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Baldwin et LaFontaine

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Ces deux politiciens, respectivement du Haut et du Bas-Canada, offrent un des premiers exemples de la collaboration entre anglophones et francophones. En effet, grâce à Robert Baldwin, Louis-Hippolyte LaFontaine est élu à Toront

Le gouvernement responsable :
une question d'amitié et de coopération

PROVINCE DU CANADA, 1841 - La coopération de deux réformistes modérés Louis-Hippolyte LaFontaine et Robert Baldwin, a contribué, en bonne partie, à la naissance du Canada.

Avocat de formation, LaFontaine entreprit sa carrière politique en se faisant élire à l'Assemblée du Bas-Canada à l'âge de 23 ans. De stature imposante, on le respectait pour l'homme d'idéal qu'il était et pour son attachement au Canada français.

Robert Baldwin, avocat comme LaFontaine, se lança en politique assez jeune. Mais contrairement à son collègue, il était timide et dépressif, et se sentait peu attiré par la vie politique. Animé de nobles principes et d'un sens aigu du devoir, il consacra l'essentiel de sa vie à transformer le système politique canadien.

Au début du XIXe siècle, le système politique canadien était en mal de réforme. Des élites étroitement liées dominaient les colonies anglaises du Haut et du Bas-Canada. Heureuses de leur position privilégiée et de l'appui des gouverneurs anglais, elles se préoccupaient peu des assemblées élues des colonies.

En 1837, l'animosité envers ces élites culmina et la rébellion éclata dans le Haut et le Bas-Canada. Elle fut matée rapidement dans le Haut-Canada, mais, dans le Bas-Canada, elle dégénéra en affrontements sanglants. Au terme des hostilités, le gouvernement anglais détacha lord Durham pour enquêter sur les récriminations coloniales.

Dans son rapport, Durham recommandait de donner plus de pouvoir aux assemblées coloniales, exactement ce que réclamaient les chefs de la rébellion du Bas-Canada. Cependant, il recommandait également l'union du Haut et du Bas-Canada, proposition qui a soulevé une opposition véhémente parmi les habitants du Bas-Canada.

Néanmoins, en février 1841, on proclamait l'Union et on lançait des élections. LaFontaine se présenta dans le comté de Terrebonne. Mais le jour de l'élection, quelque 200 voyous armés bloquèrent le lieu du scrutin, empêchant les partisans de LaFontaine de voter pour leur candidat. LaFontaine intervint et réussit à éviter une bataille rangée, mais au prix de sa victoire.

Quelques mois plus tard, LaFontaine recevait une lettre de Robert Baldwin. Ce dernier avait été élu dans deux circonscriptions. Il avait convaincu les électeurs de York de voter pour LaFontaine. Acceptait-il de se présenter dans une élection partielle à Toronto ?

Il accepta. Il axa sa campagne sur la coopération entre Français et Anglais et remporta le siège avec une bonne majorité.

Le geste de Baldwin valut aux Réformistes la bienveillance du Bas-Canada. Voici ce qu'écrivit Étienne Parent, journaliste respecté : " Si tous les habitants du Haut-Canada sont comme Baldwin, je prédis que l'union des Canadas sera promise à un brillant avenir. " À la fin des années 1840, les démarches de Baldwin et de LaFontaine portèrent fruit et le gouvernement britannique reconnut enfin que le pouvoir législatif devait appartenir à l'assemblée élue de la colonie. Ce compromis historique révéla que les Canadiens, français et anglais, pouvaient travailler ensemble pour résoudre leurs problèmes politiques.