MINUTES DU PATRIMOINE#UNMOMENTDENOTREHISTOIRE

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Viola Desmond

MINUTES DU PATRIMOINE

#UNMOMENTDENOTREHISTOIRE

PUBLIÉE EN 2016

L’histoire de Viola Desmond, une entrepreneuse qui s’est battue contre la ségrégation en Nouvelle-Écosse dans les années 1940.

Le soir du 8 novembre 1946, la femme d’affaire de Halifax Viola Irene Desmond (née Davis), fait un arrêt impromptu dans la petite communauté de New Glasgow après que sa voiture soit tombée en panne en route vers une réunion d’affaires à Sydney, en Nouvelle-Écosse. Ayant été avertie qu’elle devrait attendre quelques heures avant de récupérer sa voiture, elle décide d’aller voir le film La double énigme, mettant en vedette Olivia de Havilland, au Roseland Theatre. Desmond demande un billet pour le parterre (« parterre s’il vous plaît »). Sans en informer Desmond, le caissier lui remet un billet pour le balcon, la section réservée normalement aux clients n’étant pas blancs.

Après avoir été interpelée par le vérificateur des billets lui disant que le sien n’est valide que pour le deuxième étage, Desmond retourne voir le caissier et demande que son billet soit échangé pour un billet au parterre. Le caissier refuse, affirmant « Je suis désolé, mais je n’ai pas le droit de vendre des billets pour le parterre aux gens comme vous ». Réalisant que le caissier fait référence à la couleur de sa peau, Desmond décide de s’asseoir au parterre tout de même.

Henry MacNeil, gérant du Roseland Theatre, confronte Desmond. Il affirme que le cinéma a le droit de « refuser l’entrée à toute personne indésirable ». Desmond fait remarquer qu’elle a été admise, et qu’elle a essayé d’échanger son billet pour un billet du parterre. Elle a même offert de payer la différence, mais on le lui a refusé.  « Lorsqu’elle a refusé de quitter son siège, un policier a été appelé. Il a traîné Desmond hors du cinéma, la blessant à la hanche et au genou en chemin, et l’a amenée dans le cachot de la ville. Sous le choc et effrayée, elle est restée calme, se tenant assise et droite toute la nuit dans sa cellule, attendant son procès du lendemain. »

Dans la salle du procès, le magistrat Roderick MacKay, seul représentant légal officiel présent, accuse Desmond de tentative de fraude envers le gouvernement provincial en se basant sur son supposé refus à payer la taxe d’amusement d’un sou (la différence de taxe entre le prix du billet du parterre et celui du balcon). Malgré son insistance sur le fait que l’on ait refusé qu’elle paie la différence, il lui impose une amende de 26 $. À aucun moment Desmond reçoit-elle de l’aide juridique ou est-elle informée qu’elle y a droit. Plus particulièrement, à aucun moment la question de la race est-elle soulevée, alors qu’il est clair que le vrai « crime » commis par Desmond est d’avoir enfreint la règle de ségrégation raciale implicite du Roseland Theatre.

Suivant les conseils de Mme Pearleen Oliver, une cliente régulière du salon de beauté de Desmond et la femme du révérend William Pearly Oliver, Viola cherche le soutien de l’Association pour l’avancement des personnes de couleur de la Nouvelle-Écosse (NSAACP). Même avec la certitude du soutien de la NSAACP si elle décide de contester sa condamnation, le mari de Desmond, Jack, un homme d’affaire important de la communauté noire de Halifax, s’oppose à ce qu’elle aille en appel. Sa suggestion est: « Parles-en au bon Dieu en prière ».

D’autres personnes de la communauté sont plus encourageantes. Carrie Best, fondatrice du journal The Clarion et ardent défenseur de l’égalité raciale, s’intéresse personnellement à ce cas. Son journal suit de près l’histoire de Desmond, lui cédant souvent la couverture et attirant l’attention sur l’injustice de sa condamnation. La Minute du patrimoine à propos de Viola Desmond se termine avec Best qui demande à Desmond si elle planifie aller en appel. Avec une détermination courageuse, Viola Desmond affirme que oui.

Par la suite, l’avocat de Desmond effectue sans succès deux demandes d’appel auprès de la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse, avant de cesser toutes autres procédures judiciaires pour ce cas. À aucun moment durant les procédures impliquant la Cour suprême, la question de la discrimination raciale est-elle abordée par la défense. Au moment de rejeter le cas, le juge William Lorimer Hall affirme: « On peut se demander si le directeur du théâtre qui a déposé la plainte était si zélé à cause d'une réelle croyance qu'il y avait eu une tentative de frauder la province de la Nouvelle-Écosse de la somme d’un sou, ou s’il s’agissait plutôt d’un effort pour appliquer clandestinement une des lois Jim Crow par une utilisation abusive d'un état publique. »

Le 15 avril 2010, Viola Desmond reçoit un pardon posthume de la part de la llieutenant-gouverneure de la Nouvelle-Écosse Mayann Francis. Le pardon, accompagné d’une déclaration publique et d’excuses de la province, reconnaît que la condamnation de Desmond était une erreur judiciaire et que les accusations n’auraient jamais dû être portées.

Distribution

Viola Desmond    Kandyse McClure
Carrie Best   Melannee Murray
Vendeuse de billets    Stacie Harrison
Henry MacNeil, gérant   Kevin Rothery
Révérend Oliver   Dwight Lane
Jack Desmond   Kudjo Fiakpui
Policier   Jodi Stecyk