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LECTURE EN COURS

Jackie Robinson

DE LA COLLECTION Minutes du Patrimoine

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Un moment de notre histoire...

RESOURCES PÉDAGOGIQUES

La saison de baseball de 1997 fut consacrée à la mémoire de Jackie Robinson, ce joueur noir qui brisa les chaînes du racisme dans les ligues majeures il y a un demi-siècle. En commémoration du courage, de l'intégrité et de l'excellence de Robinson en tant que joueur et modèle pour les jeunes, tous les joueurs des ligues majeures ont porté une insigne commémorative, et toutes les équipes canadiennes et américaines ont retiré le chandail portant le numéro 42.

La saison 1947 a marqué un point tournant de l'histoire des sports et un grand moment dans la lutte des Noirs pour leurs droits. Pour Robinson cependant, le premier test dans le monde du sport " blanc " avait eu lieu l'année précédente. C'est en 1946 qu'il passa à l'histoire du sport canadien, en tant que joueur des Royaux de Montréal, la ligue mineure affiliée aux Dodgers de Brooklyn.

Le 18 avril 1946, Robinson posait le pied sur le terrain du stade de Jersey City, au New Jersey, dans l'uniforme des Royaux. Dès son premier match, il donna la mesure du jeu qui allait en faire une légende : il produisit quatre points à l'aide de quatre coups sûrs et vola deux buts.

Jackie Robinson a conquis le cœur des Montréalais cette année-là. Sa moyenne au bâton s'établissait à 0,349, il avait frappé 113 coups sûrs et volé 40 buts. Il avait électrifié le Stade Delorimier avec ses vols de but audacieux, mais ce fut surtout grâce à sa dignité et au sérieux de son attitude qu'il obtint le respect des partisans.

La saison 1946 ne mettait pas seulement les talents de Robinson à l'épreuve, mais aussi son caractère. Branch Rickey, président des Dodgers de Brooklyn, voulait à tout prix faire cesser le racisme dans le baseball. Excellent sportif et homme de principe, il savait que les joueurs des ligues noires changeraient la face du baseball si on leur donnait l'occasion de jouer dans les ligues majeures. Il savait aussi que le premier Noir à revêtir l'uniforme d'une équipe des ligues majeures s'exposait aux insultes et à la violence. Il devait trouver un athlète hors de l'ordinaire, qui avait le courage nécessaire pour préparer la voie aux autres Noirs.

Jackie Robinson est l'un des grands athlètes du siècle. À la UCLA, il reçut des distinctions dans quatre sports : football, basketball, baseball et athlétisme. Il fut sélectionné pour l'équipe de football All-American en 1941. Après avoir obtenu le grade de second lieutenant dans l'armée américaine lors de la Deuxième Guerre mondiale, il commença à jouer pour les Monarques de Kansas City, dans les ligues noires. En réalité, le baseball n'était pas son sport de prédilection, mais le seul débouché pour un athlète noir.

Les vétérans des ligues noires ont été plutôt surpris que Rickey approche Robinson. D'autres joueurs avaient probablement plus d'habiletés au jeu que lui, mais Rickey savait ce qu'il faisait. Il voyait en Robinson l'intelligence et la force morale nécessaires. Dans une entrevue légendaire à Brooklyn, Rickey bombarda Robinson d'insultes racistes pendant une heure, lui donnant un avant-goût de ce qu'il allait entendre des spectateurs dans les estrades, de ses adversaires et même de ses coéquipiers. Il fit promettre à Robinson de ne pas rétorquer avant d'avoir prouvé que les Noirs étaient en droit de jouer dans les ligues majeures.

Cette formidable expérience commença à Montréal. Au cours de la saison 1946, Jackie Robinson démontra qu'il était prêt pour les ligues majeures tant par son jeu que par son attitude face au racisme, surtout dans les villes du Sud où il jouait contre des équipes des ligues mineures.

Montréal n'était peut-être pas à l'abri du racisme en 1946, mais Jackie Robinson et sa femme Rachel ont toujours été reconnaissants de la générosité et de l'enthousiasme qu'ils ont reçus ici. Selon Jean-Pierre Roy, lanceur très populaire des Royaux à l'époque, Robinson disait souvent qu'il n'aurait jamais réussi sans la force qu'il tirait des partisans montréalais. " Il adorait cette ville ", se rappelle Roy.

Et les Montréalais l'adoraient en retour. Jackie Robinson a aidé son équipe à remporter la Petite série mondiale. Après la dernière victoire, il s'est fait porter sur les épaules de ses admirateurs. Il a finalement dû s'échapper du terrain en courant pour se réfugier dans le vestiaire. Ce fut probablement, comme l'écrivit un journaliste, le seul jour de l'histoire où un Noir dut s'échapper d'une foule en délire qui voulait le féliciter, et non le lyncher.

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