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Les Grads d'Edmonton

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Les Grads d'Edmonton

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Elles allaient devenir l’équipe obtenant le plus de succès de toute l’histoire sportive du Canada avec un score total de 502 victoires et 20 défaites.

Les photos d’archives sont la courtoisie de l’Archives provinciales de l’Alberta.

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Kenojuak Ashevak

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Viola Desmond

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Viola Desmond

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Le soir du 8 novembre 1946, la femme d’affaire de Halifax Viola Irene Desmond (née Davis), fait un arrêt impromptu dans la petite communauté de New Glasgow après que sa voiture soit tombée en panne en route vers une réunion d’affaires à Sydney, en Nouvelle-Écosse. Ayant été avertie qu’elle devrait attendre quelques heures avant de récupérer sa voiture, elle décide d’aller voir le film La double énigme, mettant en vedette Olivia de Havilland, au Roseland Theatre. Desmond demande un billet pour le parterre (« parterre s’il vous plaît »). Sans en informer Desmond, le caissier lui remet un billet pour le balcon, la section réservée normalement aux clients n’étant pas blancs.

Après avoir été interpelée par le vérificateur des billets lui disant que le sien n’est valide que pour le deuxième étage, Desmond retourne voir le caissier et demande que son billet soit échangé pour un billet au parterre. Le caissier refuse, affirmant « Je suis désolé, mais je n’ai pas le droit de vendre des billets pour le parterre aux gens comme vous ». Réalisant que le caissier fait référence à la couleur de sa peau, Desmond décide de s’asseoir au parterre tout de même.

Henry MacNeil, gérant du Roseland Theatre, confronte Desmond. Il affirme que le cinéma a le droit de « refuser l’entrée à toute personne indésirable ». Desmond fait remarquer qu’elle a été admise, et qu’elle a essayé d’échanger son billet pour un billet du parterre. Elle a même offert de payer la différence, mais on le lui a refusé.  « Lorsqu’elle a refusé de quitter son siège, un policier a été appelé. Il a traîné Desmond hors du cinéma, la blessant à la hanche et au genou en chemin, et l’a amenée dans le cachot de la ville. Sous le choc et effrayée, elle est restée calme, se tenant assise et droite toute la nuit dans sa cellule, attendant son procès du lendemain. »

Dans la salle du procès, le magistrat Roderick MacKay, seul représentant légal officiel présent, accuse Desmond de tentative de fraude envers le gouvernement provincial en se basant sur son supposé refus à payer la taxe d’amusement d’un sou (la différence de taxe entre le prix du billet du parterre et celui du balcon). Malgré son insistance sur le fait que l’on ait refusé qu’elle paie la différence, il lui impose une amende de 26 $. À aucun moment Desmond reçoit-elle de l’aide juridique ou est-elle informée qu’elle y a droit. Plus particulièrement, à aucun moment la question de la race est-elle soulevée, alors qu’il est clair que le vrai « crime » commis par Desmond est d’avoir enfreint la règle de ségrégation raciale implicite du Roseland Theatre.

Suivant les conseils de Mme Pearleen Oliver, une cliente régulière du salon de beauté de Desmond et la femme du révérend William Pearly Oliver, Viola cherche le soutien de l’Association pour l’avancement des personnes de couleur de la Nouvelle-Écosse (NSAACP). Même avec la certitude du soutien de la NSAACP si elle décide de contester sa condamnation, le mari de Desmond, Jack, un homme d’affaire important de la communauté noire de Halifax, s’oppose à ce qu’elle aille en appel. Sa suggestion est: « Parles-en au bon Dieu en prière ».

D’autres personnes de la communauté sont plus encourageantes. Carrie Best, fondatrice du journal The Clarion et ardent défenseur de l’égalité raciale, s’intéresse personnellement à ce cas. Son journal suit de près l’histoire de Desmond, lui cédant souvent la couverture et attirant l’attention sur l’injustice de sa condamnation. La Minute du patrimoine à propos de Viola Desmond se termine avec Best qui demande à Desmond si elle planifie aller en appel. Avec une détermination courageuse, Viola Desmond affirme que oui.

Par la suite, l’avocat de Desmond effectue sans succès deux demandes d’appel auprès de la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse, avant de cesser toutes autres procédures judiciaires pour ce cas. À aucun moment durant les procédures impliquant la Cour suprême, la question de la discrimination raciale est-elle abordée par la défense. Au moment de rejeter le cas, le juge William Lorimer Hall affirme: « On peut se demander si le directeur du théâtre qui a déposé la plainte était si zélé à cause d'une réelle croyance qu'il y avait eu une tentative de frauder la province de la Nouvelle-Écosse de la somme d’un sou, ou s’il s’agissait plutôt d’un effort pour appliquer clandestinement une des lois Jim Crow par une utilisation abusive d'un état publique. »

Le 15 avril 2010, Viola Desmond reçoit un pardon posthume de la part de la llieutenant-gouverneure de la Nouvelle-Écosse Mayann Francis. Le pardon, accompagné d’une déclaration publique et d’excuses de la province, reconnaît que la condamnation de Desmond était une erreur judiciaire et que les accusations n’auraient jamais dû être portées.

DISTRIBUTION
  • Viola Desmond – Kandyse McClure
  • Carrie Best – Melannee Murray
  • Vendeuse de billets – Stacie Harrison
  • Henry MacNeil, gérant – Kevin Rothery
  • Révérend Oliver – Dwight Lane
  • Jack Desmond – Kudjo Fiakpui
  • Policier – Jodi Stecyk

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Les infirmières canadiennes

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Les infirmières canadiennes

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L’histoire du Canada en temps de guerre est remplie de récits de bravoure, et les infirmières canadiennes qui ont servi au sein de l’armée durant la Rébellion du Nord-Ouest, la guerre des Bœrs, les Première et Deuxième Guerres mondiales et la guerre de Corée étaient sans aucun doute parmi les plus courageuses. Pendant qu’elles pratiquaient leurs fonctions, des douzaines sont mortes à cause d’attaques de l’ennemi et de maladies.

Durant la Première Guerre mondiale (1914–1918), les infirmières canadiennes sont en service au Canada, en Angleterre, en France, en Belgique, en Russie et autour de la Méditerranée. Surnommées les « geais bleus » par des soldats heureux d’apercevoir leurs robes bleues et leurs voiles blancs, elles reçoivent plusieurs distinctions et se forgent une excellente réputation grâce à leur courage et leur compassion. Cinquante-trois infirmières décèdent en fonction, soit à la suite d’une attaque de l’ennemi ou à la suite d’une maladie contractée d’un patient.

Les infirmières canadiennes sont entraînées au sujet des lois militaires, de la lecture de cartes et de la sécurité, reçoivent des instructions en cas d’attaque au gaz, d’évacuation de victimes et sont formées pour les manœuvres militaires de grande envergure durant les Guerres mondiales. En guise d’hôpitaux, elles travaillent dans des conditions allant de tentes en toile avec des plancher de bois jusqu’à des bâtiments convertis.

Cette Minute du patrimoine raconte l’histoire d’Eden Pringle et Eleanor Thompson, deux des près de 3000 infirmières canadiennes ayant servi durant la Première Guerre mondiale. Pringle et Thompson sont en fonction à l’Hôpital stationnaire canadien numéro 3 (No. 3 CSH) à Doullens (près d’Amiens, en France), lorsque celui-ci est attaqué le 30 mai 1918 à 00 h 15. Un avion allemand laisse d’abord tomber une fusée afin d’illuminer sa cible, suivi de plusieurs bombes. L’une d’elles touche le bâtiment principal, juste au-dessus des appartements du sergent, au troisième étage. La structure centrale s’effondre et prend en feu, incinérant la salle des officiers au deuxième étage et le bloc opératoire, où Pringle est en service. Pringle, 24 ans, était une diplômée de l’Hôpital général de Vancouver, et s’était enrôlée le 12 mai 1917. Elle avait d’abord été assignée à l’Hôpital de la Croix-Rouge canadienne à Buxton, en Angleterre, en juin 1917, puis à Doullens en juillet de la même année. Le bloc opératoire est anéanti par ce bombardement, et on raconte que les gens travaillant dans le bloc ne sont ensuite « pas reconnaissables ». Pringle est la plus jeune infirmière canadienne à mourir durant la Première Guerre mondiale.

Eleanor Jean Thompson, 30 ans, de Valleyfield, Québec, est l’une des infirmières présentes dans la salle de réanimation attenante au bloc opératoire. Elle s’était enrôlée à Montréal le 1er février 1916 et était arrivée au No. 3 CSH a peine trois semaines avant le bombardement. Durant l’attaque, elle est renversée par une lourde poutre et frappée aux jambes, mais elle réussit éventuellement à se retirer des débris. Avec l’aide d’une autre infirmière, Meta Hodge, Thompson éteint des feux allumés par des radiateurs au mazout renversés et organise l’évacuation de patients dans la pièce, certains devant glisser sur la pile de débris, l’escalier ayant disparu. Thompson et Hodge restent dans l’aile jusqu’à ce que tous les patients aient été évacués.

Au total, 32 patients et membres du personnel sont tués, et 17 sont blessés.

Bien que Thompson n’ait pas de blessures visibles, elle se met à souffrir de migraines chroniques sévères et d’insomnie presque immédiatement. Elle demeure en service actif pendant plusieurs mois avant d’être finalement admise à l’hôpital en mars 1919, où elle est diagnostiquée d’un « handicap nerveux », nommé aujourd’hui « trouble de stress post-traumatique ». Suite à une recommandation du conseil médical de l’armée affirmant qu’elle devrait obtenir son congé de l’armée pour retourner à la vie civile en raison de sa condition fragile, Eleanor retourne au Canada en 1919. Elle meurt à Sainte-Anne-de-Bellevue, au Québec, en 1964, à l’âge de 75 ans.

Les responsables militaires canadiens, impressionnés par les actions courageuses des infirmières canadiennes face aux tirs ennemis, soumettent des recommandations pour décerner aux infirmières canadiennes la Croix militaire, un honneur normalement réservé aux officiers subalternes. L’idée est que les accomplissements des infirmières canadiennes sont égaux à ceux de leurs collègues masculins et le Canada insiste pour qu’elles soient reconnues en conséquence. Cependant, les autorités britanniques n’approuvent pas. Elles estiment qu’étant donné leur grade sur le champ de bataille, les infirmières canadiennes ne devraient être éligibles que pour la Médaille militaire, l’équivalent de la Croix rouge royale, décernée à une infirmière pour son service au sein de sa profession. Dans un refus obstiné d’évoluer au-delà des normes reliées au genre déjà établies, et ce malgré la présence grandissante des femmes aussi près du front, la décision des autorités britannique prévaut.

En 1919, Eleanor Thompson est l’une des huit infirmières canadiennes à recevoir la Médaille militaire pour sa « bravoure et son dévouement au cours d'un raid aérien de l'ennemi ». Bien qu’il ne s’agisse pas de l’honneur que les responsables canadiens auraient souhaité, ils s’agit tout de même d’un honneur exceptionnel qui souligne le rôle changeant des femmes sur le champ de bataille.

DISTRIBUTION
  • Eden Lyal Pringle – Siobhan Williams
  • Eleanor Jean Thompson – Myla Southward
  • Narration – Maxim Roy

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Marion Orr

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En raison de la réglementation discriminatoire de l'époque, la plupart des Canadiennes qui souhaitaient faire partie de l'Aviation royale du Canada au cours de la Seconde Guerre mondiale furent déçues. Grâce à sa détermination, une de ces femmes réussit néanmoins à piloter un avion militaire. Il s'agit de Marion Orr. Elle prit des leçons de pilotage en 1941, leçons qu'elle paya, puis quitta le Canada à destination de l'Angleterre, où elle décrocha un poste au sein du Service de transport aérien auxiliaire. Elle fut chargée de déplacer des avions de combat entre les terrains d'aviation, si bien qu'en octobre 1944, elle avait accumulé 700 heures de vol sur 67 types d'avions différents.

"C'était un défi sans cesse renouvelé que de piloter ces avions, dit-elle. Mais un avion est un avion : les vitesses et les manettes pouvaient varier, cela ne me dérangeait absolument pas."

Après la guerre, Marion Orr rentra au Canada pour fonder sa propre école de pilotage. Au fil des ans, elle devint la première Canadienne à piloter un hélicoptère, donna des leçons de pilotage et effectua à l'occasion des vols de patrouille pour la Police provinciale de l'Ontario. Décorée de l'Ordre du Canada en 1986, elle pilotait toujours à l'âge de 76 ans. La longue et pittoresque carrière de Marion Orr dans l'aviation prit fin en avril 1995, lorsqu'elle périt dans un accident de la route.

Les membres du Service féminin de l'Aviation royale canadienne ne participaient pas activement aux combats aériens. Marion Orr figurait parmi les rares femmes pilotes au sein du Service de transport aérien auxiliaire, lequel était chargé de déplacer les appareils d'une base militaire à l'autre, en Angleterre.

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Pauline Vanier

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Pauline Vanier

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Par leur vie et leurs œuvres, Georges Vanier, son épouse Pauline et leur fils Jean ont prouvé que l'engagement individuel peut améliorer la vie de la collectivité.

La famille Vanier compte parmi les exemples les plus remarquables d'engagement et de contribution sociale qu'aura connus le XXe siècle.

Quand la Première Guerre mondiale éclate, en 1914, Georges Vanier est un jeune avocat montréalais. En lisant dans les journaux les comptes rendus des événements qui se déroulent en Europe, il ressent une profonde compassion et un vif désir de remédier, autant que faire se peut, aux atrocités commises. Délaissant la pratique du droit, il participe à la mise sur pied de la premiére unité de volontaires canadiens-français, le Royal 22e Régiment, connu alors sous le nom de 22e Bataillon. Il demeure au sein du célébre " 22e " à titre d'officier jusqu'à ce que, blessé au combat, il perde une jambe. En reconnaissance de ses services exceptionnels, on lui décerne la Croix militaire et l'Ordre du service distingué.

Peu aprés son retour au Canada, Georges rencontre une grande et belle jeune femme qu'il épousera peu aprés. Depuis son enfance, Pauline Archer réve de se vouer à de grandes causes. Elle renonce à devenir religieuse et décide plutôt de consacrer sa vie aux oeuvres humanitaires.

Aprés la guerre, Georges devient diplomate. Il représente le Canada au sein de la Société des Nations (devenue les Nations Unies), à Londres, ainsi qu'à diverses conférences internationales. En 1939, il est nommé ministre plénipotentiaire du Canada en France, à l'époque oé une nouvelle guerre se prépare en Europe. Quand les Allemands marchent sur Paris, les Vanier se rendent à Londres, où ils viennent en aide aux milliers de réfugiés européens. Pauline offre ses services à la Croix-Rouge et commence à visiter des hôpitaux. " Tous les jours, je sautais dans un véhicule de l'armée... je faisais le tour des hôpitaux qui accueillaient les blessés franéais. Je pouvais me rendre utile, particuliérement auprés de ceux qui ne parlaient pas l'anglais, car il était rare que le personnel des hôpitaux parle le français. "

En 1941, les Vanier reviennent au Canada, cherchant à convaincre leurs concitoyens de la gravité de la situation en Europe et à les persuader de participer à l'effort de guerre. Georges donne des conférences sur les souffrances des réfugiés et des autres victimes de l'horreur nazie. L'expérience se révéle frustrante pour les Vanier, qui se heurtent à un mur d'indifférence, parfois méme d'hostilité. Comme le confia plus tard Pauline : " Nous avions survécu à tant de choses pour constater, à notre retour, que le Canada était si loin de l'Europe que beaucoup de Canadiens ne pouvaient s'imaginer l'ampleur des événements qui se déroulaient là-bas - la cruauté et les souffrances engendrées par la guerre, les atrocités commises par les Allemands, les risques courus par les réfugiés, la destruction impitoyable de Londres. Tout cela semblait trop éloigné pour être vrai. "

À cette époque, de nombreux Canadiens, comme leurs voisins américains, ne voulaient pas que leur pays s'immisce dans le conflit européen. Ils n'estimaient pas qu'il était de leur devoir de racheter les erreurs d'autres pays en offrant un havre aux victimes de la guerre. Le Canada lui-méme se remettait péniblement de la grande crise de 1929 ; les Canadiens craignaient que la diminution des obstacles à l'immigration, qui avaient été imposés durant les années 1930, ne nuise au marché du travail, déjà très précaire. Derriére ces arguments à caractère économique se profilait le spectre de l'antisémitisme, qui sévissait aussi de notre côté de l'Atlantique. Des milliers de juifs européens qui avaient échappé aux nazis demandérent l'asile au Canada, mais celui-ci fit la sourde oreille.

En 1940, Georges Vanier écrivit au premier ministre canadien Mackenzie King, lui soulignant que le Canada avait " une merveilleuse occasion de se montrer généreux et de gagner au change ". Malgré les pressions qu'ils tentérent d'exercer sur le gouvernement et sur divers groupes au Canada, les Vanier furent incapables pendant les années de guerre d'infléchir la politique canadienne en matière d'immigration et d'accueil des réfugiés.

En avril 1945, Georges Vanier se joignit à un groupe d'élus américains pour visiter, une semaine après sa libération, le " camp de la mort " de Buchenwald. Saisi par l'horreur dont il avait été témoin, il fit un reportage radio émouvant sur les ondes de Radio-Canada, exprimant sa honte de n'avoir rien fait. " Nous avons été insensibles ", confessa-t-il, des larmes dans la voix, " à la cruauté et aux cris de douleur qui parvenaient à nos oreilles, sombres précurseurs de la torture et du génocide à venir. " La honte qu'avait ressentie Georges Vanier, tous les Canadiens l'auront dorénavant en partage. C'est là un triste chapitre de l'histoire de l'immigration canadienne.

De retour à Paris aprés la libération de la France, Georges Vanier continua d'intercéder auprès du gouvernement d'Ottawa pour qu'il ouvre ses frontières aux nombreux réfugiés nécessiteux qui se présentaient à l'ambassade canadienne. Pauline Vanier organisa des services d'accueil dans les gares. " Nous accueillions les réfugiés en leur offrant à boire et à manger, en leur donnant des vêtements et des trousses de survie ; nous tentions de joindre leurs familles, leurs amis ou quiconque pouvait les héberger. Nombreux étaient ceux, toutefois, qui n'avaient aucune idée si leurs proches avaient survécu. Pour ces gens, nous avons organisé des abris temporaires. Nous les avons pris en photo pour ensuite poser ces images le long des murs qui longeaient la gare, dans l'espoir qu'un ami ou qu'un parent reconnaisse quelqu'un dont ils avaient perdu la trace. "

Durant les années d'après-guerre, les souffrances de plus d'un million de personnes " déplacées " en Europe suscitérent la sympathie de nombreux Canadiens. Les Vanier ainsi que d'autres défenseurs de l'humanisation de la politique en matière d'immigration continuérent de faire campagne et, graduellement, le gouvernement canadien assouplit sa réglementation. Entre 1947 et 1953, plus de 186 000 réfugiés européens s'établirent au Canada.

Les Vanier quittérent leurs fonctions diplomatiques à Paris en 1953 pour rentrer à Montréal, mais la retraite ne convenait pas à ce couple dynamique. En 1959, Georges Vanier accepta l'offre que lui fit le premier ministre John Diefenbaker et devint le premier gouverneur général canadien-français.

Les années durant lesquelles Georges Vanier occupa ses fonctions furent mouvementées : des problèmes économiques sévissaient partout au pays, des gouvernements minoritaires se succédaient au pouvoir, et le mouvement séparatiste prenait de l'ampleur au Québec. L'intérêt sincère que vouaient Georges et Pauline Vanier aux Canadiens leur valut cependant la faveur populaire. Ils voyagérent aux quatre coins du pays, parlant au nom des pauvres, des jeunes et des familles. Quand Georges Vanier s'éteignit, en 1967, plus de 15 000 messages de sympathie, dont plusieurs rédigés par des enfants, affluèrent à la résidence du gouverneur général. C'est sans doute un jeune garçon qui exprima le mieux le sentiment de deuil des Canadiens lorsqu'au retour de l'école il dit à sa mère : " On a baissé les drapeaux aujourd'hui parce qu'un homme bon est mort. "

Le fils de Georges et de Pauline Vanier, Jean, a poursuivi la tradition spirituelle et humanitaire de la famille en créant " L'Arche ", systéme d'entraide qui vise à intégrer les handicapés mentaux et à les aider à mener une vie riche et productive. Après la mort de son mari, Pauline Vanier a rejoint son fils en France, où elle est devenue grand-mére résidante de L'Arche. Elle s'est éteinte là-bas, en 1991, à l'âge de 93 ans. Aujourd'hui, le mouvement de L'Arche lancé par Jean Vanier s'est répandu en maints endroits du monde, dont le Canada, où ses communautés montrent qu'un idéal d'engagement, d'amour et de compréhension peut changer la qualité de notre vie et des sociétés dans lesquelles nous vivons.

DISTRIBUTION
  • Vanier – Marie-Christine Perreault
  • Distribution additionnelle – Joanne Boivin
  • Distribution additionnelle – Jean Chevalier
  • Distribution additionnelle – Rebecca Evans
  • Distribution additionnelle – Marie-Noelle Guedon
  • Distribution additionnelle – Thomas Hellman
  • Distribution additionnelle – Francine Laurendeau
  • Distribution additionnelle – Denis Lavalou
  • Distribution additionnelle – Sophie Longpre
  • Distribution additionnelle – Monique Mercure
  • Distribution additionnelle – Helene Paquette
  • Distribution additionnelle – Gabriel Sabourin
  • Distribution additionnelle – Yvon Thiboutot
  • Distribution additionnelle – Veronique Verhoeven

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La Bolduc

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La Bolduc

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Il a fallu un bon moral pour traverser la crise des années 1930 dans les milieux ouvriers. Malgré la dureté des temps, Mary Travers-Bolduc a osé faire rire les gens simples comme elle, en chantant " sur tous les tons " les hauts et les bas de la " dépression ".

Son enfance dans sa Gaspésie natale ne l'a guère habituée au confort. A la fin du siècle dernier, misère et chômage sont le lot des familles de la côte, dont plusieurs débarquent d'Irlande, d'Écosse et d'Angleterre. C'est le cas du grand-père Travers. Canadienne-française par sa mère et bilingue, Mary est une enfant robuste, curieuse et vive qui fréquente brièvement l'école. Elle apprend spontanément à chanter et à jouer de l'accordéon, du violon et de l'harmonica pour égayer les veillées de voisins où elle interprète surtout des reels irlandais, qu'elle entremêle de " turlutes " - sons et syllabes rythmés - à la mode acadienne. Sans le savoir, par ces emprunts musicaux qu'elle adapte avec grand naturel, elle pose déjà les bases folkloriques de la chanson québécoise.

A 13 ans, en 1907, Mary décide de " soulager " sa famille en partant à Montréal gagner son pain comme domestique. Elle découvre dans la métropole francophone du Canada un XXe siècle fébrile et bruyant : le choc du départ et l'expérience de la grande ville seront plus tard traduits en chansons.

La campagne, j'ai laissée,
A Montréal, je suis allée.
Je vous dis, ç'a pas été long,
J'ai connu un beau garçon.

Après quelques années de travail en usine et de petits ménages pour 15 $ par semaine de 55 heures, Mary épouse, en 1914, Édouard Bolduc, futur plombier. Dans leur quatre-pièces sans eau chaude, les naissances se succèdent, et le niveau de vie baisse. La Première Guerre mondiale est déclenchée. Les légumes frais sont coûteux, l'eau est douteuse et le lait non pasteurisé; des maladies infectieuses emportent les jeunes enfants. Pour conjurer le mauvais sort, les Bolduc déménagent aux deux ans et s'exilent même un an en Nouvelle-Angleterre pour y chercher du travail.

A partir de 1924, la situation se stabilise et les quatre enfants survivants (sur 13 !) grandissent dans un foyer canadien-français comme tant d'autres. Ménagère discrète, comme il se doit, mais non pas assagie, Mary surveille avec amusement les mille petits faits du quotidien des ouvriers, ces traits si justes qui formeront la trame de ses chansons.

Dans les ruelles passe Le Commerçant des rues :


Quand le printemps est arrivé
Il a commencé à chanter :
" Venez voir mes échalottes,
seulement qu'à dix sous la botte. "

La Grocerie du coin :

Faut regarder la pesée
Y'a des fois qu'on se fait jouer,
Pour tâcher de nous distraire,
Y nous content une p'tite histoire.

Propriétaires, agents d'assurances, médecins, conducteurs de chars, " policemen " et belles-mères n'échappent pas à son coup d'œil railleur. Elle observe aussi comme les jeunes filles changent : " (...) les jambes nues, les cheveux courts, les pantalons, On dirait de vrais garçons. ". Pour ses enfants, elle invente des ritournelles à demi turlutées, proches des chansons qu'elle est sur le point d'écrire.

En effet, la carrière de Mme Bolduc, chanteuse populaire, va commencer par le truchement de joyeuses soirées musicales entre amis gaspésiens. L'un deux, maître gigueur, participe aux prestigieuses " Veillées du bon vieux temps ", spectacles folkloriques hebdomadaires que découvre le couple Bolduc en même temps que les spectacles du burlesque dont raffolent les années 1920. Stimulée, la musicienne virtuose qu'est Mary s'impose de plus en plus dans son entourage, et la femme exubérante en elle aussi, au grand étonnement de son mari. Ce dernier se trouvant à nouveau acculé au chômage, Mary accepte un jour de remplacer un violoneux des Veillées. Le public apprécie ses airs de gigue au violon, à la bombarde et aux cuillères, et quand un soir elle se risque à chanter un refrain de sa voix claire, il en redemande !

Aux côtés d'artistes généreux, Mary Bolduc apprend vite son métier et compose des mélodies. Son nom est de plus en plus connu grâce à la diffusion radiophonique des spectacles et à l'enregistrement sur disques de vedettes telles qu'Ovila Légaré qu'elle accompagne au violon. L'auteure-compositeure en herbe n'ose à peine rêver de carrière lorsqu'en 1929, le directeur des disques Starr lui propose un contrat de cinq " 78 tours ". Ses premiers essais se distinguent mal des chansons folkloriques traditionnelles diffusées à la radio. Puis, le 29 octobre, le Krach boursier de New York déclenche une grande dépression économique. Dans la misère " noire " qu'elle a déjà apprivoisée, Mary écrit cette fois les paroles de ses chansons avec des mots faciles et directs. Elle parle aux gens du peuple des situations pénibles qu'elle connaît, et qu'ils connaissent, mais - audace pour une femme - sur le mode comique et dérisoire.

L'authenticité de La Cuisinière séduit les mères de " grosses " familles et les ouvriers de manufactures qui préfèrent encore l'espoir au fatalisme à la mode. A partir de 1930, on lui demande un disque par mois. Ses présences sur scène se multiplient. A mesure que le taux de chômage augmente, elle devient la voix du courage. Elle prolonge maintenant les couplets de son turlutage caractéristique et s'adresse directement à son public auquel elle s'identifie :

Ça va venir, ça va venir,
Mais décourageons-nous pas.

Elle décrit l'actualité au passage : l'arrivée du ballon dirigeable R-100, les quintuplées Dionne, le rapt du fils Lindberg, Roosevelt et son New Deal, Hitler. Elle commente une alimentation qui se dégrade dans Si les saucisses pouvaient parler. Ayant de plus en plus d'assurance, elle prend parti face aux gouvernements du Québec et du Canada, dénonce la pauvreté et le chômage, prône le respect de la tradition et du travail. Face à la condition féminine, toutefois, ses positions sont plus réservées. Elle revendique pour les femmes plus de liberté, mais elle ajoute :

Pour qu'un ménage s'accorde,
C'est bien des précautions.
Que la femme porte la robe,
Et l'homme, les pantalons.

Bien en avance sur son temps quant à sa détermination et son indépendance financière, elle ne peut qu'en éprouver des tiraillements.

Les chansons diffusées depuis Montréal soulèvent une demande telle qu'une nouvelle tradition théâtrale s'organise peu à peu : les tournées en province, et même en Nouvelle-Angleterre. Au cours de l'une d'elles, en juin 1937, un grave accident de la route ébranle la santé de la chanteuse. Puis, une tumeur cancéreuse est diagnostiquée. Au milieu de cette ultime épreuve, elle cède à la tentation de conter en chanson Les souffrances de mon accident et relate ses démêlés grotesques avec les avocats.

En 1941 disparaît celle que l'on nomme désormais " La Bolduc ", femme du peuple qui a dominé son époque par sa lucidité, et qui parle encore haut et clair aujourd'hui.

DISTRIBUTION
  • La Bolduc – Marie-Renée Patry
  • M. Beaudry – Guy Nadon
  • George – René-Richard Cyr
  • Distribution additionnelle – Michael Rudder

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Emily Murphy

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Emily Murphy

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" Le monde aime les âmes pacifiques, déclara un jour Emily Murphy, mais il a parfois besoin de bons donneurs de coups de pied. " Madame Murphy excellait à ce titre, elle qui instigua une réforme de la législation canadienne.

Emily Murphy amorça sa carrière en écrivant des récits de voyage empreints de bonne humeur et de patriotisme, qu'elle publia sous le pseudonyme de Janey Canuck. Réputés pour leur vivacité et leur humour, ses écrits exprimaient également d'importantes préoccupations à l'égard de la situation des femmes et des enfants. Progressivement, elle fut appelée à se prononcer publiquement pour la défense des moins nantis de la société.

Née en 1868 d'une famille d'éminents légistes, Emily Murphy a démontré une rare compétence juridique alors qu'elle était encore jeune. Quand sa famille déménagea en Alberta en 1903, elle lança une campagne pour assurer des droits de propriété aux femmes mariées. Sous l'influence d'Emily Murphy, le Parlement de l'Alberta adopta le Dower Act (loi de douaire) en 1911, qui proclamait le droit de l'épouse sur un tiers des biens de son défunt mari.

En 1916, la carrière d'Emily Murphy marqua un tournant quand, accompagnée d'un groupe de femmes, elle tenta d'assister au procès de prostituées d'Edmonton qui avaient été arrêtées dans des circonstances " douteuses ". La Cour expulsa le groupe de femmes, sous prétexte que les dispositions ne convenaient pas à un auditoire " mixte ". Indignée, madame Murphy en appela de cette décision au procureur de la province.

" Si la preuve ne peut être entendue devant un auditoire mixte, plaida-t-elle, dans les cas où les femmes sont appelées à comparaître, le gouvernement doit alors créer une cour spéciale présidée par des femmes. " À sa grande surprise, le ministre consentit à lui offrir la présidence de ladite cour. Elle accepta, non sans réticences, devenant ainsi la première femme magistrat de l'Empire britannique.

Cette nomination mena à un chapitre encore plus important de la vie mouvementée d'Emily Murphy. Même si la nouvelle fut bien accueillie par certains de ses confrères de la Cour, d'autres contestèrent sa nomination, alléguant qu'une femme n'était pas une " personne " au sens de l'Acte de l'Amérique du Nord Britannique de 1867. L'argument coïncidait avec l'opposition qui s'était élevée contre la nomination d'une femme au Sénat canadien. Madame Murphy cria à l'injustice en constatant que le statut des femmes était défini suivant une loi désuète. Elle consacra désormais ses énergies à faire modifier cette loi.

Pendant 12 ans, Emily Murphy mena la bataille qui valut aux Canadiennes la reconnaissance de leurs droits civils. Devant l'insuccès des pétitions de nombreuses associations féminines pour l'accès des femmes au Sénat, madame Murphy prit des dispositions légales. Elle trouva un article de la Loi sur la Cour suprême qui permettait à toute délégation de cinq personnes ou plus de soumettre une requête au gouvernement en vue de légiférer sur une question constitutionnelle.

Madame Murphy s'adjoignit sans peine quatre autres réformatrices albertaines. Elle songea d'abord à son amie Nellie McClung, infatigable avocate des droits humains, suffragette et ancienne membre de la législature albertaine. La seconde fut Louise McKinney, qui avait aussi travaillé au sein de la législature albertaine et qui menait une croisade contre les méfaits de l'alcool et de la cigarette. La troisième, originaire de Montréal, fut Henrietta Edwards, qui défendait avec vigueur les droits des femmes et qui connaissait mieux que quiconque les lois s'appliquant aux femmes et aux enfants. Enfin, Irene Parlby, quatrième personne sollicitée par madame Murphy, était entrée sur la scène politique dans le but d'améliorer la vie des femmes de l'Alberta en milieu rural. Comme madame Parlby était ministre sans portefeuille au sein du gouvernement albertain, sa participation attirait à Emily Murphy le soutien de ce dernier.

L'affaire " des femmes non reconnues civilement ", comme on l'a appelée, a été soumise à la Cour suprême en mars 1928. La délégation féminine fut déboutée, mais Emily Murphy ne s'arrêta pas là pour autant. Elle porta la cause devant le Conseil privé de Londres qui, le 18 octobre 1929, dans un jugement dorénavant célèbre, statua que les femmes étaient des personnes jouissant de pleins droits civils selon l'Acte de l'Amérique du Nord Britannique.

Dans la salle qui accueille le Sénat canadien, une plaque rend hommage aux cinq Albertaines en ces termes : " Ces cinq pionnières exceptionnelles de la cause des femmes sont à l'origine de la reconnaissance des femmes par le Conseil privé en tant que personnes admissibles au Sénat canadien. Ce mouvement a été amorcé par la juge Emily F. Murphy. " " Rien ne survient par hasard ", se plaisait à dire Emily Murphy. " Les événements obéissent à des impulsions. " Grâce à 12 années " d'impulsions ", madame Murphy contribua à faire céder les portes du Sénat en faveur des femmes, mais sans y accéder elle-même cependant, car elle mourut le 27 octobre 1933.

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Emily Carr

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" Voilà qui dépasse la simple réalité : c'est l'esprit omniprésent, l'ambiance, l'immensité, la nature à l'état sauvage, le souffle de l'Ouest qui vous envoie à tous les diables, le sentiment d'espace incommensurable qu'il impose. Ô l'Ouest ! tout mon être en est pétri et je le vénère ! "

Dans ses mémoires, Emily Carr se définit comme une personne " à contre-courant dès le départ ". Petite fille rétive et adolescente rebelle, elle méprise très jeune les idées préconçues de la société " victorienne " dite respectable de la ville de Victoria, en Colombie-Britannique. Sa vie entière, elle fera fi des convenances de l'époque et sera considérée comme une excentrique.

L'individualité d'Emily Carr, son tempérament fougueux et indépendant seront les fondements mêmes de ses superbes toiles, lesquelles attestent le long cheminement qu'a suivi l'artiste pour se connaître elle-même. Son art évoque l'ambiance, le mystère et l'âme de la côte ouest. Bien qu'elle ait voyagé et étudié à l'étranger, c'est sa terre natale qui inspire les deux grands thèmes de son oeuvre : la culture autochtone de la côte du Pacifique et la puissance de la nature qu'elle rend par des scènes de forêts gorgées de pluie et par des paysages côtiers.

Dans les années 1870, Victoria n'est pas un milieu enrichissant pour les artistes. Si l'on permet à Emily Carr de suivre des leçons de dessin et d'aquarelle, c'est que la peinture fait partie de l'éducation des jeunes filles de la classe moyenne ; si elle constitue un passe-temps agréable, elle n'est pas jugée une activité professionnelle sérieuse. Néanmoins, en 1890, avec la permission de son tuteur, Carr s'inscrit à la California School of Design. Quatre autres années d'études à Londres lui permettent d'acquérir de nouvelles techniques et de perfectionner son art, sans faire jaillir toutefois l'étincelle qui déclenchera sa passion.

C'est seulement à son retour à Victoria qu'Emily Carr trouve sa véritable inspiration. Munie de sa boîte de couleurs et de son chevalet, elle part à la découverte d'établissements côtiers éloignés, accessibles uniquement par bateau. L'intensité artistique des anciens totems la touche profondément. Elle se sent en communion de sentiments avec les autochtones : mis à l'écart de la société dominante, ils lui rappellent son propre isolement. Les Amérindiens lui font bon accueil et l'invitent à partager leurs demeures et leur mode de vie. Au cours d'une visite au petit village d'Ucluelet sur la côte ouest de l'île de Vancouver, Emily Carr reçoit le nom de Klee Wyck (Celle-qui-rit).

En 1910, réunissant ses économies, elle se rend à Paris, à la recherche du " nouvel art " des postimpressionnistes. Elle y découvre des tableaux " brillants, sensuels, aux lignes pures " dont le style est empreint d'émotion et de mouvement. De retour au Canada, l'artiste ouvre un atelier à Vancouver où elle expose les oeuvres qu'elle a exécutées en Europe, mais ne trouve ni appui moral, ni élèves, ni acheteurs pour ses toiles. Abattue, elle rentre à Victoria où elle s'adonne à l'écriture durant les 15 années suivantes. Comme gagne-pain, elle loue des chambres et élève des chiens.

En 1927 un événement décisif se produit dans la vie d'Emily Carr : elle est invitée à se rendre à Ottawa pour participer à une exposition consacrée à l'art amérindien de l'Ouest. Elle a 56 ans lorsqu'elle entreprend son voyage dans l'Est au cours duquel elle lie connaissance avec les peintres canadiens qui forment le Groupe des sept.

" Leurs toiles parlent directement à mon âme ", écrira-t-elle par la suite. " Grandeur et courage animent ces artistes. Je sais qu'ils élaborent un art digne de notre magnifique pays et je veux apporter ma pierre à l'édifice, faire une marque modeste pour l'Ouest, faire ma part en tant que femme. "

Avec une ardeur renouvelée et confortée dans sa conception de l'art, Carr reprend le pinceau et peint des paysages forestiers dans lesquels elle oppose la pénombre grandiose des sous-bois sauvages à l'essence spirituelle de la lumière.

" Dans l'Ouest, les bois et le ciel sont immenses, déclare-t-elle, on ne peut les rapetisser. " Durant les 18 dernières années de sa vie, Emily Carr traduit dans des centaines de dessins et de toiles l'énergie et la vie qu'elle perçoit dans la nature sauvage qui l'entoure.

DISTRIBUTION
  • Vieille Carr – Bette Thompson
  • Jeune Carr – Roslyn Prieco
  • Distribution additionnelle – Katherine Trowell

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Agnes Macphail

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Agnes Macphail entreprend sa carrière d'enseignante en milieu rural. Intéressée par les problèmes agricoles, elle devient membre et porte-parole active des Agriculteurs unis de l'Ontario. Par la suite, elle décide de faire de la politique pour représenter les agriculteurs de sa région. Agnes Macphail est élue en 1921, au cours du premier scrutin fédéral accordant le droit de vote aux femmes.

Ardente et courageuse dans la défense des droits de la personne, Macphail a mené une lutte victorieuse pour les pensions de vieillesse, la réforme des établissements carcéraux et les coopératives agricoles. Au cours de sa carrière, elle s'est également érigée en représentante de la condition féminine et a fondé la Société Elizabeth Fry du Canada.

Madame Macphail avait des idées bien arrêtées sur la guerre et préconisait le désarmement global pour le Canada. En 1929, elle est devenue la première Canadienne à être déléguée auprès de la Société des Nations de Genève, où elle a travaillé au sein du comité pour le désarmement mondial.

Pour faire triompher ses idées, elle a dû faire preuve d'une ferme volonté politique et d'une persévérance indéfectible. Agnes Macphail attribuait la force de sa personnalité à ses parents. Un jour, elle a d'ailleurs déclaré : " C'est grâce à mon père si j'ai été élue au Parlement. Mais c'est grâce à ma mère si j'y suis restée. " Agnes Macphail est décédée en 1954. C'est en 1951, à l'Assemblée législative ontarienne, qu'elle réalisa son dernier exploit politique, en faisant adopter la loi prescrivant le principe de l'égalité des salaires, à travail égal, pour les Ontariennes.

Les enseignants et élèves intéressés par la vie d'Agnes Macphail peuvent visionner le film réalisé par l'Office national du film sous le titre Canada's First Woman MP ou sa version plus élaborée intitulée The Lady from Grey County. Ces deux films présentent, au moyen de coupures de presse, de photos d'archives et de vieilles photos de famille, l'histoire exceptionnelle d'Agnes Macphail, tout en jetant un éclairage sur l'époque au cours de laquelle elle a joué un rôle décisif.

DISTRIBUTION
  • Agnes Macphail – Diane D'Aquilla
  • Guthrie – Colin Fox
  • Directeur – Sean McCann
  • Distribution additionnelle – John Evans

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