant. La crête demeura entre les mains des alliés pour toute la durée de la guerre.

Cependant, le bilan de la bataille de la crête de Vimy fut très lourd : on y dénombra 10 602 soldats blessés, dont 3 598 morts au combat. Du côté allemand, on compta 20 000 soldats blessés ou tués. Au cours de cette seule campagne, quatre Canadiens obtinrent la Croix de Victoria et tout le contingent canadien fut honoré pour sa bravoure.

CAST
  • Arthur Currie – Richard Fitzpatrick
  • Général – Cedric Smith
  • Officier britannique – Randy Triggs

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Superman

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Superman a bondi des bandes dessinées aux feuilletons radiophoniques au cours des années 1940, puis au petit écran dès la décennie suivante. Au début de chaque épisode, un annonceur proclamait d'une voix haletante que le surhomme à la cape revenait défendre " la Vérité, la Justice et le Mode de vie américain ". Qui se serait douté que ce grand héros américain était une création canadienne ?

Le père de Superman, Joe Shuster, et son ami Jerry Siegel, ont conçu dès l'âge de 17 ans l'idée d'un " visiteur étrange venant d'une autre planète et doué de pouvoirs et d'aptitudes de loin supérieurs à ceux des mortels ". Né à Toronto, Joe Shuster vivait alors à Cleveland, bien que la majeure partie de sa parenté demeurait au Canada (y compris son cousin Frank, qui parviendra lui-même à la célébrité à titre de membre du duo de comiques canadiens Wayne and Shuster).

Selon le romancier Mordecai Richler, le Superman de Shuster est l'expression accomplie de la psyché canadienne. Le puissant " homme de fer " cache sa force, sa vitesse et ses pouvoirs extraordinaires sous I'apparence fade et effacée du faible Clark Kent. II s'agit d'un héros qui ne s'attribue pas le mérite de son héroïsme, un personnage fascinant vêtu d'une cape et de collants qui se contente de vivre sa vie de tous les jours en complet brun, derrière des lunettes d'écaille.

Richler suggère avec ironie que Superman, et son modeste alter ego, est l'archétype de la personnalité canadienne, promue " héros universel " et célébrée dans le monde entier à titre de championne des nobles causes.

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