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Kenojuak Ashevak

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Naskumituwin (traité)

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Le Traité 9, aussi connu sous le nom de Traité de la Baie-James, a été signé par le gouvernement du Canada et les nations des Cris et des Ojibwa en 1905. Un des 11 traités numérotés ayant été signé durant la période suivant la Confédération, il couvre la plus grande partie du territoire du nord de l’Ontario actuel.

Le processus de cession des terres au gouvernement a commencé au Haut-Canada avant la Confédération et plusieurs des premières négociations des traités comprenaient les droits de pêche et de chasse des groupes autochtones. Après la Confédération, Sir John A. Macdonald a commencé la mise en œuvre du système de traités numérotés afin de permettre la colonisation des provinces de l’Ouest.

Les Cris et les Ojibwas de la Baie-James étaient inquiets de l’empiètement par les marchands de la Compagnie de la Baie d’Hudson et par les autres trappeurs non autochtones. Durant l’été de 1901, ils ont fait la demande d’un traité qui protégerait leurs droits d’utilisation de leurs terres. Cela a donné naissance au Traité 9.

Le processus de la création du traité a été fondamentalement inégal. Les termes du Traité 9 ont été présentés aux dirigeants des Premières Nations comme un accord déjà conclu plutôt que comme la base de négociations. La province de l’Ontario a fait des demandes additionnelles, comprenant le fait que les commissionnaires plutôt que les chefs autochtones allaient choisir les lieux des réserves. Tout le pouvoir de négociation des Cris et des Ojibwas quant aux termes des traités était sujet au droit de véto du gouvernement.

Dans le préambule du traité, on peut lire que le but de celui-ci est de libérer des terres dans le nord de l’Ontario « pour la colonisation, l’immigration, le commerce, le voyage, l’industrie minière, l’industrie forestière et d’autres buts similaires ». Les Cris et les Ojibwas ont dû « céder, relâcher, abandonner et laisser… les droits, titres et privilèges » de leurs terres et ressources dans toute la région géographique couverte par le traité. En guise de paiement, ils ont reçu un paiement unique de 8$ par personne.

Le traité a été signé au nom du Dominion du Canada par Duncan Campbell Scott et Samuel Stewart, deux membres du ministère des Affaires indiennes. Daniel G. MacMartin était le représentant du gouvernement de l’Ontario. George Spence, un chasseur cri de 18 ans, a inscrit sa croix sur le traité aux côtés d’autres membres des nations des Cris et des Ojibwas.

Aujourd’hui, plusieurs peuples autochtones au Canada attendent toujours que les promesses faites dans les traités soient tenues.

Pour plus d’information sur le Traité 9, visitez L’Encyclopédie canadienne.

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Chanie Wenjack

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À l’âge de 9 ans, Chanie Wenjack a été envoyé au pensionnat indien Cecilia Jeffrey près de Kenora, en Ontario. Chanie s’est évadé de l’école à l’âge de 12 ans et est mort durant sa tentative de retourner à la maison. Sa mort a donné lieu à la première enquête sur le traitement des enfants autochtones dans les pensionnats indiens.

Chanie a grandi à Ogoki Post, sur la réserve Anishinaabe Marten Falls dans le nord de l’Ontario. C’est là où il a vécu avec sa famille jusqu’à ce qu’il soit arraché à celle-ci afin de fréquenter le pensionnat indien en 1963. Une fois rendu au pensionnat, il a été nommé Charlie par les employés, et c’est devenu le nom avec lequel il devait vivre.

Le pensionnat indien Cecilia Jeffrey était géré par la Women’s Missionary Society of the Presbyterian Church, et financé par le gouvernement canadien. Il y avait approximativement 150 élèves à l’école lorsque Chanie et sa sœur y vivaient.

Chanie Wenjack et deux amis se sont évadés du terrain de jeu l’après-midi du 16 octobre 1966. Chanie est d’abord allé à la cabane de Charles Kelly, l’oncle d’un de ses amis, près de Redditt, en Ontario. Kelly a suggéré à Chanie de suivre le chemin de fer vers le nord et de demander de l’aide aux employés du chemin de fer s’il en avait besoin.

Partant seul, vêtu seulement d’un chandail et de pantalons en coton mince, Chanie ne transportait avec lui qu’un petit bocal de verre rempli d’allumettes. Il a survécu pendant 36 heures, marchant un total de 39 kilomètres avant de succomber à la température froide et sévère. Son corps couvert d’ecchymoses, le résultat de nombreuses chutes, a été retrouvé le long du chemin de fer par des ouvriers le 23 octobre 1966, une semaine après son départ de Cecilia Jeffrey.

Le corps de Chanie a éventuellement été renvoyé à ses parents à Ogoki Post, et une enquête nationale sur le traitement des enfants dans le système des pensionnats indiens a été instiguée. Le rapport final affirmait: « Le système d’éducation autochtone cause des problèmes émotifs et d’ajustement énormes pour ces enfants. »

La mort de Chanie et les enquêtes suivantes ont engendré une remise en question à la grandeur du pays de la moralité et de l’éthique des pensionnats indiens.

Pour plus d’informations au sujet de Chanie Wenjack, visitez L’Encyclopédie canadienne.

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Hauteurs de Queenston

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Le 13 octobre 1812 s'est révélé un jour important pour les Six Nations de la rivière Grand. Les forces britanniques, qui comptaient quelque 160 guerriers des Six Nations, se sont rassemblées au fort George, à l'embouchure de la rivière Niagara. Elles ont attendu l'invasion des Américains, qui ont fait leur arrivée en amont près du petit village de Queenston, dans le Haut‑Canada. Accompagnés d'autres chefs et de plusieurs guerriers, John Norton et John Brant se sont précipités vers les lieux, pour y apprendre que les Américains avaient tué le général Brock et s'étaient emparés des hauteurs qui surplombaient le village.

Tandis que les guerriers s'approchaient du champ de bataille, des soldats qui battaient en retraite leur ont annoncé qu'on y trouvait des milliers d'Américains. En guise de réaction, près de la moitié des guerriers ont quitté le groupe, puis sont retournés au fort George pour protéger leur famille (qui avaient quitté leur foyer de la rivière Grand pour les accompagner). Dans la Minute du patrimoine sur la bataille de Queenston Heights, Norton prononce un discours afin d'inspirer les 80 guerriers restants. Il a d'ailleurs consigné ce discours dans son journal.

Plutôt que de remonter la partie nord des hauteurs de Queenston, où Brock avait trouvé la mort et où des soldats américains les attendaient, Norton et Brant ont dirigé leurs hommes vers l'ouest et escaladé les sommets à la dérobée. Ensuite, ils se sont approchés par le versant, pour prendre les Américains par surprise.

En se dissimulant derrière la fumée des armes à feu pour traverser rapidement les bois, les 80 guerriers, qui étaient également tireurs d'élite, ont lancé des attaques‑éclairs contre plus d'un millier d'Américains, qui sont demeurés pris sous leur feu. L'armée britannique, qui incluait Richard Pierpoint et le Coloured Corps dans ses rangs, est finalement arrivée en renfort. Elle a donné l'assaut final contre les envahisseurs, forçant ainsi la capitulation des Américains. Les efforts des guerriers des Six Nations étaient essentiels à reprendre les hauteurs et prévenir l'invasion américaine.

DISTRIBUTION
  • John Norton – Billy Merasty
  • John Brandt – Meegwun Fairbrother
  • Narration – Alanis Obomsawin

Inukshuk

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Inukshuk

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Depuis des milliers d'années, les Inuit chassent et pêchent dans l'Arctique canadien. Autrefois, ils ne construisaient pas d'établissements permanents mais adaptaient leurs conditions de vie aux saisons du Nord et au comportement des animaux qu'ils chassaient pour s'en nourrir.

Au cours de la longue nuit de l'hiver polaire, un certain nombre de familles inuit se réunissaient dans des campements. Ils chassaient le phoque pour leur nourriture, leurs vêtements et l'huile de leurs lampes. Pendant cette période de l'année, ils vivaient dans des iglous, ces abris hémisphériques faits de blocs de neige ou de glace que bien des gens identifient encore à ces peuples, quoique aujourd'hui la plupart des Inuit vivent dans des maisons qui ressemblent à celles des Canadiens du Sud.

Lorsque finalement le soleil se levait à l'horizon, l'obscurité le cédant enfin à des jours entiers de lumière, on défaisait les campements pour constituer de petits groupes de chasseurs, souvent aussi peu nombreux qu'une seule famille. Certains traquaient le caribou, ce cervidé de nos régions nordiques qui remonte de sa migration à l'été et l'automne. D'autres se déplaçaient vers les rivières et la côte pour pêcher, cueillir des œufs, des petits fruits et des crustacés. D'autres chassaient la baleine et l'ours polaire. Pendant la saison de la chasse, la famille vivait sous la tente faite de peaux de phoques ou de peaux de caribous.

La culture inuit était axée sur d'étroites relations familiales. Chaque membre de la famille importait à la survie du groupe et tous, y compris les enfants et les personnes âgées, étaient appréciés pour leur apport. Les plus vieux enseignaient leurs valeurs sociales aux plus jeunes par l'exemple. En partageant librement leur nourriture et leurs possessions avec les autres, ils montraient quelle importance ils accordaient à la générosité et à la collaboration, qualités précieuses dans un climat aussi rigoureux que celui de l'arctique. Les légendes que les adultes respectés racontaient aux enfants servaient aussi de leçon sur la façon qu'ont les Inuit de partager et de travailler ensemble.

Au cours de leurs chasses d'été, les Inuit empilaient parfois des pierres en leur donnant la forme d'êtres humains aux bras étendus ; ils les appelaient inuksuks. Ces sculptures indiquaient la présence d'un bon endroit pour la pêche, d'un abri contre le vent et parfois le chasseur inuit se cachait derrière pour surprendre le caribou. Dans le paysage sauvage de l'arctique, ces symboles du mode de vie traditionnel des Inuit sont parfois les seuls vestiges du passage d'un être humain.

DISTRIBUTION
  • Père inuit – July Papatsie
  • Gendarme – Peter Colvey
  • Fille inuit – Rita Nookiguak
  • Garçcon inuit – Robert Joamie
  • Mère inuit – Lisa Lee

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Sitting Bull

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De 1850 à sa mort, en 1890, Sitting Bull incarna le conflit qui opposait colons et amérindiens sur les questions de territoire, de ressources et de mode de vie. Sitting Bull organisa la résistance contre l'incursion américaine en territoire indien, résistance qui entraîna souvent des affrontements armés. Après la bataille historique de Little Big Horn, où les forces du général George Custer furent complètement anéanties, Sitting Bull quitta les États-Unis pour s'installer à Cypress Hills en Saskatchewan.

Selon Sitting Bull, les terres de chasse ancestrales des Sioux s'étendaient de part et d'autre de la frontière canado-américaine. Pour cette raison, il estimait que les Sioux étaient aussi bien des Indiens du Canada que des États-Unis. Également, ils étaient restés fidèles à l'Angleterre durant les batailles de la Nouvelle-France et même pendant la Guerre de 1812. Sitting Bull conservait précieusement les médailles que son grand-père avait reçues de George III en récompense de son soutien durant la Guerre d'indépendance américaine. En venant au Canada, Sitting Bull voulait non seulement des terres, mais également la justice et la protection garanties par la loi canadienne.

Malheureusement, le gouvernement de sir John A. Macdonald n'accéda pas à ses requêtes et lui refusa même des vivres. Le gouvernement considérait les Sioux comme des Indiens américains qui avaient traversé une frontière internationale et qu'il fallait persuader de retourner chez eux. Les tribus des Pieds-Noirs, des Cris et des Assiniboines voulaient également les voir partir, les accusant de voler leurs bisons et d'épuiser le gibier de leurs territoires de chasse.

Le 17 octobre 1877 avait lieu à Fort Walsh, en Saskatchewan, la célèbre rencontre entre Sitting Bull, le commissaire McLeod et le major Walsh de la Police à cheval du Nord-Ouest (aujourd'hui la GRC), et le général américain Alfred H. Terry. Cette rencontre fut convoquée à la demande du major Walsh, commandant de la Police montée du Nord-Ouest dans la région de Cypress Hills. Au fil des années, un grand respect mutuel s'était développé entre Sitting Bull et le major Walsh. Pour Sitting Bull, le major était, à titre de représentant de la loi canadienne, un homme droit avec lequel il pouvait négocier en toute franchise. Walsh, pour sa part, appréciait la détermination de Sitting Bull et le considérait comme un ami.

À la réunion, le général Terry transmit un message du président des États-Unis. Ce dernier, annonça-t-il, voulait une paix durable et consentait un pardon complet aux Sioux pourvu qu'ils rendent armes et chevaux et acceptent de s'établir dans une réserve. Voici ce que répondit Sitting Bull : " Voilà 64 ans que vous détenez et maltraitez mon peuple. Qu'avons-nous fait pour mériter cet exil ? Ne pouvant aller nulle part, nous avons trouvé refuge ici... Nous ne vous avons pas donné notre pays, vous nous l'avez pris. Voyez comment je vis maintenant avec ces gens ; regardez ces yeux et ces oreilles. Vous me prenez pour un sot, mais vous êtes encore plus sot que moi. Je me trouve ici dans une maison de guérison. Vous venez nous raconter des histoires, mais nous ne voulons pas les entendre ; je ne dirai plus rien. Je fraternise avec ces gens. Cette partie du pays d'où nous venons nous appartenait, maintenant nous vivons ici. "

Deux ans plus tard, en 1879, la catastrophe s'abattit sur les Sioux : les bisons ne se montrèrent pas. Sans vivres du gouvernement canadien, le peuple de Sitting Bull commençait à mourir de faim et, peu à peu, traversait la frontière, se pliant à la loi américaine et à la vie dans les réserves. En juin de l'année suivante, Sitting Bull laissa entendre au major Walsh qu'il envisageait de retourner aux États-Unis. Walsh fit appel à un ami, le général Hammond de l'armée américaine, pour obtenir l'assurance d'un passage sans danger pour Sitting Bull et le reste de la tribu jusqu'à Fort Buford, aux États-Unis.

Le 19 juillet 1881, Sitting Bull capitula à Fort Buford et, remettant son fusil à son fils, lui conseilla d'apprendre maintenant à vivre avec les Blancs et de se souvenir de son père comme du dernier Sioux à rendre son arme. Peu après, Sitting Bull et sa suite, un peu moins de 200 cents personnes, embarquèrent sur des bateaux à vapeur qui les conduisirent à la réserve de Standing Rock.

Mais Sitting Bull n'allait pas tomber si facilement dans l'oubli. Au Nevada, un Indien eut la vision d'un messie venant au secours du peuple indien. Au cours d'une expédition de chasse, ce messie, vêtu de vêtements blancs en peaux de bison, apparut à Sitting Bull lui-même. De retour à la réserve, Sitting Bull relata son expérience et donna un nouvel espoir aux Sioux. L'agent des Indiens vit dans cette apparition le germe d'une insurrection. On décida d'arrêter Sitting Bull. Mais lorsque la police tenta de le mettre aux arrêts, le 15 décembre 1890, son fils, Crowfoot, alla chercher de l'aide. Un groupe de Sioux empêcha la police de partir. Les coups de feu retentirent et Sitting Bull, atteint d'une balle, réussit à s'emparer d'un fusil et à se mettre à l'abri. Mais l'infanterie arriva sur les lieux et Sitting Bull fut tué.

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Le sirop

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Que peut-il y avoir de plus " canadien " que le sirop d'érable? Le temps des sucres, cette brève période de l'année où l'hiver fait place au printemps, où la neige commence à fondre et la sève à couler dans les érablières, évoque des images romantiques de notre passé. Malgré toute la modernisation et les nouvelles technologies agricoles, l'exploitation familiale des produits de l'érable n'a guère changé au fil des ans.

Bien avant l'arrivée des Européens, les peuples Autochtones de l'est de l'Amérique du Nord savaient recueillir et transformer la douce sève des érables. Une légende iroquoise explique même la découverte du sirop. Un chef iroquois retira d'un érable la hachette qu'il y avait plantée et partit à la chasse. Il ne remarqua pas l'entaille qu'il laissa dans l'arbre, mais pendant toute la journée, un liquide incolore s'en écoula et fut recueilli dans un bol en écorce de bouleau déposé au pied de l'arbre. Le lendemain, sa femme remarqua le bol et, croyant qu'il contenait de l'eau, s'en servit pour faire cuire un ragoût de gibier. La douceur de son ragoût fut une agréable surprise, et ainsi naquit la tradition des salaisons à l'érable.

La production mondiale du sirop d'érable se limite à une petite région, les forêts de bois franc qui s'étendent du milieu des États-Unis jusqu'aux Maritimes, en passant par l'Ontario, le Québec et la Nouvelle-Angleterre. L'érable à sucre fabrique à l'intérieur de ses feuilles un sucre très énergétique. Celui-ci se mêle à l'eau absorbée par les racines de l'arbre et produit une sève qui circule dans l'arbre. Les sucres se transforment tout au long de l'hiver et commencent à couler aux premières chaleurs printanières.

La responsabilité des sucres revenait principalement à la femme autochtone. Au printemps, la communauté autochtone quittait son campement d'hiver pour s'installer dans une érablière. Chaque femme de la famille avait une hutte qui servait à la fabrication du sirop. Les hommes entaillaient les arbres, inséraient dans chacun une petite gouttière en bois sculpté, et plaçaient sur le sol des bols qui recueillaient la sève. Une fois les bols remplis, tous les membres de la famille les rapportaient à la hutte pour la prochaine opération, longue et laborieuse. Pour faire évaporer l'eau de la sève, on plaçait à l'intérieur des contenants de sève des pierres chauffées à même les flammes.

En observant les autochtones, les premiers colons du Canada apprirent comment entailler les érables et faire bouillir la sève pour fabriquer le sirop. Ils expérimentèrent les méthodes autochtones et les améliorèrent. Plutôt que d'entailler l'écorce, les colons perçaient des trous dans l'arbre et y glissaient des petits becs en bois. Pour mettre les seaux à l'abri du vent et des animaux, ils les suspendaient à des clous enfoncés sous les becs. Ils faisaient bouillir la sève dans des chaudrons de fer sur un feu ouvert pour en évaporer l'eau.

On pratique encore cette tradition dans de nombreuses régions rurales du Canada, mais plusieurs érablières ont adopté un système " mécanisé " consistant en un réseau de tubes en plastique rattachés à une pompe aspirante qui amène la sève au four à bois. Mais cette modernisation n'enlève rien au charme de la " lune des sucres ", qui porte en elle l'espoir renaissant du printemps.

DISTRIBUTION
  • Agathe – Marie-Josée Normand
  • Attikamek – Dominique Rankin
  • Père attikamek – Claude McKenzie
  • Mère attikamek – Michelle Audette
  • Fille française – Théa Phillips
  • Père français – Daniel Arnaud
  • Mère française– Pascale Devigne

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Jacques Cartier

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Jacques Cartier

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Les explorateurs du Nouveau Monde en quête de métaux précieux rencontrent des sociétés autochtones aux cultures riches et anciennes. Ces contacts, nullement gratuits, ont aidé les nouveaux arrivants à se représenter le réseau des voies navigables en vue de pénétrer le territoire. Amicaux ou hostiles, le plus souvent empreints d'incompréhension, les rapports entre les colonisateurs européens et les premières nations sont évoqués avec ironie dans ce récit où Cartier entend le nom " Canada " pour la première fois. Ce malentendu ne sera pas le dernier.

Lors de son premier voyage au Canada, en 1534, Jacques Cartier explore une mer intérieure, le golfe du Saint-Laurent, dont il trace une précieuse carte. Peu après, rendu dans la baie des Chaleurs, il fournit la première description d'un cérémonial d'échange avec les nomades micmacs, habitués depuis un demi-siècle au troc des fourrures contre les petits outils de fer de Blancs. À cette occasion, il note aussi les premiers mots amérindiens d'un important lexique qui servira dans ses futures relations diplomatiques.

Le 14 juillet, à son arrivée dans la baie de Gaspé, Cartier est reçu avec allégresse par la nation iroquoise de Stadaconé, alors en expédition de pêche; celle-ci jouera un rôle déterminant dans la mission colonisatrice du pays de " Canada ". Car c'est bien ici que le toponyme " Canada " paraît dans notre histoire : il englobe alors la seule région de Stadaconé (aujourd'hui la ville de Québec) qui s'étend sur quelque seize kilomètres.

Deux fils du chef Donnacona sont emmenés en France où ils apprennent le français. Ils décrivent les contrées merveilleuses du Saguenay à François 1er. À son retour, en 1535, sur l'indication de ses guides, Cartier fait sa plus grande découverte : " le grand fleuve Hochelaga et chemin de Canada ". En remontant son cours majestueux, suprême méprise, le navigateur croit franchir le passage rêvé vers le royaume de Saguenay, la route de l'or. Cette expédition marque la véritable entrée de Cartier dans l'histoire canadienne. En explorant le réseau d'affluents du fleuve Saint-Laurent, il saisit et enregistre le " pays " dans son ensemble. A sa suite, on pourra continuer de pénétrer le continent vers l'ouest.

Contre le gré de ses hôtes, Cartier pousse ensuite jusqu'à Hochelaga (Montréal) où il est accueilli par une autre puissante nation vivant dans des bourgades fortifiées. Au sommet du mont Royal, il apprécie la profondeur du paysage mais, faute d'interprète, il revient vers Québec et subit son premier hiver " canadien ". Cette épreuve, qui souligne l'ambiguïté des relations avec les nations amérindiennes, coûtera la vie à une partie de l'équipage. En effet, les Européens, victimes du scorbut, n'osent révéler leur état de faiblesse et doivent user de ruse pour apprendre, bien tard, l'action curative du cèdre blanc.

Lors d'une dernière expédition, fort de toutes les promesses du pays, Cartier revient au Canada investi d'un premier plan de colonisation. Malgré la rudesse du climat et les difficultés de communication, le " découvreur du Canada " ouvre l'avenir.

DISTRIBUTION
  • Cartier – Pierre Carl Trudeau
  • Jeune homme – Pierre Auger
  • Prêtre – Jean-Louis Millette
  • Chef – Guy Provencher
  • Garçon autochtones – Jason Cavalier
  • Autochtone – Marc Bacon
  • Autochtone – Don Brisbois
  • Autochtone – Francis Couteau
  • Autochtone – Myles Henderson
  • Autochtone – Mike Sandy
  • Autochtone – Darrel Martin
  • Autochtone – Daniel-Paul Bork
  • Autochtone – Raymond Hervieux
  • Matelot – Mathieu Price
  • Matelot – Paul Fauvel
  • Matelot – Paolo Iovannone
  • Matelot – Pierre Goulet
  • Matelot – Michael Merovitz
  • Matelot – Gabriel-Jean Baule
  • Matelot – Gus Bucci
  • Matelot – Johnny Galati
  • Matelot – Guy Boutet
  • Matelot – Gerard Soler

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Le gardien de la paix

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Il y a plusieurs siècles, les nations iroquoises se sont unies pour établir une paix durable. Encore aujourd'hui, la légende du Gardien de la paix leur rappelle la source profonde de cette alliance.

Il est dit qu'à un endroit dans "la terre des langues tordues" (qui aujourd'hui correspond à l'est de l'Ontario), une vieille femme a vu en rêve un envoyé du Grand Esprit.

"Ta fille enfantera, lui déclara l'envoyé, et l'enfant s'appellera Tekanawite, le Gardien de la paix. Adulte, il quittera sa demeure pour propager un message de paix parmi les nations."

Jeune garçon, Tekanawite eut la révélation du Message de la paix qui lui fit connaître sa mission. Il grandit et devint un bel homme robuste, intègre et honnête. Pourtant, Tekanawite n'avait pas l'estime de son peuple, car il attachait plus d'importance à la paix qu'à la guerre.

Un jour, Tekanawite appela sa grand-mère et sa mère auprès de lui et leur parla en ces termes:

"Je vais construire un canot, car l'heure est venue d'accomplir ma mission et de mettre fin aux effusions de sang parmi le peuple."

Tekanawite se fabriqua un canot de pierre et non d'écorce. Lorsqu'il l'eut fini, il expliqua à sa grand-mère:

"Mon canot de pierre flottera, et ce sera le signe que je porte la vérité."

On raconte qu'après que Tekanawite se fut installé dans le canot, l'embarcation se mit à voguer toute seule vers Sganyadaii-yo, le Grand Lac de Beauté (aujourd'hui appelé le lac Ontario), puis vira vers le sud, en direction de la terre du peuple de la Maison Longue.

A cette époque, l'état de guerre était perpétuel. Entraînées par leurs chefs, les cinq nations iroquoises, que l'on dénomme aujourd'hui les Mohawks, les Onondagas, les Onéidas, les Cayugas et les Sénécas, s'enlisaient dans le cycle infernal de luttes et de représailles.

Dans tous les villages, la valeur des hommes se mesurait selon les mêmes critères: on glorifiait leur bravoure et leur habileté au combat, on exaltait leurs exploits téméraires et on les félicitait pour les dépouilles qu'ils ramenaient de leurs incursions de pillage. Cependant, ces raids tissaient une chaîne de carnages et de revanches haineuses entre les villages. La méfiance et la peur obnubilaient les esprits. Chaque jour apportait son lot d'angoisses et de souffrances.

A ce qu'on dit, la guerre entre les cinq nations battait son plein lorsque Tekanawite arrêta dans chacun des villages pour répandre le message de la Maison Longue, la Loi de la Grande Paix et le Pouvoir du Bon Esprit.

Les habitants l'écoutèrent et furent impressionnés, car, au fond de leur coeur, ils étaient las des tueries. Ils désiraient ardemment cultiver leurs champs de maïs et de courges sans craindre les pillards. Ils accueillirent donc favorablement la proposition de Tekanawite qui prônait une alliance permanente entre les nations.

Bien entendu, le message de paix de Tekanawite ne parvint pas à rallier tout le monde: pour certains, la guerre était devenue indispensable. L'un d'eux était le vieux Atotárho, un sorcier des Onondagas.

Plusieurs racontent qu'Atotárho avait le corps aussi noueux que l'esprit retors, et que sa chevelure n'était qu'un grouillement de serpents. Sa seule vue glaçait les sens, et le son de sa voix suffisait à semer la terreur sur tout le territoire onondaga.

Ai:ionwatha était un Mohawk qui vivait parmi les Onondagas. Las des dissensions acerbes au sein de son peuple, il tenta d'instaurer un conseil de paix. Mais cette initiative le plaça directement en travers des visées belliqueuses d'Atotárho; celui-ci recourut à la sorcellerie pour tuer les trois filles d'Ai:ionwatha et força ce dernier à s'exiler.

Repoussé de tous, Ai:ionwatha trouva refuge dans la forêt. Un jour, tandis qu'il était assis au bord d'un ruisseau, Ai:ionwatha leva les yeux et vit Tekanawite.

"Mon frère, dit Tekanawite, je constate qu'un profond chagrin t'accable; tu est chef parmi les tiens et, pourtant, tu es sans abri."

Lorsque Ai:ionwatha eut fini de lui raconter sa triste histoire, Tekanawite commença sa mission de paix en apaisant sa douleur. Les douces condoléances qu'offrit le Gardien de la paix asséchèrent les larmes d'Ai:ionwatha, dégagèrent ses oreilles et allégèrent sa respiration: la peine qui habitait le Mohawk s'évanouit sur-le-champ.

"Maintenant, reprends-toi, lui dit Tekanawite. Tu es prêt à joindre tes efforts aux miens afin que ma mission s'accomplisse: allons répandre le message d'entente parmi les peuples des cinq nations."

Dès lors, les deux hommes voyagèrent ensemble et se firent les hérauts de la Loi de la grande paix auprès des nations iroquoises. Les Mohawks, les Onéidas, les Cayugas et les Sénécas entendirent le message et formèrent la Confédération. Les Onondagas s'y joignirent aussi, tous sauf Atotárho, le puissant sorcier.

"Il faut que nous combattions le mal qui dévore Atotárho, déclara Tekanawite. Lui seul nous empêche d'avancer. Il a l'esprit retors et le corps noué en sept endroits. Pour la survie de la Confédération, nous devons redresser et guérir Atotárho de ces torts."

"Toi et moi, nous irons visiter le grand magicien Atotárho. Je chanterai le Chant de la paix et tu prononceras les paroles de la Loi. Ensuite, tu retireras les serpents de sa chevelure, et je dénouerai son corps."

"Que sont ces propos insensés?" s'emporta Atotárho lorsque Tekanawite et Ai:ionwatha se mirent à lui chanter le Chant de la paix et à énoncer les paroles de la Grande Loi de la Maison Longue.

"Nous sommes porteurs d'une lumière nouvelle, déclara Tekanawite. Nos paroles annoncent une nouvelle vie pour les nôtres. Nos paroles s'adressent à ceux qui souhaitent élever leur famille dans la paix et l'harmonie. L'ordre règne lorsque le peuple est animé du désir de justice; la santé est florissante lorsque la raison prévaut; la puissance habite le peuple qui embrasse la Grande Loi de la Maison Longue."

"En quoi cela me concerne-t-il?" demanda Atotárho.

"Toi, Atotárho, répondit Tekanawite, tu seras le gardien du feu de la Ligue des cinq nations. Tu attiseras le feu du Conseil, le feu qui ne s'éteint jamais. La fumée du feu atteindra le firmament, et tous la verront."

A ce moment - comme le dit son nom "Celui-qui-peigne-les-cheveux," - Ai:ionwatha démêla les serpents de la chevelure du sorcier, et Tekanawite redressa son corps d'une simple imposition des mains.

"Atotárho, annonça Tekanawite, tu présideras le Grand Conseil et tu feras tout en ton pouvoir pour faire triompher la raison et la paix. Ta voix sera celle de la Grande Loi." Dès que Tekanawite prononça ces mots, l'esprit d'Atotárho se purifia.

Tekanawite choisit le pin comme symbole de la Ligue des cinq nations. Il planta un jeune pin, le laissa croître puis le déterra. A la place des racines, il y avait un énorme trou béant au fond duquel bouillonnaient les eaux d'un torrent souterrain. Les guerriers y précipitèrent leurs tomahawks et leurs massues de guerre et, tous ensemble, ils redressèrent l'arbre couché et l'enracinèrent solidement dans le sol des Onondagas, la terre d'élection du Feu du Grand Conseil.

A l'ombre de l'Arbre de la paix siégeaient Atotárho et ses chefs, gardiens de la Grande Paix. Les puissantes racines de l'arbre s'étendaient aux quatre points cardinaux. Toute nation souhaitant se joindre à la Ligue n'avait qu'à remonter ces racines jusqu'au tronc pour bénéficier de l'ombre bienfaisante du pin protecteur. Au faîte, Tekanawite avait posté l'Aigle-à-la-vue-perçante qui sonnait l'alerte à l'approche d'un danger.

"Nous allons unir nos destinées, déclara Tekanawite. Tenons-nous la main si fermement, formons un cercle si parfait que même la chute d'un arbre ne parviendra pas à l'ébranler ni à le rompre. Ainsi, notre peuple et les enfants de nos enfants s'épanouiront en notre sein, dans la paix, la sécurité et la joie."

La ligue iroquoise s'est perpétuée durant plus de 1 500 ans. En 1713, les Tuscaroras s'unirent aux cinq nations pour former l'actuelle Confédération des six nations. La Grande Paix fut conclue par toutes les nations autochtones d'Amérique du Nord.

DISTRIBUTION
  • Aionwatha – Mark Maracle
  • Le guardien de la paix– David Cree
  • Chef – Billy Two Rivers
  • Fille – Chelsea Phillips
  • Ieksa:ah – Tia Smith
  • Grand-père – Gordon Tootoosis
  • Distribution additionnelle – Kathleen Fee
  • Distribution additionnelle – Jill Frappier
  • Distribution additionnelle – Zoe Hopkins

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Louis Riel

LECTURE EN COURS

Louis Riel

DE LA COLLECTION

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Un moment de notre histoire...

RESOURCES PÉDAGOGIQUES

A quoi Louis Riel pouvait-il penser au moment où, debout sur l'échafaud, il attendait que la trappe s'ouvre pour le précipiter dans la mort ? Peut-être à l'agitation qui l'entourait, confusion que suscite encore aujourd'hui le leader métis controversé. Pour les uns, Riel est un héros, un visionnaire, le fougueux chef d'un peuple méprisé ; pour les autres, c'est un fou, un traître, un fanatique dépourvu de jugement.

Riel est né dans la colonie de la rivière Rouge, dans ce qui est aujourd'hui le Manitoba, fils d'un éminent chef métis et d'une mère canadienne-française. Après des études de droit à Montréal, il est retourné dans sa patrie à 24 ans, au moment où le Canada s'apprêtait à acheter de la Hudson's Bay Company un vaste territoire appelé la Terre de Rupert. Comme la colonie de la rivière Rouge se trouvait dans cette Terre, les Métis craignaient de perdre la maîtrise de leur propre pays.

Les Métis sont les fiers descendants de coureurs de bois et voyageurs canadiens-français et de mères autochtones. C'étaient de grands chasseurs de bisons dans les plaines. Leur mode de vie s'est trouvé compromis par l'arrivée de Canadiens de langue anglaise venus de l'Est.

Riel a réuni d'autres Métis autour de lui pour empêcher les représentants du Canada de pénétrer dans leurs terres. Ils ont mis sur pied un " gouvernement provisoire " pour négocier avec le gouvernement canadien.

Leurs actions, connues comme la rébellion de la rivière Rouge, ont mené à la constitution de la province du Manitoba en 1870.

Il n'y avait pratiquement pas eu de sang versé au cours de la rébellion, mais les Métis avaient exécuté un prisonnier indiscipliné du nom de Thomas Scott. La violente réaction que l'exécution avait provoquée en Ontario obligea Riel à fuir pour sa propre sécurité. Il passa des années au Québec, en Nouvelle-Angleterre puis dans le Midwest américain. Bien qu'élu deux fois député au Parlement, il n'osa jamais occuper son siège.

C'est pendant ces années de confusion que les sentiments religieux de Riel, qui avaient toujours été très forts, entraînèrent chez lui la conviction qu'il avait été envoyé sur terre par Dieu comme prophète d'un nouveau catholicisme nord-américain.

En l884, alors que Riel était instituteur au Montana, des Métis de la Saskatchewan vinrent lui demander de l'aide dans leurs démêlés avec le gouvernement du Canada. Comme les Métis de la rivière Rouge, ils craignaient que leurs terres ne leur soient enlevées. Riel envoya des pétitions et des lettres à Ottawa, en vain. Puis en 1885, les Métis perdant patience se constituèrent un gouvernement provisoire. Le 26 mars, quelque 300 Métis, dirigés par Riel, affrontèrent une centaine d'agents de la " Police montée du Nord-Ouest " et des volontaires, déclenchant ainsi la Rébellion du Nord-Ouest.

Le gouvernement du Canada réagit vivement en envoyant une expédition de 8 000 hommes. Les armées s'affrontèrent le 9 mai 1885 à Batoche. Le 12 mai, les Métis furent défaits, et Riel se rendit.

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