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Gouverneur Frontenac

DE LA COLLECTION Minutes du Patrimoine

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Un moment de notre histoire...

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"Je vous répondrai par la bouche de mes canons"

La France, en 1689, entre en guerre contre une puissante coalition européenne et y consacre ses meilleures énergies. Sa modeste colonie d'Amérique du Nord s'en trouve aussitôt affaiblie et menacée. La Nouvelle-Angleterre y voit l'occasion d'inciter les Cinq Nations iroquoises à anéantir ses voisins du Nord.

Saignée par les attaques, la Nouvelle-France est démoralisée: il lui faut un sauveur. C'est alors que Louis de Buade, comte de Frontenac, revient pour un second mandat de gouverneur avec l'intrépidité d'un héros de cape et d'épée. À 67 ans, il sait maintenant jauger l'habileté de ses ennemis. Pour venger le massacre de Lachine, il riposte selon leurs propres tactiques et dévaste, à l'improviste, trois modestes comptoirs anglais, partenaires commerciaux et pourvoyeurs d'armes des Iroquois.

Le bouillonnant gouverneur réussit à réconforter les colons français, mais la terreur semée dans les villages frontaliers de la Nouvelle-Angleterre déclenche bientôt l'assaut sur Québec d'une flotte de 34 vaisseaux, en provenance de Boston. Le gouverneur Frontenac en est informé à Montréal et part aussitôt avec toutes les troupes qu'il a réussi à rassembler. Il est près de vivre son heure de gloire. Favorisée par le retard de la flotille anglaise, la population de Québec prépare la forteresse à une vigoureuse résistance. C'est à ce premier poste du Saint-Laurent que va se jouer le sort de la colonie. Lorsque les voiles anglaises pointent à l'horizon, le fleurdelisé flotte majestueusement.

La siège de Québec commence le 16 octobre 1690, sous les ordres de l'amiral William Phips ; celui-ci envoie son émissaire sommer le gouverneur de capituler. Dès que le major Savage débarque, on lui bande les yeux pour le soumettre à une brillante mise en scène. Histoire de masquer la faible défense de Québec, citoyens et combattants font grand tapage et courent de tous côtés ; on presse et on pousse l'émissaire afin de le persuader que toutes les forces militaires de la colonie sont mobilisées.

Monsieur le comte le reçoit dans ses plus riches atours, entouré d'officiers galonnés d'or et d'argent. Il lui lance sa célèbre tirade: "Je n'ai point de réponse à faire à votre général sinon que par la bouche de mes canons... Ce n'est pas de la sorte qu'on envoie sommer un homme comme moi." Ce que rapporte l'émissaire en réintégrant le vaisseau-amiral a sans doute l'effet d'une douche froide. Ce rapport est même ponctué d'un coup de canon de la ville assiégée, qui vient abattre le pavillon anglais !

Le surlendemain, 1 400 hommes débarquent sur la côte de Beauport, en face de Québec, et sont tenus en échec par quatre fois moins de Canadiens. La défense est si solide qu'au bout de trois jours de combats, risquant d'être prisonnière de glaces, l'armée anglaise bat en retraite, abandonnant cinq de ses six pièces d'artillerie.

La victoire est complète vu les pertes minimes de Québec. Le peuple voue une grande reconnaissance à Frontenac et Louis XIV se réjouit. Les troupes anglaises n'attaqueront plus directement le Canada et y mandateront plutôt leurs alliés iroquois. La guerre des embuscades se poursuivra encore sept ans. Enfin, épuisée par les épidémies, la famine, la "petite guerre," les Iroquois menacés se verront contraints de conclure un grand traité de paix avec la Nouvelle-France en 1701. Mort trois ans plus tôt, Frontenac n'aura donc connu que la guerre.

Symbole de bravoure et de bravade, le comte de Frontenac a aidé la colonie à franchir un difficile passage, en repoussant l'envahisseur anglais d'Amérique et ses alliés autochtones. Désormais plus tranquille, la Nouvelle-France pourra poursuivre son peuplement et étendre son influence vers l'ouest.

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